
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-758943)
Prévenir le surpoids des animaux de compagnie en valorisant un déchet de l’industrie oléicole : c’est la finalité annoncée pour laquelle 24 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère. Ils courent trente minutes par jour, cinq jours par semaine, pendant trois à cinq semaines, reçoivent vingt et une administrations orales d’extrait de feuilles d’olivier, subissent deux tests d’effort maximal que le porteur classe lui-même en gravité sévère, trois passages de quarante minutes en enceinte hermétique et une série de sept prélèvements sanguins rapprochés sous anesthésie. Le porteur note que les modèles de sédentarisation décrits dans la littérature « impactent le bien-être » des animaux non-humains, et propose le désentraînement physique comme protocole de substitution. Il décrit par ailleurs le rat comme un animal « doué et intelligent » pouvant être conditionné à l’activité physique, et retient cette espèce pour la taille de ses vaisseaux et la quantité de sang qu’elle permet de prélever.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En dehors d’une activité physique régulière et d’une régulation de la consommation alimentaire, l’utilisation de composés naturels à base de plantes a émergé comme une approche prometteuse pour la prévention du surpoids chez les animaux de compagnie. L’extrait de feuilles d’olivier (OE), considéré comme un déchet de l’industrie oléicole, contient une combinaison naturelle de composés très intéressante. Chaque composé pris indépendamment possèdent des propriétés bénéfiques pour la santé et limite la croissance du tissu adipeux. Ces effets bénéfiques ont été démontrés in vitro, in vivo chez l’animal et chez l’homme. Cependant les avantages de cette combinaison naturelle de composés dans l’OE n’est pas complètement explorée, en particulier au niveau vasculaire. En effet, ces composés pourraient avoir un effet bénéfique en agissant sur la vasomotricité vasculaire (capacité d’un vaisseau sanguin à se dilater et à se relâcher spontanément), dont le dysfonctionnement est fortement associé à des facteurs de risques tels que la sédentarité et le surpoids/obésité. Cercle vicieux, la sédentarisation, induite par la forte proximité avec l’humain, peut entraîner une prise de poids chez les animaux de compagnie et générer une dysfonction vasculaire. Les modèles de sédentarisation proposés dans la littérature chez les animaux impactent leur bien-être. Comme les mécanismes physiopathologiques de la sédentarisation s’apparentent aux mécanismes du désentraînement physique, nous souhaitons : 1 – valider un modèle de désentraînement physique chez le rat, permettant d’évaluer les altérations physiologiques qui apparaissent au niveau vasculaire, musculaire et inflammatoire. 2- si ce modèle est validé, évaluer la capacité de l’OE à limiter les altérations physiologiques du désentraînement en prévention primaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Tous les résultats obtenus au cours de cette procédure contribueront à une meilleure compréhension des mécanismes physiologiques au niveau vasculaire et musculaire lors d’un désentraînement physique. Ce désentraînement à un lien direct avec la sédentarité, facteur de risque du surpoids. Nous souhaitons également mieux comprendre l’impact d’une supplémentation en un extrait de feuille d’olivier riche en composés naturels sur ce modèle. À terme, l’objectif final serait de proposer une stratégie de prévention primaire reposant sur l’extrait d’olivier, suffisamment efficace pour réduire l’inflammation systémique et les altérations des vaisseaux sanguins afin de transposer cette stratégie chez d’autres animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les 24 rats subiront : – une supplémentation orale en vigile à l’aide d’une micropipette pendant 3 semaines (21 supplémentations), durée de la supplémentation : 1 minute. -un prélèvement de sang, à jeun, trois fois, à 3 puis 2 semaines d’intervalle sous anesthésie, d’une durée de 6 minutes. -un prélèvement de sang, à jeun, une fois avant la procédure terminale sous anesthésie, d’une durée de 6 minutes. -7 prélèvements de sang espacés de 5 fois 15 minutes et deux fois 30 minutes, une seule fois à l’âge de 11 semaines, sous anesthésie. – deux anesthésies espacées de 2 semaines pour réaliser une échographie, méthode non invasive d’imagerie vasculaire, d’une durée de 1 heure. – trois mesures de dépense énergétique dans une enceinte hermétique permettant de