Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La grande douve du foie est un parasite qui provoque une maladie du foie chez l’homme, le bétail et les animaux sauvages. Elle est transmise par de petits escargots d’eau douce. Après avoir infecté un escargot, le parasite se développe puis sort pour former de petits kystes sur les plantes aquatiques ou dans l’eau. L’homme et les animaux attrapent la maladie en mangeant des plantes ou des aliments contaminés. Cette maladie réapparaît de plus en plus dans le monde : environ 50 millions de personnes sont infectées et 180 millions sont exposées au risque. Des facteurs comme le changement climatique et l’introduction de nouvelles espèces favorisent cette progression. En Europe, surtout en France, la maladie touche surtout le bétail : plus de 86 % des fermes ont des animaux en contact avec ce parasite. Une seule espèce d’escargot d’eau douce est responsable de sa transmission en Europe. Chez l’humain, la maladie peut devenir chronique et provoquer des dommages au foie et à la vésicule biliaire. Les cas humains sont souvent liés à la consommation de plantes aquatiques crues comme le cresson ou la mâche. Ils apparaissent généralement de manière isolée, mais de petites épidémies peuvent aussi survenir.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à : i) Caractériser précisément la transmission de la maladie en lien avec l’invasion de nouvelles espèces d’escargots d’eau douce impliquées dans le cycle de transmission du parasite. ii) Mieux prédire quelles espèces d’escargots seront les plus impliquées dans la transmission du parasite dans les années à venir, en particulier dans les régions fortement affectées par le réchauffement climatique. iii) Explorer l’impact de la cohabitation de plusieurs espèces d’escargots dans la transmission du parasite, en combinaison avec les effets du réchauffement climatique. Cette approche vise à adopter le point de vue du parasite pour mieux comprendre comment ces conditions influencent ses interactions avec les escargots vecteurs et les hôtes mammifères. iv) Caractériser la virulence du parasite en relation avec l’infection chez la souris, afin d’identifier des pistes fonctionnelles sur l’évolution de la capacité du parasite à provoquer la maladie selon l’espèce d’escargot. Ces résultats pourraient également permettre d’identifier des cibles biologiques pertinentes pour la recherche de vaccins ou de traitements. v) Développer une modélisation de la transmission basée sur les données fonctionnelles issues du projet, à moyen terme. Cette modélisation permettra de répondre à des questions clés telles que : Quelle espèce d’escargot jouera un rôle central dans la transmission ? Quels seront les schémas saisonniers de transmission, ainsi que les niveaux de virulence et de pathogénicité du parasite chez les hôtes mammifères ? Quels facteurs environnementaux augmentent les risques de transmission ? Les résultats attendus, les hypothèses explorées et la méthodologie utilisée fourniront des outils précieux pour les chercheurs, les épidémiologistes et les décideurs engagés dans la gestion des maladies à transmission vectorielle. Ce projet apportera également des bénéfices dépassant le seul champ de la parasitologie fondamentale

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une administration orale unique de moins d’une minutedes des parasites sera réalisée sur les animaux maintenus en contention vigile. Par la suite, seuls des pesages de 30 secondes hebdomadaires seront effectués tout au long de l’expérimentation. Un unique prélèvement post-mortem sera réalisé à la fin de l’étude, lors de l’euthanasie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Nous réaliserons l’administration orale des parasites par un gavage unique, effectué sous contention vigile. Cette procédure peut occasionner de légers désagréments pour les rongeurs, en raison de la contention et du mode d’administration. La migration des parasites juvéniles de l’intestin vers le foie peut également engendrer un inconfort abdominal modéré, bien que nous utilisions une dose parasitaire calibrée pour garantir l’infection tout en limitant les effets indésirables chez les souris. L’établissement des parasites dans le foie peut entraîner des lésions pouvant évoluer vers un état chronique, avec l’apparition de nuisances sévères. Afin de prévenir ces souffrances, nous avons fixé la fin de l’expérimentation avant l’établissement de la chronicité. Cette stratégie permet de limiter au maximum la souffrance animale, tout en répondant aux objectifs scientifiques du projet. Ainsi, les animaux seront étudiés avant que le parasite n’induise des atteintes majeures à leur bien-être.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Necéssité d’analyser le liquide péritonéal, le foie et autres post-mortem pour les besoins de l’expérience. Les souris seront donc toutes euthanasiées à la fin de chaque procédure.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Fasciola hepatica est un parasite qui a un cycle de vie complexe, avec des étapes de reproduction qui nécessitent différents hôtes pour arriver à maturité. Pour étudier les substances responsables de sa capacité à provoquer des maladies, on utilisera : Des parasites adultes récupérés dans le foie de souris infectées depuis 28 jours. Des formes très jeunes du parasite obtenues en laboratoire, en recréant les conditions de l’intestin d’un mammifère. Ces jeunes parasites ne survivent que 24 à 36 heures en dehors de leur hôte, mais ce temps suffit pour analyser leurs caractéristiques. Cette méthode permet d’éviter d’utiliser des souris pour obtenir ces formes jeunes.

2. Réduction

3R / Réduction :

Au regard des études antérieures sur l’infection par la Grande douve du foie dans le modèle murin et après avoir effectué un test de puissance statistique pour déterminer le nombre de souris approprié, le choix de 12 souris par groupe expérimental a été retenu comme le nombre minimal suffisant. L’immuno-pathologie associée à l’infection sera étudiée à un seul point temporel, à la fin de l’expérimentation, afin de réduire le nombre de groupes expérimentaux. Par ailleurs, dans le cadre de l’approche d’évolution expérimentale des escargots, les infections seront réalisées uniquement avec des parasites provenant de la dernière génération de l’expérimentation.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nous utiliserons la voie orale pour induire l’infection chez les souris, ce qui ne provoque que des nuisances légères, principalement liées à la contention. Les infections seront réalisées en une seule dose, avec un nombre optimal de parasites permettant de concilier l’infection, le bien-être des animaux et la survie de l’hôte. Une surveillance quotidienne sera assurée par le personnel pour veiller à l’état de santé des animaux. Des pesées hebdomadaires sont prévues jusqu’à la fin de l’expérimentation, afin de surveiller leurs états. Les animaux bénéficieront d’enrichissements de milieu tels que des tunnels en plastique ou en carton, ainsi que des petits morceaux de bois à ronger, offrant ainsi des opportunités d’activités ludiques et sociales. Tout rongeur présentant des signes de souffrance, définis par un score de 3 ou plus selon les points limites, sera immédiatement euthanasié. Le point d’arrêt expérimental a été fixé à 4 semaines post-infection afin d’éviter le développement de l’infection chronique et l’altération significative du bien-être animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons choisi d’infecter les souris consanguines. Les souches consanguines permettent d’obtenir des souris génétiquement identiques qui présentent une variété moindre d’un point de vue génétique et immunologique. Cela permet d’obtenir une base uniforme pour comparer les variations dues à l’impact environnemental chez le mollusque vecteur sur le parasite. De plus, la diversité étant moindre, les résultats sont statistiquement plus homogènes et cela permet de minimiser le nombre de souris utilisées conformément à la règle des 3R. Les animaux utilisés pour l’étude seront des adultes infestés entre 6 et 7 semaines. À cet âge, leur système immunitaire est entièrement mature et fonctionnel, contrairement à celui des animaux très jeunes ou plus âgés. Cela permet d’étudier de manière optimale la réponse immunitaire face au parasite