Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le développement de nouveaux médicaments pour traiter les maladies du cerveau commence par des études de sécurité sur des animaux, notamment les souris. Ces études servent à vérifier si les médicaments n’induisent pas de toxicité avant de pouvoir les tester chez l’Homme. Les maladies du cerveau sont souvent très graves et peuvent être causées par un dérèglement dans la production de certaines protéines ou par l’accumulation de protéines anormales. Pour traiter ces maladies, des thérapies innovantes sont en cours de développement pour éliminer ces protéines. Avant de tester ces médicaments chez l’Homme, il est crucial de déterminer à la fois la dose qui pourrait être toxique et la dose efficace. La barrière hémato-encéphalique est une structure qui protège le cerveau en contrôlant les substances qui peuvent y entrer. Cette barrière rend difficile l’accès des médicaments au cerveau lorsqu’ils sont administrés par voie sanguine. Pour contourner ce problème, les médicaments sont injectés directement au niveau des lombaires entre les méninges chez l’Homme. Chez la souris, cette méthode n’est pas possible en raison de sa petite taille, et les médicaments sont administrés directement dans le cerveau. Les médicaments les plus prometteurs sont d’abord sélectionnés après des études in vitro en laboratoire, et sont ensuite testés in vivo sur des souris pour évaluer leur sécurité et leur efficacité. Ce projet consiste à évaluer la tolérabilité (c’est-à-dire une toxicité éventuelle aiguë et à court/moyen terme) et à mettre en place des évaluations neurocomportementales/fonctionnelles qui pourraient prédire l’apparition d’une toxicité retardée après l’administration unique des candidats médicaments directement dans le cerveau des souris. Ces études permettent de sélectionner les médicaments les plus prometteurs afin de réduire les risques avant de passer aux essais d’efficacité. En résumé, ce projet a pour but d’évaluer de nouveaux médicaments pour traiter les maladies du cerveau tout en respectant les normes éthiques et en minimisant l’utilisation d’animaux. Les études préliminaires chez les souris aident à identifier les doses sûres et à évaluer les risques potentiels, permettant ainsi de sélectionner les meilleurs candidats pour les études ultérieures chez l’Homme. Les données recueillies permettent de décider si le développement du médicament doit continuer ou s’arrêter.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à améliorer le développement de nouveaux médicaments pour traiter les maladies du cerveau en évaluant très tôt leur toxicité potentielle (immédiate ou retardée) et en ajustant les doses et les plans des études de toxicité et d’efficacité qui suivront. Dans un premier temps, des études in vivo de trois semaines permettent de recueillir suffisamment d’informations pour sélectionner les médicaments les plus prometteurs, qui seront ensuite testés pour leur efficacité dans des modèles de maladies neurologiques. Après les études précoces de toxicité et d’efficacité, les meilleurs médicaments seront soumis à une étude de toxicité de huit semaines pour affiner leur profil de sécurité, comme les doses et les effets sur les tissus. Ces étapes supplémentaires de sélection visent à éviter des études ultérieures plus longues et avec plus d’animaux, réduisant ainsi le nombre total d’animaux utilisés pour un projet thérapeutique donné. Grâce aux études de présélection in vitro et aux études in vivo de toxicité et de pharmacologie qui en découlent, nous pouvons sélectionner le meilleur candidat et éliminer très précocement les moins prometteurs pour assurer la sureté et l’efficacité des médicaments de demain au service du bien-être du patient. En effet, ces études accélèrent la mise à disposition de nouvelles thérapies pour traiter les maladies du cerveau. Plus d’un tiers de la population mondiale souffre de troubles neurologiques, comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, l’épilepsie, la sclérose en plaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Ces maladies sont la principale cause de maladie et d’invalidité dans le monde. La qualité de vie des patients atteints de ces maladies est gravement affectée et le taux de mortalité est élevé, même chez les enfants. Les options de traitement actuelles sont très limitées et souvent insuffisantes pour répondre aux besoins des patients. Ce projet vise donc à améliorer les traitements, et améliorer la vie des patients atteints par ces maladies neurologiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans le cadre de ce projet et pour une durée de procédure pouvant aller de 3 semaines à 8 semaines, les animaux seront soumis à différentes interventions : • Administration unique du composé testé dans le cerveau nécessitant un