Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet cherche à comprendre comment des molécules naturelles produites par certaines cellules du système immunitaire peuvent influencer la douleur chez la souris. Notre hypothèse est que ces cellules masquent la douleur directement par leur capacité à sécréter des analgésiques naturels. Nous utiliserons des lignées de souris mutantes et des tests de sensibilité à la douleur dans différentes conditions. Nous évaluerons particulièrement la douleur ressentie dans des modèles de cancers et de chimiothérapies. Nous mesurerons l’intensité de la douleur perçue par stimulation mécanique ou par des observations comportementales. L’ensemble des résultats de ce projet permettra de proposer un nouveau mécanisme de régulation de la douleur chez la souris avec de possibles implications cliniques chez l’Homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les cancers représentent un enjeu majeur de santé publique. En France, environ 433 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et plusieurs centaines de milliers de patients reçoivent une chimiothérapie. Au niveau mondial, près de 20 millions de nouveaux cas par an sont estimés. Les douleurs chroniques constituent une séquelle fréquente des traitements anticancéreux (30 pourcents des patients traités). Au-delà de leur impact sur la qualité de vie, les cancers représentent également un poids économique considérable, avec plus de 20 milliards d’euros de coûts directs pour le système de soins en France et un coût sociétal mondial estimé à plus de 500 milliards d’euros par an. Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans les douleurs chroniques associées au cancer et aux traitements par chimiothérapie, afin d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour moduler la génétique, certains animaux seront soumis à des administrations en début de projet (sur animal vigile, 2 fois maximum, 1 minute par geste OU sur animal anesthésié, 3 fois maximum, 3 minutes par geste). Afin de mesurer la sensibilité à la douleur, les animaux suivront tous une série de test sur animal vigile : un test de sensibilité à la température entre 8 et 55 degrés sans risque de brûlure (3 fois maximum avec 2 semaines de récupération minimum entre chaque test, 5 minutes maxmim), un test de sensibilité mécanique (33 fois maximum à raison de 3 fois par semaine pendant toute la durée du projet, 5 minutes maximum), un test de démarche (3 traversées maximum avec 2 semaines de récupération minimum entre chaque test, 5 minutes maximum) et un test d’observation (3 fois maximum avec 2 semaines de récupération entre chaque test, 8 minutes). Ces tests ne sont pas douloureux. Certains animaux auront une greffe tumorale sous anesthésie et analgésie suivant le type de tumeur (1 fois, 30 minutes maximum) ou un traitement de chimiothérapie sur animal vigile (30 fois maximum sur 1 mois, 1 minute). Le suivi tumoral sera réalisé par imagerie sur animal anesthésié (3 fois par semaine pendant 2 mois maximum, 5 minutes). Certains groupes pourront recevoir un traitement sur animal anesthésié (1 fois, 5minutes) ou sur animal vigile (30 fois sur 1 mois maximum, 1 minute).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’administration d’un médicament pour activer un gène pourra engendrer une irritation de l’oesophage ou une douleur légère de courte durée au point d’injection. Les tests réalisés pour évaluer la sensibilité à la douleur pourront engendrer une gêne et un stress de courte durée. Les inductions de tumeurs pourront engendrer une douleur et une gêne modérée à sévère selon la localisation et la progression tumorale. L’administration de chimiothérapie pourra engendrer une douleur légère de courte durée ainsi qu’un risque d’inflammation au site d’injection et des effets secondaires comme la modification du transit intestinal. Les injections répétées pourront induire un risque de péritonite. L’administration d’une analgésie de récupération ou d’un anticorps pourra engendrer une douleur légère de courte durée au site d’injection. Enfin, l’anesthésie pour certains actes techniques pourraient engrendrer une hypothermie et un risque de détresse cardio-respiratoire. Les animaux immunodéprimés seront plus sensibles aux infections.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire car les organes (rate, ganglions, peau) et les tumeurs doivent être prélevés pour être analysés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le but de ce projet est d’évaluer la sensibilité à la douleur dans différentes conditions de cancers et de chimiothéapies. Il est par conséquent impossible de palier à l’utilisation d’animaux vivants car ce projet est basé sur la perception de la douleur chez l’animal. Il n’est pas possivle de remplacer cette utilisation par des expérimentations in vitro et la sensibilité à la douleur n’est pas quantifiable par des paramètres biochimiques connus.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet nécessite l’utilisation de 1644 animaux. Le nombre d’animaux utilisés dans le projet est réduit à son minimum sans compromettre la validité statistique des analyses des résultats. Nous utiliserons 6 animaux par groupe pour toutes les procédures, sauf pour certains des groupes d’animaux témoins où 3 animaux seront suffisants. Des tests statistiques fiables et robustes seront utilisés pour analyser les résultats.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères (l’hébergement individuel est limité au maximum) en portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture et l’eau. Le milieu est enrichi avec deux enrichissements minimum et les animaux sont vérifiés quotidiennement. Le projet a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal. Lorsque cela est nécessaire les animaux seront sous anesthésie et analgésie. Les animaux sous anesthésie de plusieurs minutes auront une application de gel occulaire pour éviter l’assèchement des yeux. Ils seront également maintenus sur tapis chauffant afin d’éviter une hypothermie. Afin de faciliter la prise alimentaire des animaux, des croquettes seront toujours disponibles au fond de la cage. Pour les tests, les animaux seront habitués à leur environnement. Ainsi, la douleur et le stress sont limitées en apportant des soins adaptés ainsi qu’une surveillance attentive accompagnée de points limites suffisamment prédictifs et précoces.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris représente un très bon modèle pour réaliser des expériences de comportement, des études de neuroanatomie, de physiologie et de biologie cellulaire et moléculaire, de plus la disponiblité de souris génétiquement manipulées pour les gènes d’intérêt rend aussi l’utilisation de cette espèce indispensable à la réalisation de ce projet. Les souris pourront être utilisées à partir de l’âge de 8 semaines car le statut immunitaire doit être mature avec un niveau stable de cellules immunitaires.