Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les lymphocytes T (LT) font partie d’une catégorie de globules blancs qui jouent un rôle très important pour les défenses de l’organisme. Ces cellules sont responsables de la réponse immunitaire cellulaire visant à détruire les agents pathogènes, aussi bien les bactéries que les cellules cancéreuses. L’idée d’utiliser ces LT pour le traitement des cancers est en plein développement. Ces thérapies par ces cellules, appelées CAR-T (Chimeric Antigenic Receptor-T), ont révolutionné le traitement des maladies du sang. Le principe consiste à prélever des cellules LT d’un patient, de les modifier génétiquement et de les lui réinjecter dans le but qu’elles reconnaissent et éliminent spécifiquement les cellules cancéreuses. Cependant, des préoccupations en matière de sécurité, tel que le risque d’effets secondaires, nécessitent des mécanismes d’élimination contrôlée des cellules CAR-T. Les gènes dit « suicides » offrent une solution prometteuse à cet effet. En effet, pour contrôler ces cellules CAR-T en clinique chez l’homme, elles peuvent être équipées de ces gènes suicides qui sont activables par des médicaments cliniquement approuvés. Les cellules CAR-T activées par ces médicaments meurent. Les objectifs de ce projet sont doubles. Dans un modèle de lymphome humain greffé chez la souris nous souhaitons : (1) Valider et définir la quantité de cellules CAR-T nécessaires pour éliminer le lymphome greffé chez la souris et (2) Evaluer l’impact du gène suicide sur l’efficacité antitumorale des cellules CAR-T et leur élimination.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice est la validation de systèmes de sécurité, inductibles et contrôlés, permettant d’éliminer des cellules CAR-T greffées chez un patient en cas d’effets secondaires graves pour le traitement de pathologies. Cette sécurité vise à perfectionner considérablement les protocoles actuels de cellules CAR-T et favorisera leurs utilisations en première intention améliorant ainsi la prise en charge des cancers et le traitement de certaines pathologies anti-tumorales.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans notre étude, 66 souris analgésiés et anesthésiées seront transplantées avec un lymphome humain (1 fois, 30 secondes), 7 jours après la greffe, 58 souris recevront des lymphocytes T génétiquement modifiés (1 fois, 30 secondes) et 14 jours après la greffe 28 souris seront injectées par le médicament induisant l’activation du gène suicide ou une solution de contrôle (1 fois, 30 secondes). 30 souris vigiles auront deux prélèvements de sang (2 minutes maximum), un réalisé à 14 jours et l’autre 28 jours après la greffe. 28 souris vigiles auront à J17 après la greffe un prélèvement de sang d’une durée de 2 minutes maximum, 14 souris vigiles auront ensuite 3 autres prélèvements de sang (2 minutes) à J28, J42 et J52 après la greffe. Toutes les souris seront anesthésiées pour les 6-8 imageries durant 5 minutes et auront au préalable une injection d’un produit pour réaliser les imageries.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Un stress, de courte durée de moins de 30 secondes, pourra être généré au moment des contentions des souris et lors des pesées. Du stress sera également généré lors des anesthésies gazeuses d’une durée de 3 à 5 minutes maximum. Les injections pour l’inoculation des cellules tumorales, des lymphocytes et du médicament ainsi que les prélèvements de sang pourront également générer une douleur d’intensité légère de courte durée (10 secondes à 2 minutes). Le modèle tumoral induit des paralysies des membres postérieurs de la souris entraînant une douleur d’intensité modérée d’une durée de quelques minutes à 14 heures maximum.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort pour effectuer des prélèvements de tissus et d’organes pour des analyses tissulaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des tests in vitro réalisés sur les cellules CAR-T ont montré que la molécule utilisée dans ce projet induit le déclenchement du gène suicide et l’activation du signal de mort dans les cellules par apoptose. Nous souhaitons maintenant valider le concept in vivo aussi l’utilisation du modèle souris est indispensable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Il s’agit d’une étude comportant un effectif de 66 animaux au total. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, les groupes comporteront 2-6 animaux maximum tout en permettant une analyse statistique fiable des prélèvements par une méthode permettant de caractériser et compter des cellules.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tout au long du déroulement des procédures, une observation quotidienne de l’état clinique des souris sera réalisée et le registre de soins est complété en se rapportant à la grille de suivi de soins. Les injections de cellules sont réalisées sous anesthésie et sous analgésie, afin de réduire à son strict minimum le stress et l’inconfort de l’animal. Des points limites prédictifs et spécifiques au projet seront appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Afin de pouvoir greffer des cellules cancéreuses et les lymphocytes humains, une souris imunodéficiente doit être utilisée afin d’éviter le rejet des cellules humaines injectées. Les animaux utilisés seront âgés de 7 à 8 semaines dont le poids varie entre 15-25 grammes. C’est l’âge des souris adultes couramment utilisées dans la littérature lors de la greffe de cellules humaines.