
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/05/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-742779)
Dix gavages en quinze jours pour un même animal, cinq à six séances de contention et d’injection, puis la décapitation à la guillotine ou l’exsanguination : 585 souris et 690 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l’issue. Ils sont utilisés uniquement pour entraîner et requalifier le personnel d’une société de prestation en pharmacologie aux gestes qu’il pratiquera ensuite sur d’autres animaux. Le porteur explique qu’ils ne peuvent pas être réintégrés dans les autres projets parce qu’ils ne seront plus « naïfs ». Il précise former ses expérimentateurs sur tous les âges, nouveau-nés compris, les souriceaux et ratons de moins de dix jours étant décapités aux ciseaux après contention, sans qu’une anesthésie soit mentionnée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre société de service fournit des informations de pharmacologie fonctionnelle sur des molécules étudiées par des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques souhaitant développer des médicaments d’intérêt dans les syndromes et maladies du système nerveux central (SNC). A cette fin, nous utilisons des techniques d’électrophysiologie ex-vivo, i.e. en dehors d’un organisme entier, sur des tissus nerveux que nous gardons fonctionnels et vivants. Ces techniques permettent une analyse fonctionnelle et localisée de l’impact de la molécule à tester directement sur les zones d’intérêt du SNC. Les deux espèces que nous utilisons sont le rat (Rattus Novergicus) et la souris (Mus Musculus). Les animaux sont issus d’éleveurs professionnels dûment agréés. Nous recevons et hébergeons ces animaux. A chacune des étapes de nos autres projets, des connaissances et gestes techniques précis doivent être acquis et maitrisés. Aussi, à chaque nouveau recrutement et de façon régulière pour chaque salarié travaillant sur l’animal, en plus des formations règlementaires en expérimentation animale, nous entrainons, qualifions et requalifions le personnel à ces gestes sous la direction du responsable de formation en expérimentation animale. L’objectif de ce projet est de décrire le processus d’entrainement et de qualification des collaborateurs pour les techniques et manipulations utilisées lors de nos études sur les rongeurs au sein de notre société.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre projet permet de former nos collaborateurs à maitriser les techniques de manipulation des rongeurs pour nos études clients couvertes par d’autre DAPs. Ce projet permet ainsi de former au mieux les expérimentateurs de notre société pour qu’ils puissent préparer le mieux possible et avec un stress limité les animaux utilisé dans nos autre DAPs. Ce projet a pour but de former et qualifier notre personnel aux meilleurs gestes techniques de zootechnie pour assurer une diminution de leur stress et de celui de l’animal. Nous savons que cette maîtrise permet des résultats plus reproductibles et moins variables. Générant par conséquent un plus faible nombre d’animaux utilisés et en corollaire une meilleure étude des futurs candidats de nos clients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux de formation sont manipulés 5 à 6 fois sur 10 jours, soit tous les deux jours et une seule fois par séance pendant 5 minutes maximum. Ils peuvent ensuite être administrés pendant 10 jours, tous les deux jours soit 5/6 administrations une fois par séance pour les injections IP ou SC. Les trios d’animaux utilisés pour les formations au gavage subissent un gavage une fois par jour pendant 15 jours soit 10 injections. Les temps de mise à mort varient en fonction du moyen utilisé mais n’excèdent pas dix minutes sous anesthésie et analgésie quand cela est nécessaire. Pour les P10 < Rats et Souris < P10 : les animaux seront contentionnés par du personnel qualifié et formé puis décapités grâce à une paire de ciseaux adaptés, pour un temps de manipulation inférieur à la minute, Rats et Souris > P10 : les animaux seront anesthésiés par induction gazeuse puis décapités grâce à une guillotine adaptée, pour un temps de manipulation de maximum 7 minutes. Si les animaux sont mis à mort par exsanguination, la totalité de l’intervention est de 12 minutes et passe par une anesthésie gazeuse, puis une analgésie sous masque anesthésique, 5 minutes d’attente et enfin exsanguination. Pour un collègue formé : *- un animal subit le premier test de contention par un nouvel entrant ; *- 3 animaux peuvent subir 5 manipulations sur 10 jours et ensuite 5 injections IP ou SC sur 10 jours *- 3 animaux peuvent subir 10 injections par gavage pendant deux semaines *-3 animaux peuvent être mis à mort par exsanguination après anesthésie gazeuse
