
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-739603)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les méningiomes se développent dans les méninges, les trois membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Ils représentent les tumeurs les plus fréquentes du système nerveux central de l’adulte. Bien que la majorité des méningiomes puisse être traitée par la chirurgie, une fraction non négligeable est soit inaccessible à la chirurgie, soit présente une histoire naturelle plus proche des cancers, marquée par une agressivité clinique et histologique. Pour ces tumeurs, aucune alternative à la chirurgie n’existe à l’heure actuelle. Le présent projet propose la création de nouveaux modèles de souris génétiquement modifiées de méningiomes en vue d’une meilleure compréhension de l’origine des méningiomes bénins ou malins.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
En permettant l’identification de la cellule d’origine des méningiomes, ce projet pourrait permettre de mieux comprendre la tumorigenèse méningée bénigne et maligne mais également contribuer à une meilleure connaissance de l’anatomie des méninges. Par ailleurs, si les résultats s’avèrent concluants cela pourrait permettre d’utiliser ces nouveaux modèles animaux plus représentatifs de la maladie dans de futures études pré-cliniques. Ceci permettant donc d’obtenir une meilleure translation des résultats obtenus lors d’évaluation de nouvelles thérapies à ce que l’on pourrait attendre chez l’humain. A plus long terme, ces connaissances pourraient permettre de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de méningiomes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Afin de connaitre leur patrimoine génétique un prélèvement d’un petit fragment de tissu sera prélevé chez tous les souriceaux (durée inférieure à 1 minute, une fois, animal vigile). Une molécule sera administrée à une partie des animaux vigiles, pour activer une mutation génétique d’intérêt (1 fois par jour pendant 1 à 5 jours maximum, durée inférieure à 1 minute par administration). Tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration de la molécule pour activer la mutation génétique génèrera une brève et légère douleur au point d’injection, ou un inconfort lors de l’administration orale, et un risque de perte des petits pour les mères concernées. Si les animaux génétiquement modifiés générés et dont la mutation aura été induite par injection d’une molécule développent bien des tumeurs cérébrales, leur apparition pourra engendrer un possible déficit moteur, et, ou, de possibles crise d’épilepsie. Le prélèvement de tissu pour connaitre le patrimoine génétique des animaux induira une brève et légère douleur et un risque de léger saignement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de réaliser des prélèvements d’intérêt pour répondre à notre question scientifique, ou parce qu’ils ne pourront pas être réutilisés ou replacés en raison de leur modification génétique spécifique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les modèles in vitro et sur animaux invertébrés permettent l’obtention de méningiomes. Ces modèles ont toutefois des limites notamment leur inadéquation en pré-clinique pour des études thérapeutiques et l’impossibilité d’étudier la cellule d’origine des tumeurs. Le modèle animal mammifère est le seul moyen de déterminer avec précision la capacité de chaque population cellulaire méningée à initier ou promouvoir la formation des méningiomes en raison de l’existence de souris génétiquement modifiées générées spécifiquement pour étudier ces populations. La souris reste donc l’espèce la plus appropriée pour cette étude.
2. Réduction
Nous avons réduit le nombre d’animaux utilisés au maximum (900 animaux pour l’ensemble du projet) pour nous permettre de générer des données statistiques solides. Nous avons réduit le nombre d’animaux nécessaires pour obtenir nos animaux génétiquement modifiés d’intérêt au strict minimum et nous piloterons notre élevage de manière raisonnée de façon à ne produire que le nombre d’animaux strictement nécessaires pour nos lots expérimentaux. Afin d’assurer la fiabilité statistique et limiter le nombre d’animaux, nous avons estimé l’effectif sur la base de travaux antérieurs et nous analyserons les résultats obtenus à l’aide des tests statistiques appropriés.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur pour l’espèce. Ils bénéficieront d’une période d’acclimatation à leur arrivée avant toute entrée en procédure. Un enrichissement de leur environnement leur sera mis à disposition dans les cages (carré de coton pour nidifier et bâtonnet de bois à ronger au minimum). Ils seront observés quotidiennement et en cas d’anomalie celle-ci sera transmise à la structure chargée du bien-être animal, au vétérinaire et à notre équipe pour assurer une prise en charge adaptée de l’animal. Des points limites sont définis et seront respectés pour éviter toute souffrance animale. Les injections pour induire la mutation génétique seront limitées au strict nécessaire, et une vérification de la zone d’injection sera assurée avant chaque nouvelle injection. Nous privilégierons la voie d’administration induisant le moins d’effets secondaires possible dès que cela sera possible. Le prélèvement pour connaitre le patrimoine génétique des animaux sera de la plus petite taille possible. Il s’agit d’un geste rapide et parfaitement maitrisé réalisé dans un endroit calme et dédié. Les souriceaux sont replacés avec leur mère et le reste de la portée rapidement, puis une surveillance est assurée immédiatement et environ 30 minutes après pour vérifier l’absence de saignement et la bonne prise en charge par la mère. Un suivi spécifique sera réalisé pour les animaux présentant un phénotype induit attendu après injection, notamment une surveillance du poids hebdomadaire en cas de signes de difficultés motrices et une surveillance quotidienne de leurs capacités à s’alimenter et de la présence de signes de souffrance physique et d’inconfort (dépilation, poil ébouriffé).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle bien connu, son génome est connu et de nombreux outils sont disponibles pour le modifier, permettant ainsi d’introduire des mutations génétiques spécifiques pour la modélisation de pathologies humaines, il existe déjà des modèles de méningiomes chez la souris, l’existence de ces modèles de méningiomes déjà publiés sera un avantage crucial pour comparer les éventuels nouvelles manifestations cliniques obtenues dans ce projet avec les connaissances de référence sur les modèles murins déjà décrits. Les animaux seront utilisés de la naissance à l’âge de 12 mois en raison de la lenteur d’évolution et d’apparition des tumeurs. Le choix des moments d’activation de la mutation génétique se base sur la chronologie du développement de la méninge chez la souris et l’apparition des différentes populations cellulaires. Le prélèvement pour connaitre le patrimoine génétique des animaux s’effectuera à l’âge de 7 à 10 jours afin de profiter de la cicatrisation rapide observée chez les jeunes animaux et connaitre très tôt leur modification génétique.