abord chirurgical sous anesthésie et une couverture analgésique (durée de la chirurgie 30 min environ) • Administrations d’analgésique (moins de 10 sec) (maximum 2 fois par jour) • Prélèvements de sang de très faibles volumes sur animal vigile (la contention est d’une durée maximale de 2min et chaque prélèvement dure moins de 30s ; maximum 6 prélèvements sur 24h) • Tests neurocomportementaux non invasifs (observations, max 15 min/semaine) et fonctionnels (évaluation de la motricité, max 10 min/semaine) réalisés pour chaque animal 1 fois avant traitement puis de façon hebdomadaire jusqu’à la fin de la procédure (3 à 8 semaines après traitement). Tests évaluant les performances neuro-locomotrices des souris et permettant de mieux, et plus rapidement, déceler la toxicité retardée à la suite de l’administration de candidats médicaments. • Administration d’anesthésique en fin d’expérimentation avant euthanasie. (moins de 10 sec)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Dans le cadre de ce projet et pour une durée de procédure pouvant aller de 3 semaines à 8 semaines, des nuisances ou douleurs peuvent survenir à savoir : Conséquences directes des actes expérimentaux : • La phase de chirurgie (30 min) nécessaire à l’administration du composé d’intérêt dans le cerveau ainsi que la période post-opératoire peuvent générer du stress et une douleur modérée • Les administrations d’analgésiques et anesthésiques, maximum 2 fois par jour pendant 2 jours peuvent générer des douleurs légères et de courte durée • Maximum 6 prélèvements de faible volume de sang répartis sur 24h (1 seule fois par animal pour toute la durée de l’étude), effectués sur animal vigile avec une contention d’une durée maximale de 2min et chaque prélèvement dure moins de 30 sec (Degré de sévérité léger de courte durée) • Administration de l’anesthésique en fin d’expérimentation préalable à l’euthanasie (degré de sévérité léger) Conséquence indirecte des actes expérimentaux : Le composé testé peut en lui-même induire des effets cliniques et peut provoquer une nuisance modérée pour l’animal (impacts sur l’activité, état général, variation du poids corporel par exemple).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux ayant reçu l’administration d’un candidat médicament dans ce projet sera euthanasié à l’issue de chaque procédure (au bout de 3 à 4 semaines ou 8 semaines post injection selon la procédure mise en œuvre). Des collectes de sang/ liquide céphalo-rachidien pour analyses et d’organes pour lecture anatomopathologique seront effectuées. Tous les animaux pour lesquels au moins un premier geste invasif a été réalisé dans le cadre de la procédure (entrant dans la définition de la procédure expérimentale réglementaire) et qui n’ont pas reçu de candidat médicament ou son/véhicule pourront être réutilisés dans un autre projet. Ces situations peuvent se produire, dans le cas où une dose d’un candidat médicament ou son véhicule montre des signes de toxicité immédiate consécutive à l’administration, les administrations prévues pour le reste des souris du groupe ne sont alors pas réalisées. Ces animaux ayant déjà reçu au préalable l’analgésie avant la chirurgie pourront dans ce cas être réutilisés dans d’autres DAP.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet étudie la sécurité des candidats médicaments pour les maladies neurologiques. Actuellement, il est nécessaire d’utiliser des animaux pour ces études car il n’existe pas d’autres méthodes validées scientifiquement et réglementairement. Cependant, avant de tester sur les animaux, des méthodes en laboratoire (in vitro) et sur ordinateur (in silico) sont utilisées pour choisir les médicaments les plus prometteurs. Cela permet de réduire le nombre d’études sur les animaux. Seuls les candidats médicaments qui semblent les plus efficaces et sûrs sont ensuite testés sur les animaux pour vérifier leur sécurité. Les maladies neurologiques sont complexes, et ces études sont essentielles pour évaluer l’efficacité et la toxicité des médicaments. En retour, les résultats des données collectées dans les études in vivo chez l’animal améliorent les méthodes de prédiction in vitro avec pour objectif final de remplacer intégralement le modèle animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les médicaments à visée neurologique les plus prometteurs sont présélectionnés grâce à des études in vitro en laboratoire avant de les tester sur des animaux dans les études incluses dans ce projet. Le nombre d’animaux utilisés est ajusté en fonction des paramètres étudiés. En général, seuls 3 animaux/dose/médicament sont utilisés, ce nombre « standard » pour ce type d’études assure un effectif par groupe faible mais suffisant pour permettre d’interpréter les résultats. Pour évaluer la toxicité des candidats médicaments, ces