
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-689661)
2 922 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour la plupart et sévère pour 153 d’entre elles. Chacune subit une biopsie de l’oreille, certaines reçoivent une sonde de température sous la peau, une injection de bactéries dans le sang, deux prises de sang au niveau de l’œil et onze jours d’injections quotidiennes dans le ventre. L’objectif déclaré est de créer deux modèles de maladies auto-inflammatoires rares. Les traitements « moins toxiques et plus efficaces » annoncés sont renvoyés à un « à terme » sans échéance. Le porteur affirme que l’analyse des animaux est « indispensable » parce que les essais en tubes ne reproduisent pas la complexité des interactions entre l’animal et la bactérie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de créer deux nouveaux modèles murins de maladie inflammatoire, pour mieux comprendre ces maladies et tester un nouveau traitement. Cesmaladies sont des maladies rares qui ne peuvent pas être étudiées directement en clinique du fait du faible nombre de patients. Le développement de nouveaux traitements dans ces maladies passe par le développement de modèles précliniques dans lesquel il faut tester les nouvelles molécules et les voies d’administration.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra à court terme de mieux comprendre les maladies autoinflammatoires étudiées ainsi que l’émergence d’une de ces maladies dans la population humaine au cours de la co-évolution de l’homme avec les agents pathogènes. Finalement, à terme, il pourrait permettre de développer de nouveaux traitements moins toxiques et plus efficaces pour l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à une biopsie sur l’oreille pour la procédure d’élevage. Une seule intervention de ce type qui dure moins de 5 secondes sera réalisée sur chaque animal vigile (2922 animaux maximum). Certains animaux (parties 2 et 3-maximum 153 animaux) subiront une injection sous la peau de 30 secondes maximum pour la mise en place d’une sonde de température, une injection dans le sang d’une durée de 30 secondes maximum, ces deux actes sous anesthésie gazeuse. Les animaux dans la partie 4 (21 animaux maximum) seront sujets à 2 prises de sang au niveau de l’oeil de 30 secondes maximum sous anesthésie gazeuse, d’une injection dans le ventre quotidienne pendant 11 jours sur animaux vigiles, chacune de 30 secondes maximum et d’une injection dans le ventre de 30 secondes maximum sur animal vigile lors de la mise à mort. Tous les animaux (2922 animaux maximum) sont susceptibles de recevoir une à trois injections sous la peau d’analgésiques (30 secondes maximum) sur animaux vigiles. Les animaux dans la partie 5 (14 animaux maximum) auront sous anesthésie gazeuse de la crème appliquée sur des lésions de la peua chaque jour pendant 2 semaines (10 secondes maximum par application).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le prélèvement d’un bout d’oreille engendrera une douleur légère de courte durée. Les injections dans le ventre, la mesure de masse, la pose de sonde de température, l’injection dans le sang des bactéries, la prise de sang au niveau de l’oeil, l’application de crème sur les lésions de la peau sont de potentielles sources de stress transitoire et/ou de douleur locale. L’inflammation pourrait conduire à une croissance retardée, à une perte localisée de poils ou à des boutons sur la peau qui pourraient évoluer vers des des plaies, une grosse rate et un gros foie et un sentiment de mal être général associant fatigue générale physique et mentale. L’infection bactérienne pourrait conduire à ressentir les effects de l’infection (inflammation systémique qui se traduit par de la fièvre apparaissant à jour 2 ou 3 post-infection et à un mal être de l’animal).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont mis à mort à la fin de chaque procédure expérimentale car du fait des procédures, il n’est pas souhaitable de les réutiliser. Une partie des animaux mis à mort dans la procédure d’élevage sera utilisé post-mortem pour des prélèvements d’organes hors protocoles dans une démarche de réduction (pas de commandes de nouveaux animaux pour ces prélèvements hors protocoles). Les animaux de génotype pertinent dans la procédure d’élevage seront transférés dans les procédures expérimentales suivantes car tel est le but de cette première procédure et mis à mort à la fin des procédures expérimentales.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’analyse des animaux est indispensable pour remplir les objectifs du projet et s’assurer d’une efficacité et d’une non-toxicité des nouveaux traitements. Cet protocole fait suite à des tests nombreux et répétés dans des tubes sans implication d’animaux . Ces essais en tubes ne peuvent pas mimer la complexité des interactions entre l’animal et la bactérie rencontrées lors d’une infection, ni la complexité des interactions des médicaments avec les différents liquides biologiques, cellules, organes.
2. Réduction
De nombreux paramètres seront étudiés sur chaque animal inclus dans le projet pour obtenir le maximum d’informations avec le moins d’animaux. De plus, l’effectif annoncé est maximal (révisable à la baisse en fonction des premiers résultats), avec des « essais pilotes » déterminants et des analyses statistiques en amont pour réduire au maximum le nombre d’animaux sans mettre en péril la validité des résultats. Dans la procédure 5, le contrôle de traitement sera réalisé sur le même animal sur une lésion contrôle située dans une autre zone du ventre de l’animal traité (au lieu d’un autre groupe d’animaux).
3. Raffinement
Nous prévoyons les points de raffinement suivants: 1) habituation à la contention pour minimiser l’angoisse des animaux. 2) Utilisation d’implants pour prendre la température et éviter l’introduction quotidienne de thermomètre de type rectal dans les fesses des animaux. 3) Minimisation de la fréquence de manipulation. 4) Anesthésie lors de chaque gestes potentiellement douloureux (injection sous la peau, dans le ventre, dans le sang, prise de sang au niveau de l’oeil). Les points limites sont définis spécifiquement pour le projet afin de limiter au maximum la souffrance des animaux. 5) Utilisation d’analgesique en cas de trop forte de température. Les protocoles sont calibrés après une étude rigoureuse de la littérature.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il est nécessaire pour les objectifs scientifiques du projet d’étudier un système intégré avec un fonctionnement proche de l’homme. La souris est un modèle animal très pertinent car il est manipulable génétiquement et beaucoup d’outils sont disponibles pour suivre la physiologie de cet animal. L’inflammation dans le modèle souris est très proche de l’inflammation qui peut être observée chez l’homme. Les animaux seront suivis depuis leur naissance jusqu’à leur mort pour la recherche et/ou la surveillance d’un éventuel phénotype dommageable avec une attention particulière au stade néonatal, du sevrage et de l’adulte. Les expériences d’infections débuteront à l’âge de 6 semaines ce qui correspond à l’age adulte. Les traitements (tests de médicaments) commenceront dès 4 semaines qui est l’âge auquel les premiers symptômes sont attendus.