
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-683730)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous nous intéressons aux mécanismes moléculaires de la cancérogenèse des lymphocytes B. Pour ce faire, nous développons des modèles de souris transgéniques de lymphomes B. Notre objectif global est de mieux comprendre les processus de transformation des lymphocytes B pour à terme permettre une meilleure prise en charge thérapeutique de ces cancers. L’étude des mécanismes de lymphomagenèse B est réalisée grâce à l’obtention de souris génétiquement modifiées, i.e. par addition ou élimination d’un gène à un locus donné). Le présent projet consiste en l’étude de l’effet d’une dérégulation de NF-kappaB sur le développement d’un lymphome B.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Aborder la problématique des lymphomes B, notamment l’étude des phases précoces de la cancérogenèse, est impossible au plan expérimental chez l’humain. Les modèles murins génétiquement modifiés de lymphomes B humains sont donc indispensables pour élucider les conséquences in vivo d’oncogènes, pour en disséquer les mécanismes moléculaires et pour tester de nouvelles modalités thérapeutiques. Nos résultats devraient aboutir à proposer de nouveaux biomarqueurs prédisant l’évolution de ces lymphomes et la réponse thérapeutique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont soumis à des gavages (durée =10 secondes ; 3 gavages par semaine au maximum ; ou 1 gavage par semaine pendant 3 semaines), des injections intrapéritonéales (durée =5 secondes ; 1 ou 2 injections par semaine pendant maximum 4 semaines ; ou 1 injection par mois pendant maximum 12 mois), intravéneuses (durée =60 secondes ; 2 injections au total à 4 semaines d’intervale) et sous-cutanées (durée =10 secondes sous anesthèsie ; une seule fois ou 1 fois par semaine pendant 2 semaines). Les prélèvements (biopsie caudale et sang) sont réalisés sur animaux anesthésiés exclusivement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les modifications génétiques réalisées sur les différents modèles animaux sont susceptibles d’entraîner le développement spontané de tumeurs de type lymphome B. L’apparition de ces tumeurs peut entraîner une perte de poids et un affaiblissement de l’état général de l’animal. La piqure d’aiguille pour l’injection de molécules thérapeutiques ou d’un agent immunisant (globules rouges de mouton ou NP-CGG) en intrapéritonéal/sous-cutanée/intraveineux entraîne une douleur légère de courte durée ainsi qu’un stress de courte durée. La biopsie caudale pour le génotypage entraîne une douleur légère de courte durée. Le prélèvement de sang en sous-mandibulaire entraine une douleur légère de courte durée et est limitée par une anesthésie vétérinaire (Isoflurane). Le gavage est réalisé sur animal vigile et entraîne un stress de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issu de la procédure 1, les animaux avec un génotype d’intérêt sont engagés dans les procédures 2/3 ou sont mis à mort en vue d’analyse ex vivo ou seront les fondateurs. A l’issu des procédures 2/3/4, les animaux sont euthanasiés afin d’analyser les tissus et les cellules d’intérêts.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’établissement de lignées cellulaires a largement permis d’améliorer nos connaissances de la biologie du cancer. Mais le cancer est une pathologie complexe avec des interactions entre les cellules cancéreuses et les cellules normales environnantes (telles que les cellules du système immunitaire) qui participent à la prolifération et la survie des cellules tumorales, à l’angiogenèse et à la formation de métastases. Considérer l’organisme dans son ensemble est donc nécessaire en cancérologie. De ce fait, il est indispensable de valider ou d’invalider in vivo les mécanismes de transformation mis en évidence in vitro sur lignées cellulaires, ceci grâce à l’utilisation de modèles animaux. Ces modèles apportent ainsi la possibilité d’apprécier la dynamique du processus transformant au cours du développement de la cellule B et de tester in vivo de nouvelles molécules chimiothérapeutiques afin d’identifier celles avec un vrai potentiel thérapeutique chez l’homme. Les souris constituent le meilleur modèle d’étude de la cancérogenèse grâce à leur petite taille, leur capacité de reproduction (temps de gestation de 21 jours, nombre de bébés par portée intéressant), leurs similarités physiologiques et moléculaires avec l’homme et leur génome en totalité séquencé. Cela en fait d’ailleurs une espèce de référence reconnue dans le domaine de la recherche internationale.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux, des expériences d’optimisation ont été réalisées ainsi plusieurs analyses (histologiques, cellulaires, moléculaires et génétiques) seront réalisées sur un même organe d’intérêt (sang, moelle osseuse, rate et ganglions lymphatiques à minima). Nous savons optimiser l’utilisation de chaque prélèvement afin de réduire au maximum le nombre animaux engagés dans une procédure expérimentale. Par exemple pour les analyses histologiques, un même organe est systématiquement inclus en paraffine et également, congelé. Les analyses cellulaires comprennent de la culture cellulaire ex vivo et de la cytométrie de flux. Le reste des cellules sera congelé en vue d’extraction d’ARN, d’ADN ou de protéines pour les analyses moléculaires. Les expériences sont organisées dans un ordre précis, avec des témoins choisis de sorte à limiter la répétition d’expériences. Nous pourrons ainsi faire des analyses statistiques fiables pour l’ensemble des tissus d’intérêts et des approches techniques souhaitées. Le nombre d’animaux engagé dans chaque procédure est donc déterminé par une approche statistique afin de produire des résultats fiables.
3. Raffinement
Les animaux sont élevés dans des conditions d’hébergement (température et hygrométrie de l’environnement, densité d’animaux, présence systématique d’enrichissement, change régulier de la litière, nourriture et eau ad libitum, surveillance quotidienne de l’état général des animaux) qui respectent leur bien-être. De plus, l’ensemble des procédures sera réalisé de manière à limiter le stress et la souffrance des animaux, notamment en ayant recours à l’anesthésie et à la prise d’un antalgique. Les animaux sont manipulés par du personnel formé et qualifié. Lors de la manipulation quotidienne, une grille de score sera mise en place pour un meilleur suivi des animaux. Les prélèvements de sang et de queues seront tous réalisés sous anesthésie et par du personnel qualifié maitrisant ces gestes. Les animaux sont maintenus sous surveillance jusqu’à leur réveil. L’observation régulière des animaux et le suivi de leur comportement permettra d’avoir un contrôle sur leur état de santé. Un protocole de gestion de la douleur est établi et mis en place dès que le score de douleur établi lors des surveillances quotidiennes le prévoit. La prise d’un antalgique est prévu selon la grille de score.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris constituent le meilleur modèle d’étude de la cancérogenèse grâce à leur petite taille, leur capacité de reproduction (temps de gestation de 21 jours, nombre de bébés par portée intéressant), leurs similarités physiologiques et moléculaires avec l’homme et leur génome en totalité séquencé. Cela en fait d’ailleurs une espèce de référence reconnue dans le domaine de la recherche internationale. Toutes les expérimentations seront conduites chez des souris adultes, âgées au minimum de 7 à 8 semaines, âge où la lymphopoïèse est mature. Dans le cadre de toutes les procédures, les animaux seront euthanasiés s’ils présentent des signes de souffrance repérés grâce à la surveillance quotidienne et la grille de score : perte de poids >20 %, aspect physique externe altéré (aspect du poil, selles, respiration) et anomalies du comportement (dynamisme, posture).