Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Génétiquement modifiées pour développer un cancer de la glande surrénale, 504 souris sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue. La tumeur progresse d’une hyperplasie à deux mois jusqu’à un cancer invasif à six mois, avec des métastases pulmonaires chez une souris sur cinq. Le seul geste décrit sur animal vigile est un poinçonnage des oreilles, la souffrance venant surtout du développement tumoral lui-même. Le porteur compte sortir les animaux de l’étude à l’atteinte d’un point limite, seuil censé borner une souffrance déclarée sévère.

NTS-FR-773436v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
cancer de la surrénale, système immunitaire
Souris : 504

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cancer de la glande surrénale (CCS), organe situé au dessus de chaque rein, est un cancer agressif avec environ 35 % des patients présentant des métastases au diagnostic. Le mauvais pronostic du CCS peut être attribué au manque de thérapies efficaces. En effet, un traitement curatif n’existe que pour les patients de CCS à faible agressivité qui subissent une résection chirurgicale complète. Malgré des traitements lourds, les patients présentant une récidive ou une maladie métastatique, pour lesquels la chirurgie n’est pas une option, ont de faibles chances de survie à long terme (médiane à 14,8 mois). Le microenvironnement immunitaire tumoral (TME), qui correspond aux cellules du système immunitaire infiltrant la tumeur, joue un rôle crucial dans le développement du cancer et sa compréhension a abouti au développement de nombreuses immunothérapies qui ont révolutionnées le traitement du cancer. Des analyses préliminaires ont permis de mettre en évidence qu’une protéine est surexprimée dans les cancers de patients et que cette surexpression est associée à une diminution de la survie globale. De manière intéressante, il a été montré dans d’autres cancers que cette protéine est capable d’agir comme un point de contrôle immunitaire et d’altérer le TME. Ainsi ce projet vise à comprendre, dans ce cancer, le rôle exercé par cette protéine sur le microenvironnement immunitaire tumoral, prérequis nécessaire afin de proposer de nouvelles approches thérapeutiques permettant de contourner les résistances aux traitements actuels. Pour répondre à cette question nous allons comparer le TME dans un modèle murin de CCS exprimant la protéine d’intérêt, un modèle avec une délétion à l’état hétérozygote de cette dernière dans la surrénale et un modèle avec une délétion à l’état homozygote. Cette caractérisation sera réalisée à 3 stades de la maladie : hyperplasie massive (2 mois), larges adénomes (4 mois) et cancers invasifs associé à la présence de métastases pulmonaires chez 20% des souris (6 mois). Le microenvironnement immunitaire tumoral sera caractérisé par des approches de cytométrie en flux (technique de caractérisation individuelle, quantitative et qualitative, de cellules en suspension dans un liquide), d’immunohistochimie (technique visant à localiser une protéine donnée dans les cellules d’une coupe de tissu), et de biologie moléculaire (étude des acides ribonucléiques (ARN) et désoxyribonucléique (ADN)) dans la surrénale et les poumons.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le microenvironnement immunitaire tumoral joue un rôle crucial dans le développement du cancer et sa compréhension a abouti au développement de nombreuses immunothérapies qui ont révolutionnées le traitement du cancer. Des analyses préliminaires ont permis de mettre en évidence qu’une protéine est surexprimée dans les corticosurrénalomes de patients et que cette surexpression est associée à une diminution de la survie globale. De manière intéressante, il a été montré dans d’autres cancers que cette protéine est capable d’agir comme un point de contrôle immunitaire et d’altérer le microenvironnement immunitaire tumoral. Ainsi ce projet vise à comprendre, dans le corticosurrénalome, le rôle exercé par la protéine sur le microenvironnement immunitaire tumoral, prérequis nécessaire afin de proposer de nouvelles approches thérapeutiques permettant de contourner les résistances aux traitements actuels.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Poinçonnage des oreilles réalisé à l’âge de 28 jours sur la totalité des individus (animaux vigiles, durée de réalisation 1 min).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les modèles murins de corticosurrénalome avancé utilisés présentent un développement tumoral et éventuellement des métastases. Afin d’éviter les nuisances associées au développement tumoral, tous les animaux seront étroitement surveillés par du personnel qualifié et sortis de l’expérience lorsqu’un point limite sera atteint.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux ayant subi la procédure seront mis à mort à la fin de l’expérience pour la réalisation de différentes analyses permettant d’évaluer le rôle de notre protéine d’intérêt sur la composition du microenvironnement immunitaire tumoral du corticosurrénalome.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Notre étude porte sur le rôle d’un point de contrôle immunitaire dans la modulation du microenvironnement immunitaire tumoral (qui correspond aux cellules du système immunitaire infiltrant la tumeur), et in fine la progression du cancer. Malheureusement, il n’existe pas de méthode in vitro permettant de reconstituer le microenvironnement immunitaire tumoral et ses interactions avec la tumeur. L’utilisation de modèles animaux est la seule alternative possible à ce jour.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans l’optique de réduire le nombre d’individus par expérience, nous planifions systématiquement plusieurs analyses simultanées, de sorte que les deux glandes surrénales de chaque individu soient utilisées : par exemple l’une pour des expériences de cytométrie en flux (technique de caractérisation individuelle, quantitative et qualitative, de cellules en suspension dans un liquide) et l’autre pour des analyses d’immunohistochimie (technique visant à mettre en évidence et à localiser une protéine donnée dans les cellules d’une coupe de tissu). De même, le sang des animaux sacrifiés sera systématiquement recueilli afin de réaliser les analyses hormonales. Le nombre d’animaux par groupe correspond au minimum nécessaire pour une démonstration convaincante des principes scientifiques étudiés, sur la base d’arguments statistiques valides. En prenant en compte les variabilités biologiques intrinsèques aux individus, nous constituerons des groupes expérimentaux de 12 souris. Pour les analyses statistiques nous utiliserons des tests tels que Mann Whitney et Kruskal-Wallis.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront élevés dans un environnement contrôlé et enrichi. Durant la procédure, nous veillerons au bien-être des animaux par l’ajout de plaques de papier à ronger et de maisons en carton ou polycarbonate, de tunnels en plastique ou de billes en inox. Le choix de l’enrichissement sera réalisé en fonction de l’état général de l’animal, par exemple en cas de développement d’une tumeur importante l’ajout de plaques de papier à ronger ou de bâtons en bois sera choisi à la place de tunnels qui pourraient blesser l’animal. De plus, du coton sera ajouté dans les cages pour faciliter le maintien de la température corporelle. Les animaux seront hébergés par groupes de 3 à 6 individus (sauf indication contraire) pour permettre le maintien d’un bien-être social. Les animaux seront surveillés quotidiennement par du personnel qualifié, des points limites précis seront établis et les expériences seront arrêtées en conséquence.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les rongeurs sont les animaux couramment utilisés comme modèles de pathologies humaines, y compris dans le domaine de l’oncologie. Il existe en effet de nombreux modèles murins tumoraux mimant les cancers humains, incluant le cancer de la glande surrénale. La connaissance approfondie du génome et de l’expression des gènes chez la souris, ainsi que l’existence de nombreux animaux transgéniques en font un modèle de choix. Les modèles précliniques murins de cancer de la glande surrénale que nous utilisons reproduisent des altérations géniques observées chez les patients. Les souris développent progressivement des corticosurrénalomes, avec l’apparition d’une hyperplasie massive à 2 mois, suivie de larges adénomes à 4 mois puis de cancers invasifs à 6 mois, associés à la présence de métastases pulmonaires chez 20% des souris.