mesurer les échanges gazeux, tous les 15 jours, d’une durée de 40 minutes. – deux mesures de leur capacité maximale aérobie (VO2 max) à 6 et 11 semaines, d’une durée de maximum 20 minutes chacune. -une course quotidienne pendant 3 ou 5 semaines (en fonction des groupes) d’une durée de 30 minutes à une intensité modérée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au cours de cette procédure, plusieurs effets indésirables peuvent être notés. – le stress lié à la manipulation quotidienne : acte de gravité légère, tous les jours, pendant 5 semaines consécutives. – l’angoisse liée directement au temps d’endormissement lors de l’anesthésie de l’échographie : durée de 2 à 4 min d’intensité légère. – le stress lié à la contention lors de l’anesthésie pour permettre la réalisation des prélèvements sanguins à jeun : acte de gravité légère, 3 fois sur l’ensemble du projet aux âges de 7, 10 et 12 semaines, durée estimée de 6 minutes. – le stress lié à la contention et aux prélèvements sanguins sous anesthésie pour réaliser le test oral d’hyperglycémie provoquée : 7 prélèvements de sang de 0.2ml maximum espacés de 15 à 30 minutes et d’une durée de 1 minute chacun. Acte de gravité légère. – le stress lié à la mesure de la dépense énergétique de repos dans un milieu confiné : acte de gravité légère, durée maximale de 40 minutes. – le stress lié au test d’évaluation des capacités maximales du rat (VO2 max) : acte de gravité sévère, durée entre 5 et 20 minutes en fonction des capacités maximales des individus. Ce test est réalisé 2 fois dans le projet avec un repos de 4 semaines entre les tests. – le stress lié à la course journalière sur le tapis de course : acte de gravité modérée, durée 30 min par jour, 5 fois par semaine, pendant 3 à 5 semaines consécutives en fonction des groupes. -le stress lié à la contention pour l’anesthésie avant la mise à mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Nous devons travailler sur des prélèvements d’organes et c’est la raison pour laquelle, à l’issue de notre projet, tous les animaux sont mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
En amont de ce projet, nous réalisons des tests de toxicité in vitro, à la fois sur les molécules principales pures isolées contenues dans l’extrait et sur l’extrait pure d’OE, en utilisant des lignées cellulaires.Nous examinons également le potentiel effet anti-inflammatoire et anti-oxydant de cet extrait in vitro. Cette approche nous permet de prédire les effets toxiques en fonction des doses, et de déterminer l’extrait (OE) le plus efficace pour nos études intégratives.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux au maximum, le nombre de rats requis par groupe expérimental a été calculé, à l’aide d’outils statistiques dédiés. Nous arrivons à un nombre minimal de 8 rats par groupe pour détecter des différences significatives dans cette étude.
3. Raffinement
Nous mettrons en place plusieurs mesures visant à assurer le bien-être et à minimiser les dommages causés aux animaux. – La supplémentation orale est effectuée avec une nouvelle méthode qui ne contraint pas l’animal et sans sonde de gavage. – toutes les pertes de fluides au moment des prélèvements sanguins seront compensés. – Chaque acte réalisé sera récompensé par une friandise (solide ou liquide) afin d’associer la contrainte à une satisfaction. Cette récompense permettra également au rat de boire le glucose de manière spontanée au moment du test oral d’hyperglycémie provoquée. – Le test de capacité maximale aérobie (VO2 max) est toujours réalisé le vendredi pour que les animaux soient au repos pendant 2 jours avant de reprendre l’entraînement ou les manipulations le lundi suivant.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat est un animal doué et intelligent qui peut être conditionné à l’activité physique. Les mécanismes physiologiques du désentraînement seront explorés sur ce modèle. Le rat a été préféré au modèle souris pour la taille de ses vaisseaux, des muscles squelettiques et du cœur qui sont plus gros, ainsi que pour la quantité de sang nécessaire à nos dosages. Nous travaillons sur des rats jeunes en pleine croissance, qui prennent de la masse musculaire très vite d’autant plus qu’ils sont actifs. Autour de l’âge de 12 semaines, les rats « adolescents » sont globalement minces sauf s’ils deviennent inactifs. C’est cette phase « adolescente » qui nous intéresse dans nos projets où nous ciblons les populations jeunes chez qui il est possible de mettre en place de la prévention primaire.