Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La compréhension des mécanismes impliqués dans le lupus et des atteintes fatales lui étant associées est essentielle pour permetre le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. Dans la très grande majorité des maladies auto-immunes et inflammatoires, il n’existe souvent aucun autre traitement possible que celui consistant à abaisser de manière générale l’ensemble des processus de la réponse immunitaire excessive. Les traitements actuels du lupus font généralement appel à des corticoïdes et immunosuppresseurs qui, s’ils s’avèrent souvent efficaces, engendrent aussi d’importants effets secondaires. Les solutions d’avenir s’orientent dès lors vers le développement d’autres familles de médicaments, plus spécifiques. Nos travaux nous amènent donc à utiliser des modèles pertinents, validés et robustes, de pathologies inflammatoires (mimant le lupus) dans le but d’identifier de nouveaux traitements. Les souris utilisées dans ce projet développent spontanément un lupus auto-immun et c’est un modèle reconnu pour l’étude de cette pathologie. La similarité entre la pathologie humaine et la pathologie retrouvée dans ce modèle est d’une grande importance pour mieux comprendre la maladie et développer des thérapeutiques qui seront alors transférables chez l’Homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet doit permettre de mieux comprendre les mécanismes cellulaires impliqués dans le développement du lupus. Le modèle NZB/W (et NZW/B) reproduit un grand nombre de manifestations observées chez les patients atteints de lupus, dont l’atteinte rénale et la production d’autoanticorps. Ainsi nos résultats pourraient apporter de nouvelles pistes thérapeutiques pour les patients, à moyen/long terme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à des prélèvements sanguins sous anesthésie (1 à 7 prélèvements qui dureront au maximun 3-4 minutes chacun). Ils recevront des injections de molécules sur animal vigile, dans l’abdomen à raison de deux injections par semaine pendant un maximum de 10 semaines (soit 2 à 20 injections qui dureront moins d’une minute chacune). Des prélèvements (rate, ganglions, reins) seront effectués sur les animaux en fin de procédure après mise à mort. La protéinurie sera mesurée sur un prélèvement d’urine toutes les semaines (10 à 30 prélèvements qui dureront moins d’une minute chacun), pour l’évaluation de l’atteinte rénale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les souris étudiées dans ce projet développent une maladie proche du lupus humain, qui peut causer une perte d’appétit et donc une perte de poids et une insuffissance rénale matérialisée par une augmentation de la protéinurie mesurable à l’aide de bandelettes urinaires. Les prélèvements sanguins peuvent potentiellement générer une anémie (paleur des muqueuses), ainsi qu’une plaie éventuelle au site de prélèvement. L’administration de molécules pourra occasionner localement un inconfort transitoire. Une réaction inflammatoire locale courte et de faible amplitude pourrait avoir lieu et causer une souffrance limitée (démangeaisons, rougeur).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure en vue de récupérer les organes afin d’analyser les effets des molécules candidates sur la réponse immunitaire

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le lupus est une maladie auto-immune qui affecte plusieurs organes dont les reins, les articulations et les organes lymphoïdes et l’objectif de notre projet est de caractériser l’ensemble des mécanismes cellulaires et moléculaires qui interagissent et conduisent à la pathologie lupique. Pour ces études, il n’existe pas d’autre système que le modèle animal pour reproduire la complexité de la physiopathologie du lupus. De plus, pour étudier le potentiel thérapeutique d’une nouvelle stratégie c’est-à-dire pour étudier ses éventuels bénéfices à plusieurs niveaux (signes cliniques, état général…) le recours à un organisme animal est nécessaire

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre total de souris utilisées dans ce projet a été réduit au minimum nécessaire et suffisant pour obtenir des résultats statistiquement interprétables et reproductibles. Il est prévu de réaliser chaque expérimentation 4 fois afin de s’assurer que les effets observés soient constants et reproductibles d’une expérimentation à l’autre. Pour chaque condition testée, 3 animaux seront inclus par expérimentations pour atteindre au plus 12 souris par groupe. Si dès la troisième répétition d’expérience (effectif de 9 animaux) des effets sont mis en évidence par les tests statistiques alors nous ne réaliserons pas la quatrième répétition, ce qui réduira le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés par groupes dans des cages enrichies avec l’ajout de tunnels, de nids en frisure de carton et de bâtons à ronger en bois. Les animaux seront surveillés et manipulés par des personnes compétentes et formées au bien-être animal. Quotidiennement, leur état général sera surveillé afin de déterminer l’éventuelle présence de signes de stress ou de souffrance (attitude prostrée, dos voûté, démarche anormale, …). En cas d’atteinte d’un des points limites l’arrêt anticipé de l’expérimentation sera alors décidé. Les sites d’injection seront surveillés pour l’apparition de rougeurs/démangeaisons/manifestations de gêne/infections. Si des signes de douleur sont visibles, la surveillance de leur évolution sera accrue et selon leur gravité et l’avancée dans la procédure expérimentale, en concertation avec les responsables, les animaux pourront être soustraits de la procédure. Les prélèvements de sang seront réalisés sous anesthésie générale pour limiter le stress des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris présentent un génome très proche de l’homme (79% identique). Le modèle murin de lupus présente des signes cliniques similaires à ceux observés dans la pathologie humaine (atteinte rénale et production d’auto-anticorps caractéristiques du lupus). Comme dans le lupus humain, les symptômes se développent principalement chez les souris femelles, avec un sex ratio similaire à l’Homme (9/10). C’est pourquoi nous n’utilisons que des femelles. Pour les souris lupiques utilisées, nous formons 3 groupes correspondants aux stades de développement de la maladie : stade précoce (11-13 semaines correspondant à des souris n’ayant déclaré aucun symptome), stade intermédiaire (20-25 semaines, développant les premiers symptômes de la maladie) et stade avancé (à partir de 30-35 semaines présentant une atteinte rénale). Cela nous permet d’étudier la maladie à différents stades de son développement et de disposer à un temps donné de suffisamment d’animaux pour nous permettre de mener à bien nos expériences avec un nombre d’individus adéquat pour obtenir un résultat fiable et statistique. Les souris des lignées parentales seront utilisées à l’âge adulte (à partir de 8 semaines) pour réaliser les croisements.