derniers sont administrés directement dans le cerveau des animaux. Les administrations se font de façon séquentielle : dans le cas où une toxicité aigüe surviendrait chez un premier animal d’un groupe, les administrations suivantes prévues pour les autres animaux ne seront pas réalisées. Des études préliminaires ont montré qu’une approche par observations comportementales des animaux, comme prévu dans ce projet, peut prédire la toxicité tardive des médicaments. Sa mise en œuvre vise à affiner et rendre plus efficace la sélection des candidats médicaments et ainsi réduire le nombre d’études et d’animaux nécessaires aux processus de recherche de candidats médicaments. Lors des évaluations comportementales, chaque animal est suivi dans le temps et est son propre contrôle, ce qui évite d’inclure systématiquement des groupes témoins dans les études et réduire ainsi le nombre d’animaux nécessaires. Divers examens cliniques et prélèvements peuvent être effectués pour limiter encore plus le nombre d’animaux utilisés. Les résultats obtenus sécurisent les études de pharmacologie en évitant l’utilisation de doses toxiques possible aux doses testées. Les prélèvements de petits volumes de sang permettent de suivre la cinétique sur un même animal tout en respectant son bien-être, réduisant également le nombre d’animaux nécessaires pour chaque étude. Enfin, les données recueillies lors des études sur les animaux aident également à améliorer les méthodes de prédiction de toxicité in vitro. Ces méthodes prédictives de toxicité in vitro permettent ainsi de limiter l’utilisation des animaux dans les études ultérieures et pourraient à terme les réduire de moitié voire les remplacer.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Dans ce projet, les médicaments sont administrés dans le cerveau de manière séquentielle au sein d’un même groupe d’animaux. Si un premier animal montre des signes cliniques peu après le traitement, le traitement est arrêté. Si des signes de toxicité apparaissent, une décision rapide est prise par le vétérinaire, le responsable scientifique, l’équipe de bien-être animal ou les équipes en charge des animaux. Cette décision peut inclure des soins, l’arrêt du traitement, ou, en dernier recours, l’euthanasie de l’animal. Un suivi précis des animaux est réalisé via différentes grilles de score complémentaires (incluant des évaluations comportementales) permettant ainsi de détecter au plus tôt les signes de toxicité et de réduire ainsi la souffrance des animaux. Tous les animaux sont hébergés dans des conditions strictes de confinement avec à disposition un enrichissement spécifique (tunnel, éléments de nidification) et manipulés par du personnel formé au bien-être animal. De faibles quantités de sang peuvent être rapidement prélevées chez les souris de manière peu invasive et peu stressante, ce qui limite l’impact sur les animaux et respecte leur bien-être. Cette méthode évite d’utiliser les procédures classiques qui nécessitent de placer l’animal dans une enceinte thermorégulée pour dilater les vaisseaux. L’administration du candidat médicament nécessite une incision de la peau et est réalisée sous anesthésie générale avec une couverture analgésique afin de limiter tout risque de douleur au réveil de l’animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Ce projet sera réalisé sur l’espèce souris car de nombreux modèles mimant des pathologies humaines sont disponibles chez la souris et seront utilisés dans les études ultérieures de détermination de l’efficacité du candidat médicament. Cette espèce présente une forte homologie génétique et physiologique avec l’Homme et ainsi une forte valeur translationnelle permettant d’obtenir la meilleure prédiction possible chez l’Homme. S’ajoutent à cela les données historiques (internes, issues de la littérature, par souche, âge, sexe) et nécessaires à l’évaluation et l’interprétation des effets. Chez la souris, les candidats médicaments sont délivrés directement au niveau du système nerveux central par voie intracérébroventriculaire, pour palier le problème du mauvais passage de la barrière hémato-encéphalique. En outre, cette voie d’administration nécessite une chirurgie moins invasive que la voie intrathécale utilisée chez d’autres espèces comme le rat. Pour se placer dans les mêmes conditions que les études d’efficacité puis les études requises ultérieurement, les souris utilisées seront des jeunes adultes et adultes, correspondant à l’âge des animaux utilisés communément dans les protocoles de recherche de candidat médicament et dans les études ultérieures à ce projet. Ces études vont permettre de présélectionner des candidats médicaments pour les études ultérieures effectuées chez le rat par voie intrathécale, même voie utilisée chez l’Homme pour la délivrance de thérapeutiques.