
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-781816)
11 000 rongeurs, des souris et des rats, vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Chez une partie, des fibroses du poumon, du foie, du rein ou de la peau sont provoquées de façon accélérée, et tous reçoivent des composés par voie orale, intra-péritonéale, sous-cutanée ou intraveineuse une à deux fois par jour pendant six à huit semaines, avec prélèvements sanguins et chirurgies. Le projet teste des molécules anti-fibrose en vue de leur développement clinique et de leur « mise sur le marché ». Le porteur affirme qu’il est « indispensable » de recourir à des modèles animaux reproduisant la pathologie humaine, que les tests sur cellules ne remplacent pas.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
A ce jour, aucun médicament utilisé dans le traitement de la fibrose n’a permis de reverser et/ou stopper complètement une fibrose établie sur le plan histologique ou clinique. Le but des expérimentations mises en place est de développer des molécules pouvant ralentir et/ou stopper le développement de la fibrose dans nos modèles expérimentaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A ce jour, aucun médicament utilisé dans le traitement de la fibrose chez l’homme n’a permis de reverser et/ou stopper complètement une fibrose établie sur le plan histologique ou clinique. Toute fibrose confondue représente 45% des décès dans les pays développés. Le but des expérimentations mises en place est de développer des molécules pouvant ralentir et/ou stopper le développement de la fibrose dans nos modèles expérimentaux. Les différentes procédures utilisées dans ce projet vont nous permettre d’avoir une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans le développement des différentes fibroses. Elles vont également nous permettre, en support du travail réalisé in vitro, la recherche et la validation de nouvelles cibles thérapeutiques pour le traitement de la fibrose. De plus ces procédures nous permettront, une fois une cible identifiée, de développer de petites molécules permettant de reverser et/ou stopper le développement de la fibrose et aussi d’évaluer des combinaisons thérapeutiques afin d’augmenter l’efficacité ou de limiter les effets non désirables de certains composés prometteurs pour le traitement de la fibrose. L’ensemble de ces travaux a pour but d’avancer au maximum le développement préclinique de traitement anti-fibrotique en vue de leur développement clinique et leur mise sur le marché.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les gestes techniques réalisés sur animaux se pratiquent sur rats et souris, vigiles ou anesthésiés. – Sur animaux vigiles : o Identification individuelle (oreille, queue, patte). Tous les animaux de ce projet sont concernés par au moins un type d’identification. o Administration de composés par voies orale, intrapéritonéale, sous-cutanée, intraveineuse. Ces gestes concernent la totalité des animaux de ce projet. Les administrations par voies orale, péritonéale et sous-cutanée peuvent être réalisées une à deux fois par jour, pendant 6 à 8 semaines. Les administrations par voie intraveineuse peuvent être réalisées une à deux fois par semaine, pendant 6 à 8 semaines. -Sur animaux anesthésiés par voie gazeuse ou par voie systémique : oAdministration par voie oropharyngée. Acte unique. oAdministration par voie sous-cutanée. Acte réalisé au maximum 5 fois par semaine, pendant 4 semaines. oPrélèvements sanguins intermédiaires au maximum 4 fois par animal ou terminaux. Ils sont réalisés en respectant les recommandations en termes de volumes et temps de récupération. Tous les animaux de ce projet sont concernés. oMises à mort par une méthode règlementaire ou une méthode validée par un comité d’éthique. Tous les animaux de ce projet sont concernés. oChirurgie (acte unique). Un protocole d’analgésie pré- et post-opératoire s’applique dans ces cas.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Quatre procédures décrivent des modèles de fibroses (pulmonaire, hépatique, rénale et dermique) qui, par conséquent, recréées de façon accélérée le développement de ces pathologies. Ces modèles sont bien caractérisés dans nos laboratoires et n’engendrent pas d’effets indésirables autres que ceux liés aux modèles eux-mêmes. Nous ne nous attendons pas à avoir d’effets indésirables dans nos modèles lorsque nous évaluons des composés car ils ont pour but de guérir la fibrose et ont, en amont de nos modèles, démontré une efficacité dans nos tests in vitro. Ils sont également passés dans des études de pharmacocinétique vitro puis vivo durant lesquels les composés qui auraient montré des effets indésirables sont écartés. Toutefois en cas d’éventuels signes cliniques observés, le traitement serait suspendu ou adapté. Sans amélioration, les animaux seraient mis à mort. Des points limites sont définis pour chaque procédure afin d’anticiper les actions à mettre en œuvre et de préserver leur bien-être.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort des animaux à l’issue des procédures est indispensable afin de pouvoir prélever le sang et les organes et réaliser les analyses permettant de répondre aux objectifs du projet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour tester l’activité in vivo des composés issus du screening cellulaire in vitro, il est indispensable de recourir à l’utilisation de modèles animaux reproduisant le plus possible la pathologie humaine, qui intègrent toute la complexité des réactions physiologiques (interactions intercellulaires, inter-organes, inflammations…). Tous les modèles utilisés sont très bien décrits dans la littérature scientifique et ont été validés avec des composés qui ont montré leur efficacité chez l’homme dans des études cliniques. Le processus de screening des composés est réalisé sur des tests cellulaires ou non-cellulaires in vitro. Ces tests permettent de réduire le nombre de composés à tester chez l’animal mais ne permettent malheureusement pas de se passer des modèles animaux.
2. Réduction
La sélection des composés est faite en utilisant des tests cellulaires ou non cellulaires in vitro. Seules les molécules présentant une activité sur les tests in-vitro et ayant des caractéristiques pharmacocinétiques adéquates seront testées sur les animaux. Ce système permet de réduire considérablement le nombre de molécules testées chez l’animal et donc le nombre d’animaux utilisés. Seuls les modèles animaux, bien décrits et validés par la communauté scientifique sont réalisés. En règle générale, 8 à 12 animaux sont utilisés par groupe (1 groupe par composé à tester incluant le véhicule du composé). Une analyse de variance à 1 ou 2 facteur(s) suivi d’un test de Dunnett comparant le véhicule avec le composé à tester permettent de mesurer si l’effet du composé est significatif. L’étude est répétée une deuxième fois pour évaluer la reproductibilité du test.
3. Raffinement
Toutes les dispositions nécessaires en matière d’hébergement, d’enrichissement, d’observation et de soins aux animaux sont prises afin d’assurer les meilleures conditions de vie aux animaux. Ils sont observés tous les jours et leur état clinique est évalué au minimum deux fois par semaine. Les conditions de chaque procédure expérimentale sont étudiées individuellement par la Structure Chargée du Bien-Être Animal (SBEA) qui émet ses recommandations en matière de prévention de la douleur, souffrance et détresse des animaux. Les animaux affaiblis sont maintenus dans des conditions aménagées facilitant l’accès à l’aliment et à l’eau de boisson (par exemple ajout d’eau gélifiée).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
En pharmacocinétique, la souris puis le rat sont les espèces standards dans les premières phases de recherche et développement de nouveaux candidats médicaments. Le rat est choisi pour les molécules les plus intéressantes, afin de commencer la comparaison pharmacocinétique inter espèce, ainsi que de préparer les études de toxicologie futures. En pharmacologie, la souris est l’espèce recommandée et largement utilisée pour les premières étapes de la recherche. Elle permet de réduire les quantités de composés nécessaires à l’évaluation de leur efficacité. Les souris génétiquement modifiées permettent de valider de façon plus spécifique certains mécanismes d’action. Les modèles de fibrose ainsi que les études de pharmacocinétique sont réalisés avec des animaux juvéniles à adultes qui permettent une bonne évaluation de leur efficacité et la détermination de l’exposition des composés.