Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Une partie des 768 rats utilisés est génétiquement hypertendue, retenue pour éviter d’avoir à provoquer l’hypertension par un produit chimique. Tous sont tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère : un gavage oro-gastrique par jour pendant trois semaines, six prélèvements sanguins par incision de la queue lors des tests de tolérance au glucose, quatre jours en cage métabolique isolée, jusqu’à vingt minutes de contention par mesure de pression artérielle. Le porteur reconnaît que la répétition des gavages peut irriter ou léser l’œsophage et que l’isolement, jusqu’à dix-neuf semaines, induit du stress, tout en qualifiant les cages métaboliques d' »indispensables ». L’enjeu déclaré est de confirmer chez le rat des effets de protéines agroalimentaires déjà observés in vitro, et la mise à mort sert à prélever le plasma, la muqueuse intestinale, le cœur, les reins, le foie et les poumons.

NTS-FR-804060v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système gastrointestinal ·
Mots-clés
Homéostasie énergétique, Régulation hypertension, Homéostasie glucidique, Proteines alimentaires
Rats : 768

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

Les objectifs de ce projet sont : – D’étudier l’effet des protéines issues de l’agro-alimentaire (différentes sources : végétales, animales, poissons) sur le métabolisme énergétique, le métabolisme glucidique intestinal (effet des protéines seules ou couplées à un inhibiteur de l’absorption du glucose), la prise alimentaire, la sécrétion de certaines hormones impliquées dans le métabolisme énergétique ainsi que certains marqueurs de l’oxydation. – De comprendre les mécanismes impliqués dans la digestion des protéines en relation avec la régulation de la prise alimentaire. – D’étudier l’effet des protéines issues de l’agro-alimentaire (différentes sources : végétales, animales, poissons) sur la tension artérielle ainsi que sur le dosage de certaines enzymes impliquées dans l’hypertension artérielle.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

Les bénéfices attendus sont une confirmation des résultats déjà obtenus in vitro. Cela démontrerait l’effet bénéfique des protéines alimentaires sur la santé, plus particulièrement dans la prévention contre le diabète de type 2, l’hypertension et l’obésité et donc de prévenir ces pathologies en utilisant une alimentation adaptée voire personnalisée.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

– La mesure de l’effet des protéines sur la régulation de la glycémie est réalisée en donnant les protéines (avec ou sans inhibiteur de l’absorption du glucose), puis 30 min après, du glucose par gavage oro-gastrique à l’aide d’une sonde de gavage. Pendant cette procédure, des prélèvements sanguins sont réalisé sur animaux vigiles au niveau de la queue avant (à min) et après 15, 30, 60 et 90 et 120 min après avoir donné le glucose (soit 6 prélèvements). – Des prélèvements sanguins sont réalisé sur animaux vigiles au niveau de la queue avant et après gavage oro-gastrique de protéines afin de mesurer les niveaux plasmatiques de certaines hormones intervenant dans la régulation de la prise alimentaire (0 ; 30 et 60 min après ingestion des protéines, soit 3 prélèvements), de la tension artérielle (0 min et 4 h après ingestion des protéines, soit 2 prélèvements). – La mesure de la prise alimentaire en utilisant des cages métaboliques pendant 4 jours maximum (un jour d’acclimatation et 3 jours de test avec un gavage oro-gastrique par jour). Les cages métaboliques permettent la mesure en continue de la prise alimentaire, de la prise de boisson et de la dépense énergétique. – Afin de mesurer l’effets des protéines sur la régulation de la prise alimentaire sur du long-terme, les animaux reçoivent les protéines 1 fois par jour par gavage oro-gastrique pendant 3 semaines. – La mesure de la pression artérielle est mesurée de la même façon que chez l’Homme. Pour cela, les animaux sont placés dans des cages de contentions pour limiter leurs mouvements et la mesure est réalisée au niveau de la queue du rat. Cinq mesures de la pression artérielle est prises avant gavage et après gavage (2,4 et 6h). Les animaux sont replacés dans leur cage d’hébergement après chaque mesure. – Afin de mesurer l’effets des protéines sur la régulation de la pression artérielle sur du long-terme, les animaux reçoivent les protéines 1 fois par jour par gavage oro-gastrique pendant 3 semaines. En fin d’expérimentation, les animaux reçoivent les protéines par gavage oro-gastrique et sont mise à mort après anesthésie gazeuse.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024).

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

– L’incision de la queue lors des prélèvements de sang entraîne une douleur légère de courte durée et sans réitération au cours de la procédure de test oral de tolérance au glucose, il est donc préférable à l’utilisation répétée de l’aiguille pour le prélèvement dans la queue. – L’isolement des animaux sur le long terme (19 semaines maximum), ainsi que la contention répétée pour les prélèvements de sang (moins de 5 minutes par prélèvement de sang), pour la pression artérielle (20 minutes par mesure de la pression artérielle) ou pour les gavages (moins de 5 minutes) induit de l’inconfort et du stress chez les animaux mais il est nécessaire à l’obtention d’une réponse individuelle. – Le gavage oro-gastrique en tant que tel n’entraîne pas de douleur mais la répétition des gavages peut entraîner des lésions ou une irritation au niveau de l’œsophage, en particulier dans les procédures où les animaux reçoivent un gavage journalier pendant 3 semaines. – L’utilisation des cages métaboliques ou l’animal est isolé pour la mesure de la prise alimentaire, de boisson et la dépense énergétique sur 4 jours induit un stress chez l’animal car il change de pièce sur plusieurs jours, avec un accès à la nourriture différent (mangeoire plus petite et suspendue pouvant entraîner une difficulté pour se nourrir). L’utilisation de ces cages est cependant indispensable pour la mise en évidence d’un effet individuel sur la prise alimentaire. – La mesure de la pression artérielle n’entraîne pas de douleur mais peut entraîner une gêne de courte durée (le temps de la mesure) au niveau de la queue car plusieurs mesures sont réalisées pour chaque temps (0 ;2 ;4 et 6h, donc 4 mesures espacées sur la même journée). – En fonction des protéines, il est possible que le gavage atteigne le volume maximal pouvant être donné aux animaux, ce qui est un inconfort supplémentaire pour l’animal de courte durée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

