Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

12 350 animaux non-humains vont être utilisés, souris et rats, tous tués à l’issue, dont environ 4 600 dans des procédures de souffrance sévère. Quatre fibroses, rénale, pulmonaire, hépatique et dermique, leur sont provoquées, avec administrations répétées de composés pendant six à huit semaines, chirurgies et prélèvements sanguins, pour cribler des molécules antifibrotiques. Le porteur décrit des pertes de poids et des troubles respiratoires liés aux modèles. Il affirme que la mise à mort est « indispensable » pour prélever les organes et que les tests in vitro ne permettent pas de se passer de l’animal, avec pour horizon une mise sur le marché.

NTS-FR-625698v1
Types de recherche
· Autres troubles humains · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Pathologie humaine, Développement de médicament, Fibrose
Souris : 11200
Rats : 1150

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La fibrose se définit comme un processus pathologique de cicatrisation tissulaire. Elle est observée dans la majorité des organes (poumon, foie, rein, peau…). Le besoin médical est important car environ 45% des décès dans les pays développés sont reliés à une maladie fibrosante. Néanmoins à ce jour, aucun traitement curatif contre la fibrose n’est disponible et ce quel que soit l’organe touché. Deux traitements prescrits pour la fibrose pulmonaire permettent de ralentir la progression de la maladie sans nécessairement réduire les symptômes chez les patients. Dans ce contexte, le but de ce projet est de développer de nouvelles thérapies pour répondre à ce besoin médical important.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A ce jour, aucun médicament utilisé dans le traitement de la fibrose chez l’homme n’a permis de reverser et/ou stopper complètement une fibrose établie sur le plan histologique ou clinique. Toute fibrose confondue représente 45 % des décès dans les pays développés. Le but des expérimentations mises en place est de développer des molécules pouvant ralentir et/ou stopper le développement de la fibrose dans nos modèles expérimentaux. Les différentes procédures utilisées dans ce projet vont nous permettre d’avoir une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans le développement des différentes fibroses. Elles vont également nous permettre, en support du travail réalisé in vitro, la recherche et la validation de nouvelles cibles thérapeutiques pour le traitement de la fibrose. De plus ces procédures nous permettront, une fois une cible identifiée, de développer de petites molécules permettant de reverser et/ou stopper le développement de la fibrose et aussi d’évaluer des combinaisons thérapeutiques afin d’augmenter l’efficacité ou de limiter les effets non désirables de certains composés prometteurs pour le traitement de la fibrose. L’ensemble de ces travaux a pour but d’avancer au maximum le développement préclinique de traitement anti-fibrotique en vue de leur développement clinique et leur mise sur le marché.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les gestes techniques réalisés sur animaux se pratiquent sur rats et souris, vigiles ou anesthésiés. – Sur animaux vigiles : o Identification individuelle (oreille, queue, patte). Tous les animaux de ce projet sont concernés par au moins un type d’identification. o Administration de composés par voies orale, intrapéritonéale, sous-cutanée, intraveineuse. Ces gestes concernent la totalité des animaux de ce projet. Les administrations par voies orale, péritonéale et sous-cutanée peuvent être réalisées une à deux fois par jour, pendant 6 à 8 semaines. Les administrations par voie intraveineuse peuvent être réalisées une à deux fois par semaine, pendant 6 à 8 semaines. – Sur animaux anesthésiés par voie gazeuse ou par voie systémique : o Administration par voie oropharyngée. Acte unique qui concerne 1500 souris. o Administration par voie sous-cutanée. Acte réalisé au maximum 5 fois par semaine, pendant 4 semaines qui concerne 250 souris o Prélèvements sanguins intermédiaires au maximum 4 fois par animal ou terminaux. Ils sont réalisés en respectant les recommandations en termes de volumes et temps de récupération. Tous les animaux de ce projet sont concernés. o Mises à mort par une méthode règlementaire ou une méthode validée par un comité d’éthique. Tous les animaux de ce projet sont concernés. o Chirurgie (acte unique). Un protocole d’analgésie pré- et post-opératoire s’applique dans ces cas. 600 souris et 250 rats sont concernés.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Quatre procédures décrivent des modèles de fibroses (rénale, pulmonaire, hépatique et dermique) qui par conséquent recréées de façon accélérée toutes les étapes impliquées dans la progression de cette pathologie. Ces modèles sont bien caractérisés dans nos laboratoires et n’engendrent pas d’effets indésirables autres que ceux liés aux modèles eux-mêmes. Le modèle de fibrose rénale nécessite de recourir à la chirurgie pour sa mise en place. Cette chirurgie provoque une perte de poids mineure. Sur la durée pendant laquelle le modèle est étudié, aucun signe clinique majeur n’est relevé. Les modèles de fibrose pulmonaire et dermique engendrent l’apparition de signes cliniques bien caractérisés tels que la perte de poids, liée essentiellement à une phase inflammatoire précoce et un trouble respiratoire par la suite. Le modèle de fibrose hépatique n’engendre pas de signes cliniques caractéristiques sur la durée pendant laquelle il est réalisé.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

