Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

240 souris femelles vont être utilisées, chacune subissant deux fois la même chirurgie d’ouverture du dos pour aller prélever les ovocytes dans l’oviducte, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Deux injections hormonales de superovulation précèdent chaque collecte, et toutes sont tuées après la seconde, le porteur indiquant qu’elles ne peuvent plus être réutilisées ailleurs. L’objectif déclaré est de diviser par deux le nombre de donneuses en les opérant deux fois plutôt qu’une, ce que le porteur présente comme une amélioration de leur bien-être. Le calcul d’effectif s’appuie sur des groupes de 6 femelles, sans que le passage à 240 animaux soit expliqué.

NTS-FR-815470v1
Types de recherche
· Bien-être animal · Maintien des lignées génétiquement modifiées · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Fertilisation in vitro, FIV, superovulation, donneuse
Souris : 240

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La fécondation in vitro (FIV) est une méthode couramment utilisée pour la création et reproduction assistée de souris génétiquement modifiés. Elle permet aussi de conserver certaines lignées précieuses dans le temps. Cette technique comprend plusieurs étapes : des femelles donneuses d’ovocytes sont traitées avec des hormones pour stimuler la production d’ovules, qui sont ensuite prélevés par une petite intervention chirurgicale. Les spermatozoïdes sont récupérés chez des mâles donneurs. Ovules et spermatozoïdes sont ensuite mis en contact dans un milieu adapté pour permettre la fécondation. En parallèle, des femelles dites « porteuses » sont préparées pour accueillir les embryons : elles sont accouplées avec des mâles stériles pour déclencher les signaux hormonaux nécessaires à la gestation. Les embryons obtenus par FIV sont ensuite transférés dans leur utérus. Contrairement à l’élevage naturel où les mâles et les femelles peuvent produire plusieurs portées au cours de leur vie reproductive, les souris utilisées pour la FIV subissent des interventions chirurgicales et ne sont donc utilisées qu’une seule fois et mises au mort dans le cadre du processus. Par conséquent, la FIV nécessite un nombre plus important de souris reproductrices que l’élevage naturel pour obtenir un nombre équivalent de petits. En plus des enjeux éthiques, cette consommation élevée d’animaux a aussi un impact écologique notable, lié au transport depuis le fournisseur, à l’hébergement et à l’élimination des carcasses. L’objectif de ce projet est de développer un protocole permettant de réutiliser les femelles donneuses une seconde fois, afin de diviser par deux le nombre de donneuses nécessaire, sans compromettre leur bien-être.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

En cas de succès, cette preuve de concept pourrait permettre de réduire significativement le nombre de femelles nécessaires aux fécondations in vitro, tout en préservant leur bien-être. En parallèle, cette amélioration contribuerait également à diminuer l’empreinte carbone de l’activité, renforçant ainsi une démarche plus éthique et respectueuse de l’environnement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Injections hormonales pour stimuler la production des ovocytes : Deux injections sont administrées à un et trois jours avant la collecte des ovocytes. Il s’agit de procédures rapides et peu douloureuses. Chirurgie pour la collecte des ovocytes : Les ovocytes sont récupérés lors d’une intervention chirurgicale sous anesthésie. Une petite incision est faite sur le dos de l’animal pour accéder aux ovaires, puis une ouverture minime dans l’oviducte permet d’extraire les ovocytes. Cette intervention, similaire à celle réalisée pour l’implantation d’embryons, est une procédure bien maîtrisée qui dure entre 7 et 10 minutes. Chaque femelle donneuse subira cette intervention deux fois au total dans le cadre du projet. Injections d’antalgique : Chaque souris recevra une à deux doses d’antalgique au moment de la chirurgie, afin de prévenir et réduire toute douleur. Il s’agit d’une procédure courte et peu douloureuse.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’injection d’hormones peut provoquer une légère douleur au point d’insertion de l’aiguille. Cependant, ces hormones sont largement utilisées pour ce type de procédure et sont bien tolérées, sans effets secondaires connus. Les interventions chirurgicales, bien que courtes et maîtrisées, peuvent entrainer un certain stress, des douleurs post-opératoires ou des complications liées à l’anesthésie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux sont mis à mort selon les méthodes réglementaires à la fin de la procédure, c’est-à-dire après la seconde collecte d’ovocytes. Cette étape est nécessaire car les animaux ne peuvent pas être réutilisés dans une autre procédure.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La FIV est une technique indispensable pour créer des souris génétiquement modifiées, conserver des lignées ou aider à la reproduction. Elle constitue un outil technique, et non une expérience scientifique, ce qui rend son remplacement par des méthodes sans animaux impossible à ce jour. Ce projet vise donc à en réduire autant que possible l’usage des animaux, en optimisant les procédures pour limiter leur nombre.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet constitue une étude pilote visant à évaluer la faisabilité d’un protocole de collecte d’ovocytes. Le nombre d’animaux a été déterminé en tenant compte du taux d’échec attendu de la superovulation, qui varie selon l’âge des femelles : environ 30 % chez les jeunes et 20 % chez les plus âgées. De plus, le nombre d’ovocytes collectés diminue avec l’âge (en moyenne 60 chez les jeunes femelles contre 30 chez les plus âgées). Sur cette base, un groupe de 6 femelles a été sélectionné, ce qui permet d’obtenir un nombre d’embryons suffisant pour évaluer la faisabilité du protocole et comparer les résultats aux données de performance déjà disponibles. Ce nombre est jugé adéquat pour répondre aux objectifs scientifiques tout en limitant l’utilisation d’animaux. Les interventions seront réalisées par un premier chirurgien, chaque série pouvant être répétée une fois si les résultats initiaux ne sont pas suffisamment concluants. Pour garantir des données robustes et reproductibles, un second chirurgien effectuera les procédures indépendamment.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les chirurgies sont réalisées sous anesthésie et les animaux sont gardés sur un tapis chauffant pour éviter toute perte de chaleur. Un traitement antalgique est administré afin de réduire les douleurs après l’intervention. Les animaux font l’objet d’une surveillance renforcée pendant les 24h suivant la chirurgie. Des points limites stricts et spécifiques au projet ont été mis en place et seront respectés afin de permettre la prise en charge de tout cas clinique et d’éviter toute souffrance inutile. Pour faciliter leur récupération, une alimentation adaptée (sous forme de gel ou de croquettes déposées au fond de la cage pour un accès plus facile) pourra être mise à disposition. Les animaux bénéficient également d’un enrichissement de leur cage et sont hébergés en groupe, ce qui favorise leur bien-être.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris sont l’espèce la plus couramment utilisée en expérimentation animale à des fins scientifiques, en raison de leur disponibilité, de leur biologie bien connue, et de leur pertinence pour de nombreux domaines de recherche. Ce projet a pour objectif d’améliorer un protocole de FIV actuellement utilisé dans plusieurs laboratoires, afin de réduire le nombre d’animaux nécessaires. Le projet concerne des femelles donneuses d’ovocytes, utilisées principalement à deux stades de développement : entre 4 et 5 semaines, et entre 8 et 18 semaines. Ces périodes ont été sélectionnées car leurs caractéristiques reproductives sont bien documentées. Les femelles âgées de >5 à 8 semaines ne peuvent pas être utilisées, car elles montrent une résistance à la stimulation hormonale, rendant la superovulation inefficace à ce stade.