
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/08/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-672546)
Produire des parasites pour un réactif de diagnostic exigé lors des mouvements internationaux de chevaux : 735 rats vont être infectés par Trypanosoma equiperdum, l’agent de la dourine, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L’infection les tue en quelques jours. Ce sont d’anciens reproducteurs de plus de 500 grammes, choisis pour la quantité de sang qu’on peut leur prélever, soumis à deux prélèvements quotidiens sous anesthésie gazeuse avant d’être mis à mort. Le porteur indique que la mise à mort intervient quand la parasitémie atteint son maximum et « autant que possible » avant l’apparition de signes cliniques, un rendement élevé par animal réduisant le nombre de protocoles à lancer. La finalité affichée est d’éviter une pénurie mondiale de réactifs qui entraverait la circulation commerciale des équidés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Cette demande d’autorisation à expérimenter sur animaux vivants porte sur la production sur rats de parasites Trypanosoma equiperdum, agent infectieux responsable de la dourine. La dourine est une maladie sexuellement transmissible qui affecte les équidés et qui engendre un fort taux de mortalité ; elle est non transmissible à l’homme. Les procédures utilisées sont celles décrites par les instances internationales et ont pour objectif de produire les réactifs nécessaires au diagnostic officiel permettant d’empêcher la propagation de la dourine lors de mouvements internationaux d’équidés. Les parasites produits pourront également être utilisés dans le cadre de projets de recherche ayant pour vocation l’amélioration du diagnostic de la dourine et l’amélioration des connaissances sur cette maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Bien qu’un résultat sérologique négatif soit exigé vis-à-vis de la dourine pour permettre les mouvements internationaux d’équidés, seuls quelques laboratoires au monde sont en mesure techniquement de produire les réactifs nécessaires à la réalisation de ce test. Ainsi l’approvisionnement en réactif pour le diagnostic de la dourine est une réelle problématique dans de nombreux pays du monde. Ainsi ce bénéfice apporté par ce projet est de maintenir notre capacité de production d’antigènes afin d’éviter une pénurie mondiale de réactifs qui entraverait le contrôle du statut sanitaire des équidés vis-à-vis de la dourine qui pourrait impacter fortement les mouvements internationaux d’équidés.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à : – une injection de parasite T. equiperdum sous anesthésie gazeuse (30 secondes) – deux prélèvements quotidiens d’une goutte de sang sous anesthésie gazeuse (30 secondes) – une mise à mort sous anesthésie gazeuse complétée par d’une anesthésie profonde (2 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Afin de limiter les signes cliniques causés par le parasite (Trypanosoma equiperdum), la mise à mort est programmée avant que les animaux ne présentent des signes d’affaiblissement. Pour cela un suivi au moins deux fois par jour est réalisé. Tout animal présentant un comportement anormal ou des signes de souffrance sera mis à mort et son sang récolté. Une fiche individuelle de suivi est complétée à chaque intervention sur l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’infection par le parasite Trypanosoma equiperdum est mortelle au bout de quelques jours pour les rats inclus dans le protocole. Ainsi, pour éviter toute souffrance inutile, des animaux sont mis à mort soit quand la quantité de parasites dans le sang atteint le seuil recherché, soit quand des signes de souffrances sont observés chez l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de garantir le statut sanitaire des équidés lors de leurs déplacements internationaux, des tests de diagnostic de la dourine sont exigés au niveau mondial. À ce jour, seul le test de fixation du complément (TFC) est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) pour le diagnostic sérologique de cette maladie. Les quantités de réactifs requis pour la mise en œuvre du TFC, combinés au nombre élevé d’équidés circulant à l’échelle mondiale, font que de grandes quantité de parasites doivent être produites pour répondre à la demande. La seule alternative à l’infection de rats pour produire ces parasites est la culture in vitro. Cependant, les caractéristiques biologiques des parasites limitent fortement les rendements obtenus par cette méthode, rendant la production in vitro insuffisante pour répondre à la demande mondiale en antigènes. Dans le but de réduire (voire de suspendre) le recours à la production sur animaux, notre programme de travail inclut le développement d’un test ELISA standardisé pour la dourine, test pour lequel les quantités d’antigènes utilisés sont compatible avec les capacités de production in vitro. Une fois validé, ce test pourra être proposé à l’OMSA en vue de sa reconnaissance comme méthode officielle de diagnostic, au même titre que le TFC dourine. Dans l’attente de cette reconnaissance, la production d’antigènes sur rats reste à ce jour la seule solution permettant d’assurer la continuité des contrôles sanitaires lors des mouvements internationaux d’équidés.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par production de parasites (21 rats) est défini par les protocoles décrit dans les réglementations internationales. De plus nous apportons un soin particulier à ce que la mise à mort des animaux soit réalisée de manière à obtenir le meilleur rendement de production de parasites, pour permettre de réduire au maximum le nombre de protocoles réalisés.
3. Raffinement
Les rats sont hébergés en zone de confinement A2, dans une pièce dédiée aux rats, en portoir ventilé, dans des cages permettant la position bipède. Chaque cage possède une plateforme, les rats en fonction de leur poids sont réunis par groupe de 2 ou 3. Pour chaque cage, l’enrichissement du milieu est apporté par : un tunnel, des matériaux de nidification, des os à ronger, ainsi que des buchettes bois à ronger. Afin de limiter la souffrance des animaux, tout acte invasif est effectué sur des animaux anesthésiés. La mise à mort des rats a lieu quand le nombre de parasites comptés dans le sang de l’animal a atteint son niveau maximum et autant que possible avant que les animaux ne développent des signes cliniques. En effet, plus le nombre de parasites collectés par animaux est important, moins nous aurons de protocoles de productions à mettre en place. Pour cela nous surveillons les animaux et réalisons des comptages de parasites de manière régulière. Tout animal présentant un comportement anormal ou des signes de souffrance sera mis à mort (point limite) et son sang récolté ; et ce, indépendamment de sa parasitémie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre protocole suit les recommandations internationales quant à l’espèce animale sélectionnée (le rat). Cette espèce a été sélectionnée car elle est assez grande pour récolter des quantités importantes de sang (contrairement à la souris) tout en restant un animal dont l’utilisation est assez répandue pour permettre de standardiser la production d’antigènes. Dans ce contexte les animaux utilisés sont des rats adultes de poids supérieur à 500 grammes (anciens reproducteurs) afin de pouvoir prélever la plus grande quantité de sang possible et ainsi récupérer le plus de parasites par animal.