
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-04-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-880668)
Capturés au piège à patte ou par fléchette anesthésiante tirée au fusil à CO2, cinq loups gris au maximum sont manipulés sous anesthésie générale pendant quarante-cinq minutes environ, équipés d’un collier GPS, mesurés, pesés, marqués par perforation des deux oreilles, puis relâchés. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré et les cinq animaux repartent dans le milieu naturel. Le porteur énumère ce que la capture peut occasionner, plaie au membre entravé, tendinopathie, hématomes, lésions de la cavité buccale, automutilation, plus rarement luxation ou fracture des os longs, sans exclure la myopathie de capture ni les accidents d’anesthésie. Suivis vingt-quatre mois, ces loups pourront recevoir jusqu’à six tirs d’effarouchement traumatiques, c’est-à-dire douloureux, lors de trois tentatives de prédation sur des troupeaux d’élevage, le projet visant à mesurer si la douleur s’apprend et se transmet à la meute.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La gestion du conflit entre les activités d’élevage et le loup gris en France s’appuie très largement sur les tirs létaux. Cependant, de nombreux travaux de recherche menés sur la question pointent l’intérêt des interventions non-létales (conditionnements aversifs, effarouchement, animaux de protection) comme alternatives, dont les effets positifs pour la protection des troupeaux seraient plus durables. Dans ce contexte, ce projet vise à évaluer une méthode d’effarouchement non létale mais douloureuse, le tir d’effarouchement traumatique (TEFT), afin de pouvoir proposer une alternative à la destruction de loups, a fortiori dans les espaces protégés. Ce projet repose sur l’étude comportementale du loup en action de déprédation et sa réponse dans le temps à un stimulus traumatisant. Jusqu’à cinq animaux seront utilisés. L’objectif sera d’évaluer : • La capacité d’apprentissage par association des loups exposés à ce type de traumatisme en documentant notamment l’effet des TEFT sur les comportements immédiats et post traumatiques des loups (présence/absence de déprédation, utilisation de l’espace), la durée de l’apprentissage (combien d’expositions au traumatisme pour enregistrer une sensibilisation) et sa persistance dans le temps. • La part de l’apprentissage social dans la diminution du risque de prédation attendue : est-ce qu’un loup qui a été exposé au traumatisme transmet sa peur aux autres membres de la meute et aux générations suivantes ?
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a vocation à faire avancer les connaissances sur la protection des troupeaux d’animaux d’élevage vis-à-vis des grands prédateurs en apportant des données précises sur l’effet d’une mesure d’effarouchement prometteuse mais encore peu documentée : le tir d’effarouchement traumatique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Jusqu’à cinq loups seront capturés avec des pièges à patte ou par téléanesthésie (flèche projetée par un fusil alimenté au CO2). Ils seront manipulés sous anesthésie générale. Sur une bâche de manipulation, ils seront équipés d’un collier GPS puis un ensemble de mesures biométriques (poids, mensuration) et un frottis buccal (génétique) seront effectués avant d’être relâché. Un marquage auriculaire sera réalisé par perforation sur chaque oreille à l’aide d’une pince et d’une étiquette en plastique. L’ensemble des manipulations est réalisé en 45 minutes environ (de l’anesthésie générale au relâché). Après leur relâcher, les déplacements des animaux seront suivis pendant 24 mois. Ils pourront être soumis à des tirs d’effarouchement lors de trois tentatives de déprédation sur des animaux d’élevage, chacune étant espacée d’une semaine. Chaque tentative de déprédation pourra donner lieu à un voire deux tirs d’effarouchement consécutifs, soit un total maximal de six tirs par individu.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La capture peut occasionner : – Stress : altération de la mobilité de l’animal pendant la phase de réveil, et du comportement spatial jusqu’à deux semaines suivant la capture. – Changements hiérarchiques au sein de la meute. – Troubles locomoteurs légers en réponse à un stress musculaire. – Blessures superficielles : en cas de traction sur le piège / morsure du câble ; plaie au niveau du membre entravé, tendinopathie, hématomes, lésions de la cavité buccale, limage des griffes, voire automutilation. – Blessures sévères : dans de rares cas ; boiterie du membre entravé, luxation des articulations, fractures des os longs. – Myopathie de capture : ce risque ne peut être exclu dès qu’une contention / anesthésie a lieu. – Risque de mortalité : très faible ; sur les 29 loups capturés par l’équipe de recherche de l’université de Sassari (partenaire) avec le même protocole, aucun cas de mortalité n’a été rapporté. Il existe des effets indésirables potentiels de l’anesthésie chez un loup sauvage : hypoventilation, hypotension, anomalies du rythme cardiaque, perturbations de la température corporelle, troubles ioniques, nausées, vomissements, hypovolémie, ulcères cornéens ; arrêt cardio-respiratoire dans de très rares cas. Le tir d’effarouchement peut occasionner une altération temporaire du comportement, des douleurs locales, une altération temporaire de la mobilité, des, blessures superficielles). Il existe aussi un risque très faible, suite à un tir mal dirigé, de traumatismes plus sérieux (fracture ou une blessure interne).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont relâchés dans le milieu naturel immédiatement après leur manipulation.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’y a pas d’alternative satisfaisante aujourd’hui au suivi in-situ des grands prédateurs. Les études écologiques et comportementales impliquant le suivi de ces espèces sont essentielles pour comprendre leurs interactions avec les activités pastorales et tenter de réduire les dommages causés par la prédation, le principal enjeu pour la conservation des grands carnivores en Europe. Ces données sont nécessaires pour appréhender la réaction des loups aux moyens de protection et aux mesures d’effarouchement et comprendre les mécanismes comportementaux sous-jacents. Cependant, les données apportées par ce type de suivi pourront permettre d’ouvrir la voie à la modélisation informatique de l’utilisation de l’espace par les loups et de leurs choix de prédation, ce qui pourrait autoriser à l’avenir un remplacement des suivis en nature pour répondre à certaines questions (caractérisation des facteurs orientant la prédation sur animaux domestiques).
