
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-759600)
Former des étudiants de licence à la pharmacologie des psychotropes mobilise 1 500 souris sur cinq ans, 300 par année universitaire. Elles relèvent d’un niveau de souffrance léger à modéré et sont toutes tuées à l’issue, leur placement « n’étant pas envisagé à l’heure actuelle ». Chaque souris reçoit une administration par voie orale, sous-cutanée ou intrapéritonéale une fois par semaine, puis passe deux à trois heures en enceinte d’observation ou en test comportemental, jusqu’à huit fois dans l’année. Deux cents d’entre elles subissent en plus un test d’évaluation de l’humeur. L’analyse du comportement des souris ne serait, selon le porteur, pas remplaçable par des techniques de simulation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les laboratoires de recherche privés ou académiques comptent dans leurs rangs de nombreux techniciens qui interviennent directement dans la mise en oeuvre de projets scientifiques utilisant des animaux vivants. Ces projets ont pour but d’améliorer à la fois nos connaissances mais aussi la santé humaine ou animale. Le BUT Génie Biologique, parcours Biologie Médicale et Biotechnologies (BUT GB BMB) vise à former des techniciens supérieurs qui sont recrutés par les laboratoires. La formation porte en moyenne chaque année sur environ 200 étudiants (2nde et 3ème année de BUT Génie Biologique, parcours Biologie Médicale et Biotechnologies). L’objectif de ce projet est d’assurer les compétences des agents recrutés et de former au mieux les étudiants sur la base de travaux pratiques (TP) chez le rongeur dans le cadre de situations d’apprentissage et d’évaluation. Les étudiants seront formés à la pharmacologie des psychotropes via une analyse comportementale, en passant par l’apprentissage des techniques élémentaires d’administration et de mise en place d’un protocole d’études précliniques. 6 procédures expérimentales sont prévues, réalisées sur animaux vigiles suite à une administration voie intrapéritonéale, voie sous-cutanée ou orale. Du fait des requis pour la formation de techniciens en expérimentation animale, aucune méthode alternative non-animale n’est ici adaptée. L’espèce choisie est celle qui la plus utilisée dans les travaux de recherches fondamentales ou appliquées, à savoir la Souris. Le degré de gravité des procédures appliquées est léger à modérée, ces procédures n’utilisant que des souris vigiles auxquelles seront administrés les produits étudiés puis observées dans les différents tests réalisés. Le nombre d’animaux pour mener à bien ces objectifs est, par année universitaire, de 300 souris soit 1500 pour 5 ans. En conformité à la règle des 3R, le nombre d’animaux par TP est limité à la quantité minimale suffisante pour obtenir des données exploitables et analysables (compétences attendues de nos apprenants).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus de ce projet sont la montée en compétences de nos étudiants qui doivent acquérir les gestes expérimentaux basiques sur l’animal de laboratoire, expérimenter dans le cadre d’études pré-cliniques en évaluant l’effet des xénobiotiques en pharmacologie notamment sur l’animal de laboratoire et participer à l’évaluation de l’efficacité de nouvelles approches thérapeutiques (référentiel de compétences du BUT GB BMB publié en Juin 2023). Cela permet de former des étudiants à même de s’insérer professionnellement en tant que techniciens, assistants ingénieurs dans des structures utilisant les animaux de laboratoire dans leurs projets, notamment en recherche et développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour des pathologies humaines ou animales.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La principale intervention sur les animaux prévues est l’administration des molécules par voie intrapéritonéale (IP), sous-cutanée (SC) ou orale (PO) des molécules testées, ou du véhicule (sérum physiologique). Un animal est soumis une fois par semaine à une administration (IP, SC ou PO), administration rapide et maitrisée, puis mis dans une enceinte pour observation (procédures 1.2.3.) ou être soumis à des tests comportementaux (procédures 4.5.6) pour une durée maximale de deux à trois heures.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sont pour tous les animaux, une douleur légère lors des administrations de produits (injection de courte durée) et, pour 200 d’entre eux (sur la totalité du projet), un test d’évaluation de l’humeur sera en plus réalisé.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue des procédures les animaux sont mis à mort selon de façon appropriée, le replacement des souris n’est pas envisagé à l’heure actuelle.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les étudiants analysent le comportement de souris, ce qui n’est pas remplaçable par des techniques de simulation, ceci après avoir appris les gestes de préhension et administration de molécules tout d’abord de façon théorique à l’aide de films et démonstrations puis sur animaux.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au minimum par TP soit de 6 à 20 animaux selon les procédures (procédures 1 à 5, d’une durée de 2 heures, 6 à 10 animaux sont prévus par procédure, procédure 6, d’une durée de 3 heures, 20 animaux sont prévus). Chaque procédure est reproduite 40 fois (par an, avec 8 groupes de TP et 5 séances tournantes en parallèle) mais un animal ne subit une procédure que 8 fois (8 groupes TP, avec minimum une semaine entre chaque procédure),
3. Raffinement
Chaque poste de travail (une procédure pour un bi-trinome d’étudiants) est éloigné l’un de d’un autre. Avant manipulation, les animaux sont maintenus dans leur groupe (cage de stabulation) et y sont remis après celle-ci. Pendant la séance, les animaux sont différenciés par marquage sur la queue. Les cages sont enrichies par diverses objets. Chaque animal n’est utilisé qu’une fois par semaine et observé avant retour dans l’unité de stabulation. Une des procédures utilise l’administration d’une molécule par voie orale, si cela est possible elle se réalise selon la méthode MDA (Micropipette-guided Drug Administration). Si pendant et hors des procédures expérimentales, un point limite est atteint (attitude inhabituelle traduisant un mal être (prostration, agressivité); toute altération de l’état général (tumeur, excroissance, prolapsus); perte de poids > 20%), l’animal est isolé, surveillé et le cas échéant, mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Seule la Souris est utilisée pour ce projet afin de de permettre aux étudiants de se familiariser avec cette espèce la plus utilisée (plus des 2/3) en recherche fondamentale et appliquée, notamment dan sle cadre des études précliniques réglementaires en recherche et développement en industrie pharmaceutique. Les animaux utilisés sont des animaux jeunes (8 à 15 semaines) classiquement utilisés pour ces expérimentations.