
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-636307)
242 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent des chirurgies d’implantation de pastilles et de minipompes, des injections intracérébrales et un traitement chronique à la corticostérone qui reproduit un état dépressif, puis des tests comportementaux de suspension par la queue et de nourriture enfouie. Le porteur teste pour un partenaire privé des ingrédients olfactifs qu’il présente comme bénéfiques pour l’état émotionnel et la mémoire, et tue les souris pour prélever leurs organes. Il affirme qu’étudier des comportements de type anxio-dépressif impose un modèle animal, et présente le projet comme devant améliorer les conditions d’élevage.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La première partie de ce projet visera à tester différents ingrédients olfactifs (fournis par un partenaire privé) sur les performances cognitives des souris ainsi que leur état émotionnel à l’aide d’une batterie de tests comportementaux adaptés. Une protéine fluorescente sera exprimée dans plusieurs aires cérébrales chez l’animal afin d’observer post-mortem la morphologie des neurones et leurs niveaux de connexions synaptiques. Les animaux seront ensuite mis à mort afin d’étudier l’activation de l’axe du stress, les modifications morphologiques des neurones des régions du cerveau sensibles aux odeurs et les effets sur l’appareil digestif. La deuxième partie de ce projet aura pour but de démontrer le rôle de l’olfaction dans les effets bénéfiques potentiels des ingrédients testés. Pour cela, nous proposons d’utiliser une approche génétique pour bloquer la transmission de l’olfaction dans le cerveau.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif de cette étude préclinique est de mettre en évidence les effets bénéfiques des odeurs via l’olfaction sur le bien-être animal (états émotionnels, capacité mnésique) et sur la physiologie intestinale et d’émettre des hypothèses sur le lien cerveau intestin.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Deux implantations d’un pellet (chirurgie : 10min, 2 interventions ; durée de traitement 12 à 14 semaines), injection intracérébrale (1h, 2 interventions), perfusion intra-cardiaque (10 minutes, sans réveil), implantation de minipompe (chirurgie : 15 minutes, 1 intervention ; durée de traitement 12 à 14 semaines), tests comportementaux (test de suspension caudale, test de nourriture enfouie).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables peuvent être dus aux chirurgies et/ ou aux traitements, Ils peuvent se traduire par une altération de l’état général de l’animal : hyperactivité puis isolement et indifférence par rapport au milieu extérieur, diminution du comportement exploratoire, perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mort de tous les animaux à l’issue de chaque procédure dans le but de prélever des organes pour pouvoir faire des études sur ces tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif du projet étant l’étude de comportements complexes, les symptômes de type anxio-dépressif, il est indispensable de travailler sur un modèle animal. Il s’agit de valider des stratégies thérapeutiques dans un modèle préclinique en vue d’améliorer le mode de vie des animaux de rente.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe est réduit au minimum nécessaire pour obtenir une puissance statistique suffisante des tests réalisés pour les comparaisons intergroupes : 12 animaux seront utilisés pour à la fois faire des études comportementales et pour les études post-mortem (dont 6 souris permettront de regarder l’activation de du noyau paraventriculaire due à un stress aigu et 6 souris qui permettront de regarder la morphologie des neurones).
3. Raffinement
En ce qui concerne la douleur, la souffrance ou l’angoisse, nous avons identifié quatre risques principaux. Les chirurgies pour observer la morphologie des neurones et leurs connectivités et pout induire une anosmie transitoire chez les souris, le traitement chronique par la corticostérone et le traitement au méthimazole. En cas d’altération de l’état de l’animal, un suivi quotidien sera réalisé à l’aide d’une grille de scoring. Les actions de soin prévues par cette grille seront appliquées en accord avec le vétérinaire. Par exemple, pour la douleur, des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) pourront être administrés. De plus, s’il y a une plaie suite à des bagarres ou aux chirurgies, une pommade cicatrisante pourra y être appliquée. Enfin, en cas de perte de poids, de la nourriture sera déposée dans la cage afin que la nourriture soit plus facilement accessible.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de corticosterone chronique est bien validé chez la souris. Il permet de reproduire un certain nombre des symtômes dépressif observés chez l’homme et répond aux antidépresseurs utilisés en clinique. Il s’agit d’un modèle de stress chez l’adulte. Les expériences débuteront sur des animaux de 10 semaines.