
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-758961)
Soumises à des injections, des inhalations sous anesthésie et une trachéotomie en fin de protocole, 6 480 souris vont être utilisées dans des procédures classées en souffrance modérée, toutes tuées à l’issue. Selon le modèle d’allergie, elles subissent un choc anaphylactique provoqué, avec chute de température corporelle et diarrhées, un gonflement des oreilles ou une dermatite induite par patch. Ces vaccins à ARN visent à prévenir ou réduire des symptômes allergiques que le RNT présente comme sans traitement efficace à long terme aujourd’hui. Le bénéfice reste une perspective, quand les chocs et inflammations infligés aux souris sont, eux, programmés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La prévalence mondiale des pathologies allergiques est en perpétuelle augmentation à la fois dans les pays développés et en voie de développement. Par exemple, il est maintenant estimé qu’un tiers des français souffrent d’une ou plusieurs formes de pathologies allergiques, dont certaines peuvent s’avérer fatales (p.ex., certaines formes d’asthmes réfractaires aux corticoïdes ou encore des anaphylaxies induites par l’ingestion de fruits à coques). Il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement permettant de prévenir les allergies ou de réduire les symptômes allergiques de manière efficace et sur le long terme. La pandémie de Covid-19 a permis de mettre en lumière l’efficacité, la modularité selon la cible thérapeutique, et la production rapide de vaccins à ARN. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité de vaccins à ARN dans différents modèles d’allergies majeurs pour permettre de prévenir et de réduire les symptômes allergiques. Nous utiliserons des modèles d’asthme allergique, d’allergie alimentaire, d’anaphylaxie systémique et cutanée et de dermatite atopique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à développer de nouveaux traitements à visée anti-allergique permettant de réduire les limitations des traitements actuels qui sont principalement symptomatiques, avec moins d’effets secondaires, de prévenir le risque de complications graves comme l’anaphylaxie. Ces traitements possèdent des modes de production facilités et permettraient une réduction des coûts de santé.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque injection se fera sur animal vigile et sous contention (20 sec), alors que les inhalations et injections à l’oreille se feront sous anesthésie gazeuse (induction/perte de conscience : 2min ; inhalation ou injection : 30 sec). Des prélèvements sanguins seront réalisés sur animal sous anesthésie gazeuse au minimum 1 fois par semaine avec alternance des sites de prélèvement (joue droite puis joue gauche ; induction/perte de conscience : 2min ; prélèvement : 30 sec).. Une trachéotomie sera réalisée sous anesthésie générale après vérification de la profondeur de la narcose et suppression de tout réflexe (10-15min), par du personnel diplomé en « chirurgie de l’animal de laboratoire », en fin de procédure expérimentale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sur les animaux sont en premiers liés à la douleur des aiguilles et à l’inconfort induits par les injections des traitements qui sont de courte durée (5 secondes). Des nuisances supplémentaires peuvent-être associées selon les modèles d’allergies. Le modèle d’allergie alimentaire peut induire un stress lors du gavage des animaux (20 secondes). Il peut aussi provoquer des diarrhées, des douleurs abdominales, la baisse rapide de température corporelle lors de l’induction du choc anaphylactique. Le gonflement des oreilles lié à l’allergie cutanée (anaphylaxie cutanée) peut provoquer une douleur (non quantifiable en l’absence de réactions observables de l’animal). L’application de patch pour induire une dermatite atopique peut géner l’animal et provoquer des démangeaisons.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin des procédures, tous les animaux seront mis à mort, afin de réaliser des prélèvements de sang et d’organes pour analyser les cellules et les tissus, notamment grâce à des techniques permettant d’identifier les différents types de cellules et d’observer leur organisation au sein des tissus (comme la cytométrie en flux ou l’histologie).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien que des expériences in vitro avec des cellules humaines ou d’animaux sont réalisées au laboratoire, celles-ci ne permettent pas de reproduire toutes les intéractions d’un organisme complet. Les maladies allergiques sont des maladies multifactorielles complexes dans lesquelles plusieurs organes du corps jouent un rôle important (épithélium, organes lymphoïdes secondaires, système vasculaire…). Ce projet est multidisciplinaire et vise à démontrer l’efficacité de différents vaccins à ARN dans le développement de différentes maladies allergiques, dans des modèles murins mimant les pathologies humaines. C’est pourquoi, l’utilisation d’animaux est primordiale afin d’étudier les mécanismes mis en jeu dans les différents modèles allergiques.
2. Réduction
L’expérience du porteur du projet dans l’analyse de ces divers modèles de pathologies et la présence des données préliminaires nous permet d’anticiper et d’optimiser le nombre d’animaux à analyser dans chaque modèle. Nous utiliserons 4 animaux contrôle versus 4 animaux allergiques de même âge et sexe pour chaque expérience. Pour une procédure, chaque souris sera son propre contrôle permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés (une oreille traité vs. une oreille contrôle). Les expériences seront répétées 3 fois de manière indépendante afin d’assurer la validité de nos résultats. En fonction du type d’expérience, du nombre d’échantillons analysés et de la distribution des valeurs, le test statistique le plus approprié sera utilisé.
3. Raffinement
Dès leur arrivée dans la zone d’exploration fonctionnelle, les animaux seront hébergés dans des conditions définies par la directive européenne 2010/63/UE. Un enrichissement (frisures de papier (sizzlenest), igloos, ou bâtonnets en bois destinés au rongement…) sera introduit dans l’hébergement des animaux. Les animaux seront suivi quotidiennement par du personnel compétent afin de s’assurer de leur bien-être et de l’absence de point limite à savoir prostration, perte de poids, difficulté à se mouvoir, s’alimenter, boire, pilo-érection et/ou grimace, présence de blessure, … . Si un animal présentait un point limite, il serait immédiatement mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris représente le modèle animal le plus utilisé pour étudier les maladies humaines. En effet, l’élevage de souris est très productif et nécessite peu de place. Les connaissances et avancées technologiques actuelles permettent de disposer de nombreux modèles sophistiqués. D’ailleurs, la majorité des animaux transgéniques nécessaires à la réalisation de ce projet sont uniquement disponible chez la souris. Enfin, la physiologie des différents organes chez la souris présente de nombreuses similarités avec celle des organes humains, ce qui permet l’induction de modèles mimant les maladies humaines observées chez les patients. Pour la majorité des expériences, les animaux seront utilisés entre 7 et 12 semaines, car leur système immunitaire est suffisamment développé pour fonctionner de manière comparable à celui d’un adulte, ce qui permet d’obtenir des résultats fiables et pertinents.