
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-800822)
Tuées pour qu’on prélève leurs tumeurs et le maximum de sang possible, afin de constituer une banque de sérum censée éviter des expériences ultérieures, 96 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des cellules de mélanome humain leur sont greffées sur animal vigile, la contention durant de trente secondes à une minute, puis les tumeurs sont mesurées régulièrement au pied à coulisse et les animaux pesés chaque semaine. L’objet est de vérifier si la perte d’expression d’un gène surexprimé dans le mélanome ralentit ou arrête la croissance tumorale. Le porteur précise avoir choisi des souris au système immunitaire en partie défaillant, greffées à sept semaines parce qu’à cet âge la prise tumorale est optimale.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le but de ce projet est d’étudier l’imapct de la perte d’expression d’un gène, dont l’expression est élevée dans un cancer de la peau, le mélanome, sur la croissance tumorale. Dans un modèle de xénogreffe de cellules cancéreuses (mélanome) humaines l’expression de ce gène sera très fortement diminuée et le suivi de la croissance tumorale permettra de mettre en évidence si la perte d’expression de ce gène induit une diminution, voire un arrêt de la croissance tumorale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à montrer l’impact de la perte d’expression d’un gène sur la croissance tumorale (mélanome). Cela permettra de valider alors le potentiel comme cible thérapeutique de ce gènes, le but étant de proposer ensuite de nouvelles thérapies curatives contre les mélanomes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Greffes de cellules tumorales d’origine humaine en début de procédure, sur souris vigile. La contention pourra durer de 30 secondes à une minute et pourra générer un peu de stress chez l’animal. Les souris seront pesées régulièrement, nécessitant le transfert de la souris sur la balance et le retour dans la cage (15 secondes par souris). Les tumeurs seront mesurées régulièrement à l’aide d’un pied à coulisse électronique. Cela va nécessiter le maintien de la souris afin d’effectuer les mesures (environ 30 secondes par souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux pourront ressentir un stress modéré lors de la manipulation (greffe de cellules tumorales, pesée hebdomadaire, observation). Les animaux pourront ressentir de la douleur lors de la greffe de cellules tumorales humaines. Risque de plaie ou d’infection au point d’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issu de la procédure tous les animaux seront mis à mort car il faut (1) prélever les tumeurs et (2) prélever un maximum de sang afin de pouvoir obtenir un maximum de sérum (pour pouvoir réaliser des dosages si besoin sur de nombreux marqueurs sériques) et créer ainsi une banque de sérum qui nous évitera de devoir procéder à de nombreuses expériences sur l’animal. Tout cela n’est donc pas compatible avec le maintien en vie de l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nos études visent à mettre en évidence des cibles potentielles pour lutter contre le Cancer. Malgré une forte expertise dans les méthodes de criblages cellulaires, d’analyse des bases de données afin d’identifier les gènes impliqués, et une forte connaissance des outils de modification cellulaire et de validation in vitro, la validation de potentielles cibles thérapeutiques chez l’Homme nécessite le passage par des modèles plus complexes comme les modèles murins. Toutefois tout est mis en place pour limiter au maximum le nombre d’animaux nécessaire pour nos études.
2. Réduction
Pour ce protocole un nombre minimal d’animaux sera utilisé. Après une procédure nécessaire de mise au point des conditions expérimentales (qui servira ultérieurement pour d’autres études) la seconde procédure visera à étudier l’impact de la perte d’expression du gène d’intérêt sur la croissance tumorale de cellules de mélanome. Un logiciel statistique permet de calculer le nombre exact d’animaux nécessaire pour que des statistiques puissent être validés et permettre ainsi de ne pas devoir répéter les expériences inutilement.
3. Raffinement
Dès leur arrivée dans l’animalerie, à l’âge de 6 semaines, les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation et d’habituation aux expérimentateurs de 7 jours. Les animaux seront pesés une fois par semaine, et observés à la fois par le personnel animalier (une fois par semaine lors du change) et les expérimentateurs (une à deux fois par semaine, hors geste expérimental) dans le cadre du suivi de l’état général des souris. Une liste précise permettant de scorer les signes éventuels de souffrance sera alors utilisée afin d’évaluer si les animaux présentent des signes de souffrance ou d’atteinte d’un point limite qui entrainerait leur mise à mort. Les animaux seront hébergés en groupe de 3 à 5 souris.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons le modèle murin car c’est un modèle classiquement utilisé dans les études de cancérologie, de par son homologie avec le génôme humain. De façon plus spécifique ici les souris possèdent un système immunitaire en partie défaillant. Cela facilite alors la prise de greffes de cellules tumorales d’origine humaine. Les animaux seront utilisés à un stade jeune adulte avec une arrivée à l’animalerie à 6 semaines et une greffe de cellules à 7 semaines. A ce stade de développment la prise tumorale est optimale. Avec des souris plus âgées le pourcentage de prise tumorale serait moindre.