
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-650369)
Gardées vivantes à l’issue de l’essai pour le renouvellement du troupeau et réutilisables dans d’autres essais, 6 vaches laitières Prim’Holstein vont être utilisées dans des procédures déclarées d’un niveau de souffrance modéré. Elles passent douze semaines à l’attache, la mobilité restreinte pour permettre la collecte totale de l’urine et des fèces cinq jours d’affilée par période, avec trois prélèvements de sang à la veine de la queue. Le porteur écrit pourtant que les régimes testés ne sont pas de nature à entraîner une douleur ou une souffrance. L’objet est zootechnique, mesurer la digestibilité de mélanges d’ensilage de luzerne et de maïs, et il affirme qu’aucune autre approche ne peut remplacer la vache pour étudier ces flux de matière et d’azote.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’élevage laitier se trouve de plus en plus confronté à la problématique du changement climatique, sous contraintes environnementales, avec le souci de réduire l’utilisation d’intrants et d’accroître l’efficience d’utilisation des ressources. Dans ce contexte en mutation, il est reconnu que la luzerne a une place de choix, comme fixatrice d’azote atmosphérique, et pour sa capacité à apporter des protéines produites de façon durable dans l’alimentation des ruminants. Une meilleure utilisation de la luzerne sous forme d’ensilage pourrait être une réponse adaptée au contexte changeant actuel, si les conditions de son utilisation sont mieux définies, notamment en termes de valorisation par l’animal. En effet, les conséquences d’associer l’ensilage de luzerne et celui de maïs sur les performances animales, la possibilité de réduire les intrants, la valorisation des fourrages et l’efficience d’utilisation de l’azote doivent être approfondies. Cet essai aura pour but d’évaluer la valorisation énergétique (digestibilité) et protéique (déjections) à l’échelle de la vache laitière lorsque celle-ci est nourrie avec des mélanges d’ensilage de luzerne et de maïs selon des proportions variables. Trois traitements expérimentaux seront comparés : 2 traitements diffèrent en termes de proportions des fourrages étudiées : 25%, ou 50% d’ensilage de luzerne pour respectivement 75% ou 50% d’ensilage de maïs et un troisième traitement avec 25% d’ensilage de luzerne et 75% d’ensilage de maïs, avec 200 g d’urée pour apporter plus d’azote dégradable pour les bactéries dans le rumen.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’influence des régimes sur l’ingestion et la digestibilité des rations sera évaluée afin d’estimer l’efficience alimentaire, la valorisation de l’énergie et de l’azote ingérées, et les pertes d’azote vers l’environnement. Cela nous aidera à mieux valoriser ces fourrages pour nourrir les vaches laitières de façon plus durable en augmentant la diversité fourragère et l’autonomie protéique des élevages laitiers, et en réduisant les intrants de type tourteau de soja.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Cet essai concerne des animaux vigiles qui seront hébergés en stabulation entravée, durant 12 semaines (3 semaines de mesures de référence, puis 3 périodes de 3 semaines chacune). Les vaches seront nourries à volonté et traites 2 fois par jour. Lors des mesures de bilan ingestion-excrétion d’azote, un prélèvement sanguin sera réalisé à la veine caudale, à raison de 1 par période et par vache (soit 3 au total), chaque prélèvement de sang durant 5 minutes maximum (nettoyage de la peau et prélèvement de sang). Des collectes totales d’urine et de fèces seront aussi réalisés pendant 5 jours consécutifs par période, en continu.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le dispositif de collecte de l’urine et des fèces nécessite de restreindre la mobilité des animaux, ce qui contraint de les garder à l’attache le temps de l’expérimentation. Les vaches seront attachées par leur licol avec une longueur de chaîne suffisante pour qu’elles puissent tourner la tête librement en position debout ou couchée, comme cela est pratiqué dans certains élevages. Lors des mesures de bilan ingestion-excrétion d’azote, un prélèvement sanguin sera réalisé à la veine caudale, à raison de 1 par période et par vache (soit 3 au total), chaque prélèvement de sang durant 5 minutes maximum (nettoyage de la peau et prélèvement de sang).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux n’ayant subi aucune intervention invasive, ni traitement susceptible d’avoir des effets importants sur leur santé et/ou survie, seront conservés afin de participer au renouvellement ultérieur du troupeau et pourront être réutilisés dans de nouveaux essais. Ceci se fera sous la responsabilité du responsable des installations expérimentales. Le suivi sanitaire régulier par le vétérinaire traitant permettra de garantir que ceci soit possible.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de remplacer les animaux par une autre approche pour cet essai car le but est d’étudier les flux de matières, d’énergie et d’azote à l’échelle de la vache, incluant des mécanismes in vivo de recyclage/mobilisation/interactions digestives notamment au sein du rumen.
2. Réduction
Le schéma expérimental en carré latin ainsi que l’analyse statistique des données permettront de répondre aux objectifs scientifiques tout en limitant le nombre de vaches à 6 dans ce projet. L’utilisation d’un carré latin permet que chaque animal soit son propre témoin, pour ainsi réduire le plus possible le nombre de vaches tout en gardant une puissance statistique suffisante pour montrer les effets des traitements expérimentaux.
3. Raffinement
Les animaux seront élevés et suivis conformément aux règles d’élevage et de bonnes pratiques en place dans l’élevage. Un suivi régulier du comportement des animaux sera mis en place pour détecter le plus rapidement possible tout signe de souffrance ou de douleur. Les animaliers chargés du suivi ont tous une solide formation en élevage laitier et sont sensibilisés à la douleur animale. Le suivi régulier par le vétérinaire sanitaire assure également la bonne santé des animaux. En cas de problèmes détectés, les animaux seront soignés selon les prescriptions du vétérinaire. Les régimes testés, classiques, ne sont pas de nature à entraîner une douleur ou une souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La problématique de l’étude, spécifique aux vaches laitières, nécessite de travailler avec cette espèce. Les vaches seront de race Prim’Holstein. Il s’agit de la race de vache laitière la plus répandue en France et dans le monde. Les résultats de ce projet ont vocation à être diffusés au niveau international. Les vaches seront en milieu de lactation afin de déterminer les effets des traitements sur les performances zootechniques et la composition du lait.