
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-776874)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’obésité dans le monde a presque triplé depuis 1975, pour atteindre plus de 650 millions de personnes obèses en 2016, selon l’OMS. L’obésité est alors considérée comme un fardeau de santé publique, pour lequel une variété de thérapeutiques, de procédures chirurgicales et de dispositifs médicaux sont actuellement à l’étude. Parmi ceux-ci, la sémaglutide a obtenu récemment une autorisation de mise sur le marché. La Sémaglutide présente une excellente efficacité mais certaines inquiétudes émergent car la perte de poids résultante de son utilisation provient à la fois d’une perte de masse grasse mais également d’une perte de masse musculaire. Cette dernière s’avère problématique chez l’obèse qui est déjà un sujet à risque de faiblesse musculaire. Le projet devra permettre de montrer l’impact d’un traitement chronique du candidat médicament donné seul ou en combinaison avec un composé de référence sur l’appétit, les dépenses énergétiques et, en conséquence, sur le poids corporel du modèle chez la souris rendue obèse par une alimentation enrichie en graisse. Dans le cadre des administrations combinées avec le composé de référence, l’objectif est d’observer un additivité des effets et, ainsi, une amélioration des effets de la combinaison comparativement au composé de référence seul, mais également de contrer les effets délétèrres de ce dernier sur la fonction musculaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement d’un composé anti-obésité visant l’humain. Alors que plusieurs molécules anti-obésité ont été autorisées ces vingt dernières années, un grand nombre d’entre elles se sont vues retirées du marché en raison d’effets secondaires graves. Seules 3 spécialités sont actuellement approuvées en Europe pour des traitements de longue durée du surpoids et de l’obésité, dont la sémaglutide qui est la plus efficace et la plus prescrite. Néanmoins, la sémaglutide présente un effet délétère sur la masse et la fonction musculaire lors d’administration chroniques. Le bénéfice attendu du présent projet est double car si les résultats sont concluants, le composé testé pourra venir compléter l’arsenal thérapeutique anti-obésité, en administration seule ou combinée avec la sémaglutide, et dans ce dernier cas, il pourrait en améliorer l’efficacité tout en contrant ses effets secondaires au niveau musculaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : 1) Hébergement individuel (max. 70 jours) ; 2) Injection quotidienne de traitements ou véhicule (max. 63; durée : env. 1 minute) ; 3) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (max. 22 mesures; durée : env. 1 minute) ; 4) Analyse non invasive de composition corporelle (3 mesures, durée de la mesure : 2 minutes) ; 5) Mise à jeun en présence d’eau (5 fois, durée : 4h à 6h) ; 6) Injection de glucose (1 fois, durée : env. 1minute); 7) Injection d’insuline (1 fois, durée : env. 1minutes); 8) Prélèvements sanguin à la queue (max. 14 prélèvements, durée du prélèvement : 2 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
De par leur caractère social, l’hébergement en cage individuelle constituera une nuisance d’isolement sur les animaux. Les animaux garderont toutefois un contact visuel et olfactif avec leurs congénères. Les mesures de poids corporel et autres manipulations ainsi que les mesures de composition corporelle et le placement en boîte de contention lors des prélèvements sanguins pourront être source de stress du fait d’une entrave aux mouvements de courte durée. Les traitements, ainsi que les prélèvements sanguins seront source de douleurs légères et de stress. La mise à jeun (de 6h ou de 4h) pourra induire une sensation de faim. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d’inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux seront mis à mort à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la composition corporelle, la prise alimentaire et les autres paramètres altérés dans le cadre des troubles métaboliques. Par ailleurs, bien que le composé testé ait fait l’objet de plusieurs études réalisées in vitro dans les premières phases de son développement, l’étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d’un dossier de demande de premières études sur l’homme (passage aux études cliniques).
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur le modèle de souris obèse et l’analyse des paramètres d’intérêt de l’étude. Ainsi, le nombre d’animaux par groupe a été rationalisé de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Par ailleurs, compte tenu du fait que l’étude se positionne à un stade précoce du développement du candidat médicament, cette dernière sera limitée à la souris mâle. La grande hétérogénéité du paramètre étudiés (notamment le poids corporel, la prise alimentaire et les dépenses énergétiques) entre mâle et femelle imposerait en effet de doubler les effectifs de chaque groupe pour étudier l’impact du composé sur les deux sexes. Dans la suite du développement du candidat médicament, et uniquement dans le cas où une efficacité aura été observée chez le mâle, une seconde étude sera menée chez la souris femelle afin de s’assurer de son efficacité sur les deux sexes.
3. Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. Les traitements seront administrés par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Les animaux seront hébergés en cage individuelle pour les besoins de l’étude mais les animaux conserveront des contacts olfactifs et visuels. Un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout d’igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les prélèvements sanguins prévus seront limités au volume minimum nécessaire aux dosages ultérieurs et une crème analgésiante sera appliquée sur la queue avant les prélèvements sanguins. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l’emploi d’analgésiques en cas de douleur avérée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris nourris avec une alimentation enrichie en graisses (60% de l’apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux réceptionnés seront âgés de 18 semaines correspondant au stade adulte. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par le composé testé, à savoir une population adulte et tient compte d’une période de préconditionnement de 11 semaines de régime enrichi en graisse réalisée chez notre fournisseur.