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure peut par : *-la manipulation régulière d’un animal, générer du stress ; *-l’injection régulière, provoquer des effets indésirables au site d’injection comme des inflammations, des infections, de blessure de l’œsophage ; *- la mise à mort par perfusion intracardiaque sous anesthésie gazeuse peut amener un stress premortem important ; *-une conséquence indirecte : un défaut de reconnaissance et de soin de la part des mères (rates) pour les individus manipulés entre 0 et 21 jours post naissance.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Par leur utilisation successive, ces animaux ne pourront plus être utilisés dans nos autres projets car ils ne seront plus « naïfs ». De plus, la maitrise de la fenêtre d’âge étant complétement aléatoire, dépendant de la vitesse de l’apprenant, nous ne pouvons les réintégrer dans nos autres projets. Ces animaux sont donc mise à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nos évaluations ou caractérisations, détaillées dans nos autres projets, nécessitent de pouvoir réaliser des observations sur des réseaux neuronaux natifs et connectés, « donc les plus physiologiques possibles ». Il n’est pas envisageable de réaliser sur l’Homme ces tests que nous proposons. Nous devrons, en effet, tester des molécules avec des effets potentiellement inconnus, en les administrant à un organisme vivant. De plus, nous utilisons des tissus fraichement prélevés, car il n’est pas possible, in silico, de reproduire la complexité de ces connexions et/ou la particularité d’un neurone spécialisé. Pour utiliser au mieux les animaux nous avons besoin d’une parfaite maitrise et connaissance des gestes techniques sur ces rongeurs. Aussi, nous formons, et ce de manière continue, notre personnel à ces savoirs.
2. Réduction
Grâce à notre expérience de formation, nous avons établi un processus qui nous permet d’utiliser le moins d’animaux possible et surtout de ne pas dédier des animaux uniquement à la formation en n’utilisant que des animaux anesthésiés, pour le test préliminaire et surnuméraires à nos autres projets pour toutes les autres formations.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe sociaux (3 souris adultes et 3 rats adultes/cage). Ils bénéficient d’enrichissement adaptés, de deux types différents par cage (système permettant la création de nid soit tunnel ou soit pièce de bois à ronger par exemple). Cet enrichissement est validé par le fournisseur ou le partenaire et l’information est conservée et partagée dans les documents de renseignement de la lignée. Ces démonstrations de contention ou d’administration seront réalisées par du personnel compétent et formé en respectant les recommandations vétérinaires. Les solutions injectées seront contrôlées pour s’assurer de leur innocuité. Les animaux seront surveillés deux fois par jour et pesés. Un contrôle de l’apparition d’infection ou d’inflammation sera effectué. Si un animal infecté apparait, il sera sorti temporairement de l’entrainement et le vétérinaire sera consulté pour un traitement adapté jusqu’à récupération.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La grande quantité d’informations scientifiques disponible sur le fonctionnement du système nerveux central des rongeurs, ajoutée à la maîtrise de leurs élevages, de leur génétique, de leur relative petite taille et au développement de technique d’enregistrements électrophysiologiques sur explants vivants font de ces espèces un modèle de choix pour l’évaluation pharmacologique de molécules au cours de nos autres projets. Notre expérience nous pousse à former nos expérimentateurs sur différents âges et espèces car ces derniers sont déterminés en fonction du type de test qui seront décider avec notre client. Nous pouvons travailler aussi bien avec des animaux nouveaux nés, juvéniles, adultes ou âgés en fonction des cibles fonctionnelles à observer et de l’évolution de la pathologie considérée (maladies neurodégénératives le plus souvent).