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce suivi de plusieurs loups par bio-logging en milieu de montagne bénéficie à de nombreux partenaires scientifiques en France et en Europe. En effet, les données sur l’écologie spatiale du loup seront mises à disposition dans le cadre de réseaux internationaux de partage de données. L’effort particulier consenti par l’équipe du projet à la réutilisation des données est de nature à réduire la nécessité de multiplier ce genre de suivi à long terme et donc de réduire in-fine le nombre d’animaux utilisés par la communauté scientifique dans sa globalité. Les données collectées lors de notre projet, uniques en France, seront combinées à celles d’autres projets européens (dans des contextes d’élevage différents) impliquant des captures de loups et s’intéressant aux mêmes questions. Une collaboration internationale est déjà établie dans ce sens. De plus, ce projet permettra de tirer des préconisations de protocole de tirs à effet traumatisant (TEFT) et des prédictions sur le comportement des loups face aux TEFT, puis d’envisager des méthodes indirectes pour tester ces prédictions par la suite dans différents contextes, afin d’évaluer la généralisation potentielle des résultats.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1/ La capture : – Choix minutieux des sites de captures en priorisant la sécurité de l’animal – Ajout de ressorts et d’articulations (pivots) à la longe qui retiendra l’animal afin de garantir un bon niveau d’absorption des forces de traction et de torsion limitant ainsi efficacement les risques de blessures. – Ajout de bourrelets en tissus sur le lacet coulant pour permettre la circulation sanguine dans la patte malgré le serrage (pour les pièges à lacet). – Système d’alertes de déclenchement sur les pièges permettant une intervention rapide (< 30 minutes en véhicule) en cas de capture. 2/ La manipulation : - Prévention des myopathies par injection de sélénium. - Anesthésie générale pour minimiser le stress et le risque de blessure - Manipulation rapide (chronométrée), dans le calme et sans bavardage - Réalisation d'un frottis plutôt que d'une prise de sang pour le génotypage. - Suivi des constantes physiologiques durant l’anesthésie (rythme cardiaque, fréquence respiratoire, température corporelle, dilatation des pupilles) par un responsable désigné de la surveillance de l’état de l’animal. - Monitoring instrumental : mesure de la saturation périphérique en oxygène à l’aide d’un oxymètre de pouls, validation de la fréquence cardiaque par analyse du pouls. - Suivi du comportement et des points limites pendant toute la procédure par le responsable désigné - Écourtement ou arrêt de la manipulation lors de l’atteinte d’un point limite - Transport immédiat vers un centre de soin si blessure grave (fracture, luxation) lors de la capture - A chaque étape, un vétérinaire présent au titre du soin accompagne l’équipe de capture. Si une douleur est identifiée, il pourra mettre en place une analgésie : Meloxicam (0,1mg/kg IM) si douleur modérée (plaie peu profonde, contusion) / butorphanol (0,2 à 0,4 mg/kg IV ou IM) ou morphine (0,05 à 0,3 mg/kg IV ou IM) +ou- kétamine (1mg/kg IV ou IM) si douleur marquée (fracture, luxation, plaie profonde). 3/ Suites de la capture : - Pendant les semaines suivantes, l’animal est localisé, voire observé, afin de recueillir des informations sur l’effet de la capture. - Dans un souci continu d’amélioration de nos pratiques, nous réaliserons des bilans post-capture (2 par an) qui produisent des recommandations pour les captures futures. Ces bilans seront discutés avec d’autres équipes pratiquant des captures de loups et au sein de la structure bien-être animal de l’EU. Des bilans post-effarouchement seront aussi réalisés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le loup gris est le principal prédateur responsable des dommages aux troupeaux d’élevage en Europe et est l’espèce cible de ce projet. De fortes tensions se cristallisent autour de la problématique de cohabitation du loup et de l’élevage. S’agissant d’une espèce protégée par la convention de Berne et d’une clé de voûte pour le fonctionnement des écosystèmes, sa destruction ne représente pas une solution satisfaisante. La nécessité de trouver des solutions implique de comprendre au mieux le fonctionnement écologique du loup au sein du système pastoral et les équipements technologiques embarqués permettent d’aller plus loin dans cet objectif de compréhension. Cette espèce présente également les populations qui se portent le mieux parmi les grands prédateurs européens. Sa capture est considérée comme moins préjudiciable pour son état de conservation. Ainsi, le loup représente le modèle le plus logique pour étudier les moyens de protection des animaux d’élevage face aux grands prédateurs. D’après les retours d’expérience des projets européens portant sur le loup, les individus subadultes et adultes d’au moins 23 kilogrammes sont jugés comme suffisamment développés pour pouvoir supporter l’équipement d’un collier GPS. L’étude se base donc sur le critère de masse supérieur ou égal à 23 kg.