
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-05-07 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-824140)
92 souris immunodéficientes vont être utilisées et toutes tuées, 87 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, cinq opérées sous anesthésie sans jamais se réveiller. 77 subissent une greffe de cellules tumorales prostatiques dans l’appareil génital, 58 une injection de moelle osseuse dans le sinus derrière l’œil suivie un mois plus tard d’un prélèvement de sang sous la mâchoire, 24 une exposition à un cocktail antigène-adjuvant par la même voie oculaire. Le porteur décrit des douleurs possibles au site d’implantation en fin de protocole, des métastases osseuses, pulmonaires et intestinales d’intensité variable, et une infection opportuniste qui tuerait l’animal en quelques jours. L’objectif immédiat reste de mettre au point un modèle, l’espoir d’expliquer la résistance des tumeurs de prostate à l’immunothérapie venant après.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’immunothérapie présente des résultats très mitigés dans le cadre du cancer de la prostate. Mieux comprendre pourquoi les tumeurs de prostates sont aussi résistantes à cet axe thérapeutique représente un enjeu important. Ainsi, le premier objectif de ce projet vise à développer un modèle permettant de mieux comprendre les interactions entre la tumeur et l’infiltrat immunitaire. Dans ce modèle, les cellules prostatiques et immunitaires seront isolées à partir d’un même individu et manipuler en culture de cellule. Ceci permettra l’amplification des cellules et réaliser l’édition du génome sans avoir recours à des animaux supplémentaires. Les cellules, une fois obtenues, seront greffées de manière séquentielle sur une souris réceptrice immunodéficiente. Le second objectif, une fois le modèle en place, correspond à l’analyse de la réponse anti-tumorale par le conditionnement immunitaire via l’exposition de ce dernier à des « néo-antigènes » tumoraux (protéines ayant subi des modifications par suite de multiples mutations présentes dans la tumeur permettant de les distinguer des protéines « naturelles » de l’hôte). Ce projet a pour ambition de mieux comprendre la réponse immunitaire à l’exposition à ces « néo-antigènes » tumoraux et identifier des mécanismes permettant de contourner les mécanismes mise en place par les tumeurs pour échapper à l’immunosurveillance.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices attendus du projet sont la mise au point d’un nouveau modèle d’étude du micro-environnement immunitaire des tumeurs prostatiques. Ce modèle permettra à terme de s’affranchir de l’utilisation de modèles transgéniques qui nécessite de nombreux croisements pour obtenir les génotypes d’intérêt et par conséquent des colonies d’animaux importante. Grâce à ce modèle, pratiquement toutes les souris implantées serviront de modèles d’étude. Quelques souris seront utilisées pour permettre l’amplification des cellules de moelle. Au final, ce projet devrait permettre d’établir un modèle pertinent pour comprendre pourquoi les tumeurs de prostate répondent mal à l’immunothérapie et trouver des stratégies alternatives pour contourner cette résistance.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
77 animaux seront soumis à une intervention chirurgicale visant à réaliser la greffe orthotopique des cellules d’intérêt qui dure environ 15 minutes (procédure de mise en anesthésie + geste opératoire + réveil). 58 animaux seront soumis à une implantation de moelle qui sera réalisée, sous anesthésie gazeuse, par voie intraveineuse dans le sinus retro-orbitaire d’une durée de 3 minutes. Un mois post implantation, ces mêmes animaux subiront un prélèvement sanguin par voie sous mandibulaire d’une durée de 1 minute pour l’analyse des cellules circulantes et assurer la prise de la greffe. 24 animaux seront exposés à un cocktail antigène/adjuvant, sous anesthésie gazeuse, par voie intraveineuse dans le sinus retro-orbitaire d’une durée de 3 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’implantation de cellules tumorales au long court sur une souris porte-greffe peut entrainer, de manière occasionnelle, certaines douleurs: 1) au niveau du tractus génital (site d’implantation), douleurs qui peuvent être chroniques ou passagères mais de basse intensité et uniquement lorsque le volume de la tumeur atteint une taille critique en fin de protocole 2) formation de métastases au niveau d’organes distants (os, poumons, intestin) ces douleurs ont une intensité variable et très dépendant de l’état de dissémination, également apparition sur la fin du protocole. 3) altération du statut sanitaire de l’animal par une infection opportuniste, c’est un évènement extrêmement rare compte tenu des conditions d’hébergement. Conduit à la mort de l’animal en quelques jours. 