A la fin de chaque procédure, les animaux sont mis à mort afin de récupérer le plasma pour des dosages hormonaux en lien avec la régulation de la prise alimentaire, l’oxydation ou en lien avec la régulation de l’hypertension artérielle. De plus, certains tissus tels que la muqueuse intestinale pour les modifications dans l’expression des gènes induites par les protéines, le cœur, les reins, le foie, les poumons afin de mesurer les marqueurs de l’hypertension artérielle, seront prélevés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

L’objectif de cette expérimentation est de tester l’effet hypoglycémiant, satiétogène, antioxydant et antihypertenseur de protéines agro-alimentaires d’origines variables. Pour cela, des rats seront gavés avec ces différentes protéines et les effets observés seront comparés aux effets chez des rats gavés par une solution sans protéine (eau ou solution isocalorique). Un test in vitro sur une lignée intestinale et des tests biochimiques sont utilisés au laboratoire en parallèle afin de minimiser l’utilisation des animaux mais ces tests, basés sur un dosage hormonal ou enzymatique, ne permettent pas de mettre en évidence l’effet des protéines sur la prise alimentaire. De plus, ces tests in vitro ne permettent pas de prendre en compte le système complexe du corps (interactions intestin-cerveau- pour la régulation de la prise alimentaire, interactions reins-poumons-cœur pour la régulation de la tension artérielle) A cette étape l’utilisation des animaux est indispensable.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Des études in vitro au laboratoire ont préalablement été réalisées afin de sélectionner les protéines à tester, ce qui permet de réduire le nombre de groupe par étude et donc le nombre d’animaux. Le principe de réduction a été appliqué et le nombre réduit à 8 animaux par groupe, ce qui est un minimum pour les analyses statistiques, compte tenu des possibilités de problème individuel de croissance sur les animaux. Les animaux peuvent recevoir différentes protéines pour une même procédure après un temps de repos suffisant. Ce qui permet de réduire le nombre d’animaux utilisés mais également de sélectionner les protéines ou les doses données. Enfin, après mise à mort, le plasma et les organes collectés sont divisés et placés dans différents tubes pour réaliser différents tests sur un même individu. De cette façon, le nombre d’animaux est également réduit.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

Dans la mesure du possible, les animaux sont automatiquement placés par deux dans les cages d’hébergement afin d’éviter le stress d’isolement de l’animal. Pour les procédures de mesure de la prise alimentaire en cages métaboliques et de prise alimentaire sur le long terme, les animaux sont placés individuellement par cage dès leur arrivée afin de diminuer le stress d’isolement avant le début de l’expérimentation. Cependant, les cages sont placées de telle sorte que les animaux arrivent à se voir entre eux (pas de cage isolée sur le portoir). De plus, toutes les cages contiennent de l’enrichissement (tunnel rouge, litière mais également des rondins de bois pour les animaux qui ne sont pas dans les procédures de prise alimentaire). Afin de diminuer le stress induit par les différentes procédures, les animaux sont entraînés avant le début des expérimentations, au gavage, aux cages métaboliques, à la contention, à la mesure de la pression artérielle. De plus, le choix de travailler sur des animaux génétiquement hypertendus pour mesurer l’effet des protéines sur la pression artérielle, permet de ne pas induire l’hypertension chimiquement, ce qui entre dans le principe de raffinement. Tous les animaux mais en particulier les animaux hypertendus sont surveillés tous les jours et après chaque gavage (dans l’heure qui suit le gavage mais surtout 24h après le gavage). Les périodes de mise à jeun des animaux sont toujours réalisées dans la période de repos (lumières allumées) des animaux lorsque les animaux mangent peu. Ceci permet de diminuer le stress que la privation de nourriture peut engendrer.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

Le choix du rat est lié à l’abondance de bibliographie sur de telles études mais ce modèle est également préféré à la souris compte tenu du volume de sang pouvant être prélevé, permettant de doser toutes les hormones d’intérêt et de réduire le nombre d’animaux. Des rats mâles sont choisis plutôt que des femelles afin de limiter les effets des cycles hormonaux. Le modèle de rats hypertendus a été sélectionné car il permet d’étudier l’effet des protéines sur un modèle hypertendu sans induction chimique de l’hypertension. Des rats âgés de 12 semaines seront utilisés dans le protocole. A ce stade les rats sont adultes et leur poids est stabilisé. Le facteur croissance n’impactera pas la prise alimentaire. Des rats hypertendus âgés de 16 semaines seront utilisés dans le protocole. A ce stade, ces rats seront tous hypertendus au début de l’expérimentation.