
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-782879)
7 680 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures classées d’un niveau de souffrance léger. On leur provoque une dermatite atopique, un psoriasis ou une dermatite de contact par des agents chimiques ou biologiques, ce qui déclenche démangeaisons intenses, rougeurs et lésions cutanées, puis on leur administre des composés par gavage. Le projet, mené par une entreprise pharmaceutique, sert à sélectionner des candidats médicaments issus d’un criblage sur cellules. Le porteur qualifie d' »indispensable » le recours aux modèles animaux pour avoir une vue globale de la maladie et de la diffusion des composés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies inflammatoires cutanées chroniques dont les plus fréquentes sont la dermatite atopique (DA) et le psoriasis (Pso) touchent entre 10 et 20% d’enfants en France et entre 2-3% de la population française, respectivement. Ces maladies se manifestent en poussées qui se caractérisent par des démangeaisons persistantes intenses, des rougeurs et des lésions cutanées récurrentes pouvant aller jusqu’à des surinfections impactant directement la qualité de vie des patients. Les origines de ces maladies restent complexes et multifactorielles (immunologiques, génétiques, environnementaux, infection bactérienne). D’autre part La dermatite de contact (DC) est une inflammation de la peau provoquée par le contact direct avec des irritants ou des allergènes. Les symptômes comprennent un prurit et parfois une douleur à type de brûlure. Les modifications cutanées comprennent un érythème, une desquamation, un gonflement de la peau et parfois des bulles et des ulcérations. Les traitements pour ces dermatites reposent sur des émollients et corticoïdes en application topique, des anti histaminergiques ainsi que la Puvathérapie. Cependant, ces traitements ne permettent pas de stopper la maladie mais de soulager les symptômes. D’où l’intérêt actuel de se focaliser sur de nouvelles thérapies avec le développement d’anticorps monoclonaux et de petites molécules inhibitrices. Galapagos a mis au point plusieurs tests in vitro permettant d’induire différentes voies de signalisation dans des cellules humaines ou murines. Grâce à la miniaturisation, nous avons pu mener plusieurs campagnes de criblage à haut débit qui ont permis d’identifier des molécules chimiques ou des cibles biologiques capables de bloquer ces voies de signalisation in vitro. Ces molécules vont être optimisées dans le but d’en faire des médicaments. Dans le cadre de ce projet, les candidats-médicaments qui auront montré un potentiel significatif d’inhibition des voies de signalisation ciblées dans les différentes pathologies seront retenus pour être évalués in vivo sur des modèles animaux. Ce programme de découverte de médicaments sera mené avec plusieurs séries chimiques agissant via des modes d’action moléculaires différents, mais tous pertinents dans l’objectif de diminuer les symptômes des différentes pathologies d’intérêt. Des combinaisons entre ces modes d’actions seront envisagées au cours de ce programme et testées sur les modèles animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A terme, ce projet permettra de de tester et développer de nouvelles approches thérapeutiques innovantes ayant le potentiel d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans ce projet, nous utiliserons des modèles de dermatite atopique, psoriasis et de dermatite de contact chez la souris afin de tester l’efficacité de nos composés. Ces modèles seront induits par des agents chimiques et/ou molécules biologiques en injection intradermique ou en application topique. Les composés seront administrés par gavage. Un prélévement sanguin sera également éffectué pour suivre la pharmacocinétique des composés testés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux developperont les signes cliniques des du psoriasis et de la dematites atopique et dermatite de contacte qui se caractérisent par des démangeaisons persistantes intenses, des rougeurs et des lésions cutanées récurrentes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux dans les procédures recevront une sédation préalable par inhalation d’isoflurane et seront mis à mort avec la méthode adaptées à l’espèce. Le réalisateur s’assurera de la mort effective de l’animal avant l’élimination du cadavre. Les tissus seront collectés pour analyse de l’impacte de nos composés sur la physiopathologie de la maladie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de modèles animaux est indispensable pour comprendre les mécanismes pathogéniques, identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, tester l’efficacité et la toxicité de thérapies anti-inflammatoires et immunomodulatrices innovantes. L’ensemble de nos molécules ont préalablement été testées et validées in vitro. L’utilisation de modèles animals est indispensable pour avoir une vue globale de la physiopathologie de la maladie ainsi que la pharmacocinétique des composées sur l’ensemble des organes ce que ne permet pas les modèles in vitro.
2. Réduction
Nous utilisons des modèles établis dans la littérature que nous utilisons en routine dans notre établissement utilisateur depuis 5 ans. Une analyse statistique rétrospective a permis de calculer le nombre nécessaire et suffisant d’animaux par groupe. Afin de générer des résultats reproductibles et de limiter la variabilité intergroupe au seul effet du paramètre testé, nous veillerons à travailler sur des groupes les plus homogènes possibles au moment de leur inclusion dans l’étude.
3. Raffinement
Afin de réduire le stress, une acclimatation d’au moins 5 jours sera réalisée avant l’entrée en étude et leur environnement sera enrichi avec des aspens, igloos, et feuilles de cellulose à déchirer ou du sizzle-dry. Afin de pallier l’inconfort lié aux procédures, un programme d’anesthésie sera envisagé par inhalation d’isoflurane (induction 4%, maintien 2%). De la buprénorphine à 0,01-0,2 mg/kg/8h en sous cutanée sera utilisée en cas de signes de douleur. Afin de limiter au maximum la souffrance et l’angoisse infligées aux animaux, une surveillance journalière et des points limites précoces et spécifiques aux modèles ont été établis conduisant à l’arrêt temporaire des traitements ou au sacrifice anticipé de l’animal
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces animales utilisées dans le cadre de ces recherches sont la souris et le rat. Les différents modèles seront mis au point, sur la base de la littérature existante et en s’appuyant sur l’expertise du fournisseur. Nous avons souhaité nous appuyer sur de la bibliographie solide et sur des modèles déjà bien documentés afin d’éviter l’utilisation d’un nombre excessif d’animaux pour les mises au point. En accord avec la littérature pour les différents modèles, les animaux seront utilisés au stade adulte afin d’évaluer les composés à visée anti-inflammatoire, sur un système immunitaire mature