
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-615751)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’ARN messager (ARNm) est une molécule naturellement présente dans les cellules, qui sert à la fabrication des protéines. Ces molécules peuvent être utilisées dans certains vaccins, tels que ceux contre la COVID-19, où elles permettent à l’organisme de produire une protéine du pathogène afin de déclencher une réponse immunitaire contre ce dernier. Les formulations lipidiques ont démontré leur intérêt pour des approches de vaccination par leur capacité à protéger l’ARNm et faciliter son entrée dans les cellules du système immunitaire. Toutefois, ces vaccins ARNm actuellement administrés dans le muscle induisent une protection limitée au niveau des poumons, ce qui peut permettre la transmission de pathogènes malgré la vaccination. L’objectif de ce projet est de développer des nouvelles formulations lipidiques permettant une vaccination ARNm via une administration directement au niveau des voies respiratoires, principal site d’entrée de nombreux agents pathogènes, afin de renforcer la réponse immunitaire. Certaines questions essentielles, telles que la distribution des formulations dans l’organisme et leur capacité à franchir les barrières naturelles des poumons, ne peuvent être étudiées que dans un organisme vivant. Des expériences chez la souris sont ainsi nécessaires afin d’identifier la plus efficace pour une administration pulmonaire d’ARNm.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à sélectionner la meilleure formulation lipidique permettant une bonne expression de l’ARNm et un profil de distribution adéquat pour une vaccination pulmonaire. De plus, ce projet permettra de produire des connaissances nouvelles sur l’administration de vaccins à ARNm par voie pulmonaire, afin d’améliorer leur efficacité au niveau des voies respiratoires. Les résultats attendus pourront contribuer, à long terme, au développement de stratégies de prévention mieux adaptées contre les maladies infectieuses respiratoires et certaines pathologies cancéreuses.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une partie des animaux recevront une administration unique par dépôt dans la gorge et aspiration, sous anesthésie générale – durée 5 min. Une autre partie des animaux recevront une administration unique par dépôt dans la gorge et aspiration, sous anesthésie générale – durée 5 min. Les différents groupes recevront une injection réalisée sur animal vigile – durée 1 min, 4 fois maximum. L’imagerie des souris sera réalisée sous anesthésie générale – durée 10 min, 4 fois maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration peut occasionner une gêne respiratoire passagère, sans conséquence à long terme. Une réaction inflammatoire locale transitoire des voies respiratoires liée à l’administration pulmonaire des formulations ne peut être exclue et fera l’objet d’une surveillance. Les injections répétées peuvent induire un stress léger et transitoire lié à la contention et à l’injection. Les anesthésies générales de courte durée nécessaires au suivi par imagerie, lorsqu’elles sont répétées, peuvent induire du stress, ainsi que des effets secondaires légers tels qu’une hypothermie transitoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour étudier l’effet du traitement et analyser son impact sur les organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des tests cellulaires seront effectués au préalable pour sélectionner les formulations lipidiques prometteuses. Cette première sélection permettra de ne tester chez l’animal que les formulations optimales. L’utilisation de souris est nécessaire pour ce projet car elle constitue un organisme modèle fiable pour évaluer la vaccination dans un système biologique complet Il n’existe actuellement aucune alternative capable de reproduire la complexité d’un organisme vivant.
2. Réduction
Les expériences ont été consciencieusement pensées et élaborées afin d’utiliser le moins d’animaux possible tout en permettant d’obtenir des résultats statistiquement satisfaisants. Ce nombre a été déterminé à l’aide d’une approche statistique. Pour l’analyse a posteriori des résultats, des tests statistiques seront utilisés. L’utilisation de l’imagerie nous permet de réduire le nombre d’animaux.
3. Raffinement
L’administration et les examens d’imagerie seront réalisés sous anesthésie générale. Après l’anesthésie, la souris sera placée dans une cage thermostatée le temps du réveil et de la récupération interventionnelle et post-examen d’imagerie. Des antalgiques sont prévus si l’animal présente un signe de souffrance. Enfin, des points-limites généraux avec l’établissement d’une grille d’évaluation regroupant les critères relatifs au bien-être tout le long de l’étude ont été établis. Une attention particulière sera portée aux conditions d’hébergement des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris adulte, c’est-à-dire de 7 semaines, constitue un modèle pertinent pour l’étude de la délivrance pulmonaire d’ARNm en raison de la similitude de l’organisation des voies aériennes et de la présence de mécanismes de sécrétion de mucus et de clairance mucociliaire fonctionnels et comparables. Cette espèce est largement utilisée et validée dans la littérature pour l’administration pulmonaire par aspiration oropharyngée et l’évaluation de formulations lipidiques.