La mise à mort des animaux à l’issue des procédures est indispensable afin de pouvoir prélever le sang et les organes et réaliser les analyses permettant de répondre aux objectifs du projet.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour tester l’activité in vivo des composés issus du screening cellulaire in vitro, il est indispensable de recourir à l’utilisation de modèles animaux reproduisant le plus possible la pathologie humaine, qui intègrent toute la complexité des réactions physiologiques (interactions intercellulaires, inter-organes, inflammations…). Tous les modèles utilisés sont très bien décrits dans la littérature scientifique et ont été validés avec des composés de référence. Le processus de screening des composés est réalisé sur des tests cellulaires ou non-cellulaires in vitro. Ces tests permettent de réduire le nombre de composés à tester chez l’animal mais ne permettent malheureusement pas de se passer des modèles animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

La sélection des composés est faite en utilisant des tests cellulaires ou non cellulaires in vitro. Seules les molécules présentant une activité sur les tests in-vitro et ayant des caractéristiques pharmacocinétiques adéquates seront testées sur les animaux. Ce système permet de réduire considérablement le nombre de molécules testées chez l’animal et donc le nombre d’animaux utilisés. Seuls les modèles animaux, bien décrits et validés par la communauté scientifique sont réalisés. En règle générale, 5 à 12 animaux sont utilisés par groupe. Des analyses statistiques permettent de mesurer si l’effet du composé est significatif. L’étude est répétée une deuxième fois pour évaluer la reproductibilité du test.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les dispositions nécessaires en matière d’hébergement, d’enrichissement, d’observation et de soins aux animaux sont prises afin d’assurer les meilleures conditions de vie aux animaux. Dès l’arrivage, les animaux sont habitués à la manipulation afin de limiter le stress lors du déroulement des procédures. Ils sont observés tous les jours et leur état clinique est évalué au minimum deux fois par semaine grâce à des grilles de signes cliniques permettant une gradation précise et adaptée de leur gravité. Ces grilles gradées engendrent la mise en place d’actions correctives comme la modulation des doses et fréquences des composés administrés ou l’ajout d’aliment gélifié dans les cages, voire l’arrêt de la procédure pour les animaux concernés (points limites et critères d’arrêt). Lors des procédures, notamment chirurgicales, les animaux bénéficient de soins peropératoires comprenant l’administration d’antalgiques et d’anesthésiques. Leur réveil est monitoré sur couverture chauffantes et accompagné de soins tels que l’ajout de complément d’enrichissement de leur milieu. Les conditions de chaque procédure expérimentale sont étudiées individuellement par la Structure Chargée du Bien-Être Animal (SBEA) qui émet ses recommandations en matière de prévention de la douleur, souffrance et détresse des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

En pharmacocinétique, la souris puis le rat sont les espèces standards dans les premières phases de recherche et développement de nouveaux candidats médicaments. Le rat est choisi pour les molécules les plus intéressantes, afin de commencer la comparaison pharmacocinétique inter espèce, ainsi que de préparer les études de toxicologie futures. En pharmacologie, la souris est l’espèce recommandée et largement utilisée pour les premières étapes de la recherche. Elle permet de réduire les quantités de composés nécessaires à l’évaluation de leur efficacité. Les souris génétiquement modifiées permettent de valider de façon plus spécifique certains mécanismes d’action. Les modèles de fibrose ainsi que les études de pharmacocinétique sont réalisés avec des animaux juvéniles à adultes qui permettent une bonne évaluation de leur efficacité et la détermination de l’exposition des composés.