
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-652446)
80 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur provoque une inflammation du côlon par le dextran sulfate de sodium, administre par gavage un antagoniste des récepteurs cannabinoïdes pendant sept jours et prélève du sang par voie submandibulaire à plusieurs reprises. Toutes sont mises à mort par ponction intracardiaque terminale pour prélever côlon, rate et foie. Il affirme qu’il est « impossible » de modéliser cette inflammation in vitro et s’appuie sur une lignée transgénique fat-1.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’inflammation colique correspond à une inflammation de la muqueuse du côlon se traduisant par différents troubles intestinaux. Elle est particulièrement associée à la présence de diarrhée et de douleurs abdominales. Les médicaments actuels permettent la plupart du temps leur contrôle durable. Cependant, plusieurs pistes de recherche sont actuellement explorées afin d’améliorer la prise en charge des patients. En particulier, un rééquilibrage alimentaire permettant d’améliorer le ratio acides gras oméga6/oméga3 est à l’étude. La souris transgénique fat-1 (le gène fat-1 code pour une désaturase permettant de convertir les oméga6 en oméga3) présente de fait un enrichissement tissulaire en oméga3 aux dépens des oméga6, conduisant à une diminution drastique du rapport tissulaire oméga6/oméga3 comparativement aux souris sauvages (WT) ce qui en fait un modèle d’étude tout particulièrement intéressant pour l’étude des effets bénéfiques des oméga3. Ces souris fat-1 sont protégées d’une colite induite par le Dextran Sodium Sulfate (DSS), contrairement aux WT. Ainsi, un enrichissement tissulaire en oméga3 pourrait représenter une cible potentielle dans la prévention de l’inflammation colique. Par ailleurs, le système endocannabinoïde et plus particulièrement le récepteur CB1R est impliqué dans de nombreuses pathologies présentant une composante inflammatoire comme l’obésité, le diabète, ou encore le syndrome du côlon irritable . Il a été récemment suggéré que la modulation des composants du système endocannabinoïde et de CB1R en particulier pourrait présenter certains bénéfices pour la prise en charge du syndrome du côlon irritable. Ce syndrome du côlon irritable étant associé à une inflammation colique, nous pensons que le blocage des récepteurs CB1R à l’aide d’un antagoniste pourrait avoir un effet bénéfique sur l’inflammation colique. L’objectif de ce projet est donc d’étudier la contribution relative et/ou synergique des acides gras polyinsaturés en n-3 (oméga3) et des récepteurs aux endocannabinoïdes sur la prévention de l’inflammation colique dans un modèle de colite chimiquement induite par le DSS.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique, se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, due à une dérégulation du système immunitaire. S’il n’existe pas de traitement pour guérir ces maladies, les médicaments actuels permettent la plupart du temps leur contrôle durable et une qualité de vie satisfaisante en dehors des poussées. Ce projet a pour but de déterminer une éventuelle contribution relative et/ou synergique des acides gras polyinsaturés en n-3 (oméga3) et du blocage pharmacologique des CB1R sur la prévention de l’inflammation colique dans un modèle de colite chimiquement induite. Cela permettrait de mettre en évidence le potentiel d’un rééquilibrage alimentaire (supplémentation en oméga3) couplé à une nouvelle classe de composé pharmaceutique (antagonistes CB1R) en cours d’évaluation clinique pour de nombreuses pathologies présentant un profil pro-inflammatoire comme l’obésité, le diabète ou encore la néphropathie diabétique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront manipulés quotidiennement pendant toute la durée des traitements (7 jours) afin d’évaluer leur masse corporelle et leur prise alimentaire. De plus, • un prélèvement sanguin de 50 μl sera réalisé au niveau de la région submandibulaire à J0, J4 et J6 pour chaque souris. Durée 1minute • L’antagoniste aux récepteurs CB1, sera administré quotidiennement pendant une durée de 7 jours par gavage à raison de 10mg/kg de poids corporel. Durée 30 secondes un prélèvement terminal sera effectué à J7 via ponction intracardiaque. Aucune durée, procédure entraînant le décès de l’animal. Aucune procédure chirurgicale n’est prévue.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les conditions expérimentales utilisées peuvent entraîner de la douleur chez l’animal. Pour cela, un scoring sera établi et pour quantifier cette douleur/souffrance une observation générale quotidienne des animaux et de leurs excréments sera réalisée. Ainsi, si une souris est en souffrance nous pourrons agir rapidement. Pour le prélèvement de sang en région submandibulaire et les gavages orogastriques, le personnel maitrise très bien ces gestes techniques et les animaux seront observés plusieurs fois dans la journée (en cas de fausse route l’animal montre des signes de souffrance assez rapidement). Tous les animaux de l’étude seront suivis par un personnel compétent selon les modalités mise en place par la structure chargée du Bien-être Animal du Centre de zootechnie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure afin de réaliser des prélèvements de différents tissus (colon, iléon, rate, foie….).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le protocole vise à étudier les mécanismes impliqués au cours de l’inflammation colique. Cette pathologie faisant intervenir une interaction complexe entre le côlon et les cellules du système immunitaire, il est impossible de complètement modéliser ce processus à travers d’approches in vitro. De même, compte-tenu de la complexité de cette pathologie, l’utilisation de modèles animaux dont le système immunitaire est trop éloigné de celui des mammifères est exclus. C’est pourquoi nous utiliserons la souris, pour des raisons de facilité d’élevage et surtout de l’existence du modèle transgénique fat-1.
2. Réduction
Les effectifs ont été optimisés sur la base des coefficients de variabilité reportés dans la littérature et les différences attendues entre les différents groupes pour les paramètres clés-de l’étude. Lors de la conception du protocole expérimental nous avons déterminé le nombre de 10 animaux par groupes nécessaire et suffisant à l’obtention de résultats statistiquement exploitables.
3. Raffinement
La souris est un animal vivant en groupe, elles seront donc plusieurs par cage pour éviter l’isolement. De plus, les souris auront accès à enrichissement de milieu dans toutes les cages avec du papier absorbant pour nicher et un tunnel en plastique pour se cacher
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La détermination de l’impact du DSS couplé ou non à l’administration d’un antagoniste CB1R est primordiale à notre étude. Cet aspect ne peut s’affranchir de l’utilisation d’animaux afin de mimer au mieux un contexte d’inflammation intestinale. Bien que relativement éloignée de l’Homme, l’espèce murine est l’espèce animale de référence dans ce domaine de recherche et la plus utilisée en recherche préclinique avec des données bibliographiques abondantes ce qui diminue le risque de duplication inutile de travaux et veille à réduire au mieux le nombre d’animaux utilisés. Le modèle de souris transgénique fat-1 est un modèle précieux qui rend cette étude unique dans l’approche de l’impact des oméga3 sur la prévention de l’inflammation colique. Stade adulte (8 semaines d’âge). La réponse inflammatoire chez la souris est affectée par l’âge ce qui se traduit par une certaine tolérance aux endotoxines, l’installation d’une inflammation chronique et une diminution de la sécrétion de cytokines proinflammatoires d’où la nécessité d’utiliser des animaux plutôt jeunes et d’âge homogène