
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-611524)
8 250 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent une injection de cellules tumorales avec ablation d’une partie de la rate sous anesthésie, puis développent une tumeur et des métastases au foie, suivies six semaines par imagerie et prises de sang hebdomadaires, sous administration quotidienne de composés jusqu’à quarante-deux jours. Le porteur indique que la maladie provoque une perte de poids et une baisse d’activité, et tue les animaux pour analyser leurs organes. Il affirme qu’aucun modèle cellulaire ne reproduit la progression tumorale et l’échappement aux traitements, et conclut à la nécessité du recours in vivo.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les cancers font partie des maladies les plus complexes à traiter. Notre projet propose de trouver de nouvelles thérapies anticancéreuses et permettra de comprendre pourquoi on observe un échappement de la maladie lors de traitement à base d’anticorps ou de molécules pharmaceutique mais également de proposer des stratégies pour rendre ces thérapies plus efficaces.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les traitements actuels ne permettent pas de traiter 100% des patients atteint d’un cancer et l’on observe de plus en plus d’échappement aux thérapies déjà existantes à cause de la formation de métastases hépatiques. Ces études permettront à la fois d’expliquer le mécanisme d’échappement à ces traitements mais aussi d’expliquer le mécanisme d’action de certains traitements. Ces résultats seront comparés à ceux obtenus in vitro au préalable mais également avec les résultats que l’on attend des différents traitements observés lors des phases clinique chez l’homme. De plus, ces études permettront de tester de nouvelles thérapies plus innovantes et donc de proposer de nouveaux traitements plus efficaces aux patients atteints de cancer.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1) Injection de cellules tumorales et ablation d’une partie de la rate sous anesthésie une seule fois dans l’étude, 2) l’imagerie de la tumeur une fois par semaine pendant 6 semaines se fera sous anesthésie pendant 5 min après une injection de sonde bioluminescente, 3) Prélèvements sanguins une fois par semaine pendant 6 semaines: prélèvement en moins d’une minute avec anesthésie ou intraveineux sans anesthésie en moins d’une minute, 4) Administration des composés à tester ou de leur solvant en moins d’une minute par animal, une à deux fois par jour pendant un maximum de 42 jours
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La chirurgie nécessaire à l’implantation des cellules en intra-splénique ainsi que l’injection en sous cutané de cellules tumorales chez la souris va induire le développement d’une tumeur et d’une métastase hépatique qui vont grossir au fur et à mesure. Les effets indésirables attendus chez la souris sont dans un premier temps une perte de poids, une diminution de l’activité. Les animaux seront également manipulés délicatement mais rapidement afin d’éviter au maximum le stress de la manipulation, des administrations et du gavage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale, des analyses sur les organes étant nécessaires pour mesurer l’efficacité des molécules testées.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
A ce jour, aucun modèle cellulaire ne récapitule complètement la cinétique et la complexité cellulaire impliquées dans la progression d’une tumeur, la formation de métastases ou encore son échappement à une thérapie. Cette complexité rend nécessaire l’utilisation d’études in vivo pour comprendre ce phénomène et évaluer de potentiels candidats médicaments. Afin de réduire au maximum le nombre d’étude et donc le nombre d’animaux utilisés, les différentes stratégies antitumorales seront préalablement testées in vitro.
2. Réduction
Pour respecter le principe des 3R, nous veillerons à ce que toutes les expériences qui pourront être réalisées in vitro le soient et que ne soient testés, in vivo, que les meilleures molécules ou anticorps obtenus in vitro. Le nombre de souris utilisées par groupe sera réduit au minimum tout en permettant une bonne analyse statistique. Une analyse statistique rétrospective permettra de calculer le nombre nécessaire et suffisant d’animaux par groupe afin d’obtenir pour chaque paramètre étudié une puissance de 80% et alpha=0.05. L’utilisation de l’imagerie bioluminescente et de cellules tumorales exprimant la luciférase permettront un suivi longitudinal des animaux et donc diminuera le nombre d’animaux utilisés dans les études. Nous utiliserons un modèle bien établi dans la littérature afin de limiter la phase de mise au point et ainsi de limiter le nombre d’animaux
3. Raffinement
Afin de réduire le stress, une acclimatation de 4 jours sera réalisée avant l’entrée en étude. Les animaux seront hébergés dans un environnement contrôlé en continu et relié à un système d’alarme. La densité dans les cages sera en conformité avec les recommandations. Les animaux et leurs conditions d’hébergement seront sous surveillance quotidienne. L’environnement des animaux sera enrichi à leur arrivée et pendant toute la période d’étude. La bonne connaissance des études permettra de raffiner et d’anticiper le développement de la maladie chez l’animal et donc d’anticiper la mise à mort éthique. Pour cela, un programme d’analgésie ainsi qu’une grille de score, l’utilisation de points limites adaptés, d’un arbre décisionnel et de critère d’arrêt de souffrance sont mis en place.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce animale la plus utilisée pour ce type de modèle et donc le plus décrit. Son utilisation permettra de bénéficier de toute la littérature scientifique déjà parue sur ce modèle utilisant cette espèce. Nous nous appuierons sur de la bibliographie solide et sur un modèle déjà bien documenté afin d’éviter l’utilisation d’un nombre excessif d’animaux pour la mise au point. Nous utiliserons des animaux à l’âge adulte afin de travailler sur des organes parfaitement développés.