
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-630319)
Une tumeur atteignant 1 500 mm3, une baisse de mobilité, un isolement : ces signes marquent la fin de l’étude pour les souris concernées, surtout dans les groupes témoins non traités. 440 souris de sept semaines vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever organes et tumeurs. Chacune reçoit une greffe tumorale au flanc, sept injections intrapéritonéales, jusqu’à cinq prélèvements sanguins sous anesthésie, neuf pesées et une quinzaine de mesures de tumeur sur cinq semaines. L’enjeu est de départager plusieurs candidats immunocytokines et d’en retenir un, dont le développement industriel et réglementaire sera poursuivi en vue d’essais cliniques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de caractériser et développer une nouvelle immunocytokine destinée au traitement de différents types de cancers, dans le but d’améliorer la réponse thérapeutique chez les patients qui échappent aux traitements actuel. Les molécules testées ont déjà montré in vitro leur capacité à augmenter fonctionnalité des cellules humaines anti-tumorales en présence du traitement actuel. Dans un premier temps, plusieurs candidats seront comparés à travers une étude pharmacocinétique, afin de sélectionner la molécule la plus prometteuse. Ensuite, le candidat retenu sera évalué, sur la base de son profil dose-réponse et de sa compatibilité avec les traitements déjà existants, permettant de reproduire plus fidèlement la réponse immunitaire et de valider son potentiel thérapeutique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le meilleur candidat sera validé et son développement industriel et règlementaire sera poursuivi en vue de la réalisation d’essais cliniques. Ces nouvelles thérapies, capables de cibler plus spécifiquement les cellules tumorales, présentent une efficacité supérieure aux traitements actuels et pourraient offrir une alternative thérapeutique aux patients réfractaires au traitement actuel.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Mesure de la masse corporelle sur animal vigile (9 pesées, 1 minute maximum chacune, soit 9 minutes au total). Implantation de la tumeur sur animal vigile : 1 injection, maximum 1 minute/ animal Injection intrapéritonéale candidat ou traitement actuel sur animal vigile (7 injections, 1 minutes maximum chacune, soit 7 minutes au total). Prélèvement de sang sur animal anesthésié (5 prélèvements max, 2 minutes maximum chacune, temps de mise en boîte de contention + prélèvement, soit 10 minutes au total). Mesure de la tumeur tous les 2/3 jours sur environ 5 semaines (15 mesures, maximum 1 minute / animal = 15 minutes)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues sont principalement : le stress et la douleur liés aux manipulations, comprenant les traitements, les prélèvements sanguins, les pesées, ainsi que la contention nécessaire lors des injections (sous-cutanées pour l’implantation tumorale puis intrapéritonéales pour l’administration des traitements). L’injection de cellules tumorales entraîne la formation d’une tumeur au niveau du flanc des animaux. Des effets indésirables (tumeur qui atteint 1500mm3, hypomotilité, isolement) peuvent apparaître en fin d’expérimentation, en particulier chez les groupes témoins non traités par les candidats ou le traitement de référence, en raison de la progression tumorale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont euthanasiés afin de permettre la réalisation de prélèvements des organes et tumeurs.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les immunocytokines (notre molécule thérapeutique) agissent dans un environnement biologique complexe (réseau immunitaire, cellules stromales, microenvironnement tumoral, vascularisation), or ces interactions ne peuvent être correctement reproduites dans un système in vitro (culture cellulaire, organoïdes) ou simulées par modélisation informatique. Les paramètres essentiels (pharmacocinétique, biodistribution, élimination, effets immunitaires systémiques) nécessitent un organisme entier pour être évalués.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés tient compte des contraintes statistiques. De plus, nous conserverons tous les prélèvements de sang, d’organes et tissus pour des analyses ultérieures. Notre savoir-faire sur les modèles tumoraux, nous a permis d’optimiser les injections, les prélèvements et d’ainsi de diminuer le nombre d’animaux par groupe. Ainsi, 10 animaux par groupe permettent d’obtenir une puissance statistique suffisante pour détecter des différences significatives de croissance tumorale ou de survie entre groupes , en tenant compte de la variabilité biologique inhérente aux modèles tumoraux syngéniques.
3. Raffinement
Nous assurons une surveillance quotidienne des animaux par l’expérimentateur, en complément de celle réalisée par le personnel animalier. Des points limites précoces ont été définis et seront systématiquement appliqués. Lorsqu’un point limite est atteint, plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre selon la situation : adaptation du suivi, retrait de l’animal de l’étude, ou mise à mort lorsque cela est nécessaire. Pour les injections (cellules tumorales ou traitements), nous appliquons de la lidocaïne sur le site d’injection quelques minutes avant la procédure. Les animaux sont anesthésiés localement pour les injections sous-cutanées et intrapéritonéales, et par isoflurane lors des prélèvements sanguins.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation d’une première souche de souris est essentielle pour étudier la durée de vie et l’élimination de nos candidats, car elles portent une partie d’anticorps humaine. Chez la souris normale, ces mécanismes sont différents de ceux de l’être humain. Le modèle choisi reproduit le fonctionnement humain et permet donc d’obtenir des résultats plus proches de la réalité. Les souris de la deuxieme souche utilisée sont, elles, nécessaires pour tester l’efficacité de nos traitements lorsqu’ils sont associés au traitement actuel, un médicament qui agit uniquement sur la version humaine d’une protéine. Ce modèle permet donc de vérifier si notre traitement fonctionne comme prévu chez l’homme. Enfin, les lignées tumorales utilisées permettent d’évaluer nos candidats dans deux types de cancers : l’un résistant et l’autre sensible à ce médicament. Les souris seront utilisées à l’âge de 7 semaines (20g environ), correspondant à la phase jeune adulte. À cet âge, le système immunitaire est pleinement mature, la croissance corporelle stabilisée et la prise tumorale reproductible. Cela limite la variabilité interindividuelle et assure la pertinence des résultats obtenus.