
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-587779)
Pour établir chez la souris ce que des études humaines ne font que suggérer, le rôle protecteur de certains lymphocytes T contre le cytomégalovirus, 568 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Toutes seront tuées en fin d’expérience pour récupérer leurs lymphocytes. Elles reçoivent une à quatre infections virales dans le péritoine à raison d’une par semaine, certaines une injection de lymphocytes par voie intraveineuse, d’autres des anticorps, et cinq prélèvements de sang hebdomadaires sur 42 jours. Le porteur indique qu’après dix jours d’infection les souris peuvent présenter piloérection, dos arrondi, perte de poids et isolement, et qu’avec des souris immunodéficientes les points limites sont fixés de manière à ne pas laisser s’exprimer le caractère délétère de la mutation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre projet a pour but une meilleure compréhension de la réponse immunitaire dirigée contre un herpès virus nommé Cytomégalovirus (CMV). Nous nous intéressons plus particulièrement au rôle de cellules immunitaires particulières ( lymphocytes T) dans ce contexte. Il comprend une étude chez la souris pour répondre à des questions innaccessibles chez l’Homme. L’étude chez la souris permet d’établir la preuve de l’implication de cellules ou facteurs immunitaires dans la protection antivirale en modélisant une thérapie cellulaire. le modèle murin d’infection par le MCMV est utilisé depuis 20 ans par notre équipe et bien maîtrisé.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif final est une prise en charge plus efficace des patients à risque (immunodéprimés), en évitant notamment l’utilisation de traitements anti-viraux à effets secondaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux vigiles sont soumis à une ou 4 infections virales (1/semaine) en intrapéritonéal sur une durée de un mois. Un deuxième lot de souris sont anesthésiées et soumises à une injection intraveineuse de lymphocytes à J0. Le lendement les souris reçoivent une injection intrapéritonéale de virus. Les souris sont soumises à des prélèvements de sang une fois par semaine sous anesthésie courte pendant 42j (5 prélèvements). Un 3ème lot de souris reçoit deux injections intrapéritonéales (une de virus et une d’anticorps) à 24h ou 7 jours d’intervalle pendant 3 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Après 10 jours suite à l’infection à CMV, les souris peuvent montrer des signes de souffrance classique tels que la piloérection, le dos arrondi, perte de poids et isolement s’accompagnant d’une augmentation des transaminases hépatiques et de la charge virale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont tous infectés par du cytomégalovirus et sont donc mis à mort en fin d’expérience. Cette mise à mort est nécessaire pour récupérer les lymphocytes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de méthode alternative à ce projet. Le modèle murin de l’infection à CMV est largement utilisé car il récapitule ce qui est observé chez l’homme. L’utilisation de souris immunodéficientes permet de se rapprocher du contexte d’immunosuppression thérapeutique appliquée aux receveurs de greffes, et de tester l’impact d’une thérapie cellulaire par transfert adoptif. L’utilisation de souris et/ou l’injection d’anticorps permettent de conclure sur l’importance des facteurs étudiés dans la protection. Ces conclusions ne peuvent pas être obtenues par des modèles alternatifs in vitro, in silico ou ex vivo qui ne permettent pas de modéliser la complexité d’un organisme pour l’étude du système immunitaire .
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est calculé pour obtenir des résultats statistiques interprétables et les expériences seront répétées à deux reprises. Par souci de réduction nous utilisons dans nos expériences aussi bien des souris mâles que des souris femelles.
3. Raffinement
1.Hébergement: les animaux sont hébergés dans des conditions veillant au respect du bien-être (en fratrie) et avec un milieu enrichi afin de limiter leur stress. Du fait de l’utilisation de souris immunodéficientes, les points limites sont adaptés de manière à ne pas laisser s’exprimer le caractère délétère. Les conditions d’hébergement permettent d’éviter les contaminations par des pathogènes opportunistes (portoirs ventilés, filtration entré et sortie) Les animaux sont suivis quotidiennement afin de détecter tout inconfort ou souffrance. Une étroite collaboration entre le personnel de l’animalerie et notre équipe d’expérimentateurs, permet d’intervenir immédiatement sur les animaux en cas de nécessité. 2. Contention: les animaux sont manipulés avec soin par un personnel formé qui maitrise les méthodes de préhensions douces. Les animaux sont attrapés par la peau du dos afin de ne pas les manipuler par la queue. 3. Formation: une grande maîtrise technique est demandée à nos expérimentateurs qui sont régulièrement formés au sein de l’institut pour le bien-être animal. 4. Minimiser la douleur: les prises de sang sous mandibulaires, les injections intraveineuses et sous-cutanées sont réalisées sur des animaux anesthésiés afin de réduire inconfort et douleur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle d’infection par le CMV chez la souris est très bien étudié. Nous utilisons des souris adultes, entre 8 et 12 semaines d’age. Les CMV murins et humains ont un même tropisme et la réponse immunitaire anti-CMV chez la souris est très proche de celle de l’Homme. Cependant le suivi de cette réponse chez les patients ne donne qu’une réponse partielle puisqu’il ne peut se faire qu’au niveau du compartiment sanguin. L’étude chez la souris permet une étude spatio-temporelle de la dissémination du virus et de la réponse immunitaire. Le rôle protecteur des cellules/facteurs que nous étudions est suggéré chez l’homme par des études corrélatives mais impossible à prouver. Le transfert adoptif de sous-populations de cellules immunitaires chez des souris immunodéficientes est le seul moyen de tester leur caractère protecteur. L’utilisation de souris invalidées pour un facteur mis en évidence en amont par des études in vitro chez l’Homme est indispensable pour étudier l’importance de ce facteur dans la protection. Les conclusions recherchées ne peuvent en aucun cas être obtenues par des modèles alternatifs d’étude in vitro.