4) possible inflammation de la zone de chirurgie ou grattage au cours de la cicatrisation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Mise à mort pour prélèvement d’échantillons pour les analyses histologiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une étude sur les propriétés des cellules tumorales prostatiques sera réalisé, en amont, pour déterminer les paramètres « agressif » et « invasif » de chaque modèles cellulaires. Ces analyses seront complétées par des co-cultures de cellules immunitaires et cellules tumorales en système en 3 dimensions permettant d’appréhender les modalités d’interaction entre chaque type cellulaire. L’ensemble de ces travaux ont pour but de limiter le recours au modèle animal pour répondre à des questions biologiques ciblées (croissance tumorale, vitesse de prolifération, activité immuno-suppresive etc.). Néanmoins, ces modèles cellulaires possèdent certaines limites qui ne permettent pas de reproduire dans son intégralité la complexité du développement d’une tumeur dans un organisme mammifère, ce qui justifie donc de compléter cette étude par les expérimentations conduites in vivo proposées dans ce projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette même étude pourrait-être conduite sur des modèles de souris transgéniques, en lieu et place de greffes sur un modèle receveur. Dans cette hypothèse le nombre d’animaux générés nécessiterait des colonies de souris conséquentes pour l’obtention des invidus d’intérêt (environ 5 à 10% seulement des souris produites seraient utilisées pour l’étude). Grâce à ce modèle, un animal généré correspondra à un animal utilisé pour les analyses. Par ailleurs, les effectifs proposés de 12 animaux par lot pour les études quantitatives sont nécessaire pour assurer une analyse statistique optimale. Le nombre d’animaux a été calibré pour tester de manière séquentielle 2 clones cellulaires, 2 cinétiques d’implantation des moëlles osseuses et 2 adjuvants pour les test d’exposition aux antigènes tumoraux. Ce déroulé du projet par étape permet sélectionner chacun de ces critères l’un après l’autre et donc limite le nombre d’animaux qui pourrait être utiliser pour chaque combinaison possible.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le développement tumoral et/ou la dissémination de cellules tumorales peut conduire à l’apparition de lésions douloureuse pour l’animal. Un suivi régulier tout au long du protocole sera mis en place pour évaluer l’apparition de signe de douleur et une prise en charge par traitements antalgiques mis en place le cas échéant quand cela sera possible. Les points limites d’expérimentation seront particulièrement adaptés à ce risque. Un enrichissement important de la cage est prévu dans le but d’optimiser le bien-être animal, à savoir, un tube cartonné, un pad fibre pour le nesting, des buchettes de peuplier pour les activités d’exploration. Les animaux seront, autant que possible, placé plusieurs par cage pour favoriser les interactions sociales. Les animaux seront manipulés en condition low-stress par des prises en main en coupelle et une manipulation fréquentielle sera mise en place en amont des procédures pour un renforcement positif des animaux permettant de limiter le stress au moment des manipulations de chirurgie et de prévèlements. Les animaux utilisés étant porteur d’une immunodéficience, afin d’éviter toute contamination, les animaux seront hébergés en portoirs ventilés dans un secteur spécifique pour les animaux fragiles, en animalerie exemptes d’organismes opportunistes et pathogènes spécifiques. Des contrôles sanitaires réguliers seront réalisés. Sur ce plateau technique, l’eau est autoclavée, la nourriture est irradiée, l’air est filtré, les salles sont en surpression, nous réalisons un change de tenue et protections individuelles. Les animaux sont surveillés tous les jours pour vérifier l’absence de points limites.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle murin immunodeficient correspond au standard pour la greffe de cellules tumorales humaines et l’étude de la dissémination métastatique chez les mammifères. En effet, le modèle souris vient en complément des modèles d’étude in vitro d’invasion et de mobilité cellulaire notamment permettant d’apprécier le tropisme tissulaire des cellules tumorales. Le recours a des modèles comme le rat ou le cochon entrainerait un surcout économique et ne serait pas justifié d’un point de vue scientifique. La complexité biologique de modèles alternatifs tel que des organoïdes n’est pas possible car ne permet pas la recomposition du répertoire immunitaire comme observé in vivo et la complexité de la réponse immune attendu dans un organisme entier. Nous utiliserons des individus de 2 à 4 mois. Les cellules utilisées étant des cellules prostatiques nous devons utiliser des animaux en période post-pubertaire.