
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-832594)
2 160 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. On leur injecte des cellules cancéreuses et des composés modifiant leur taux de plaquettes, avec chirurgie et suivi par imagerie sur plusieurs semaines, pour définir le rôle des plaquettes dans la formation de métastases. Le porteur indique que les métastases pulmonaires et hépatiques provoquent prostration, détresse respiratoire, troubles du comportement et agressivité, et que la pose d’une pompe peut entraîner une infection. Il affirme qu’aucune méthode in silico ou in vitro ne reproduit la complexité de la cascade métastatique, et met à mort toutes les souris pour les prélèvements.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les plaquettes sanguines sont un des éléments essentiels de la voie de coagulation. Cependant de plus en plus de données de la littérature suggèrent une implication des plaquettes dans certains éléments clés de progression tumorale. Ce projet vise à définir le rôle des plaquettes sanguines dans la formation de métastases in vivo. Pour cela différentes lignées cellulaires cancéreuses luminescentes seront injectées à des souris chez lesquelles on aura diminué ou augmenté, à l’aide de composés chimiques ou de modèles génétiques, les taux de plaquettes, afin d’en évaluer l’impact sur l’agressivité cancéreuse. De plus ces expériences chercheront à identifier une nouvelle cible thérapeutique à la surface des plaquettes pour diminuer la formation de métastases.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A la fin de ces expériences, nous espérons pouvoir démontrer l’implication des plaquettes dans la formation des métastases et qu’inhiber les interactions plaquette/cellules tumorales pourraient être potentiellement de nouvelles cibles thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Prélèvement sanguin, durée 1mn/souris, 2 fois. Injection des composés chimiques sur souris anesthésiées, durée 1mn/souris, tous les 4 jours pendant 14 à 28 jours. Chirurgie sous cutanée sur souris anesthésiées, durée 20mn/souris, 1 fois. Injection de cellules tumorales sur animaux vigiles, durée 1mn/souris, 1 fois. Imagerie en bioluminescence fluorescence sur des souris anesthésiées, durée 30 secondes à 5mn/souris. 2 à 3x/semaine pendant 14 à 28 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La majorité des effets délétères attendus seront dû à la formation de métastases pulmonaires et/ou hépatiques donc avec des signes cliniques comme prostration, troubles du comportement, agressivité, détresse respiratoire, troubles métaboliques. Les souris qui subiront la pose d’une pompe osmotique sont susceptibles de développer une inflammation locale voir une infection. Ces aspects sont considérés dans l’établissement des points limites.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ayant subi ces interventions seront tous mis à mort pour prélèvements et analyses ultérieures. Ils ne pourront donc pas servir pour d’autres expérimentations.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de méthodes alternatives pour remplacer le présent projet. Les études in silico et in vitro 2D ou 3D ne permettant pas de reproduire les conditions permettant de récapituler la complexité de la cascade métastatique. Le modèle animal est donc nécessaire.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire a été déterminé au minimum mais néanmoins suffisamment pour pouvoir réaliser une analyse statistique pertinente. De plus il utilise un système d’imagerie du petit animal qui permet un suivi longitudinal d’un même animal donc une réduction du nombre total nécessaire. Une étude exhaustive des données récentes de la littérature n’a pas permis d’identifier une équipe réalisant des expériences similaires.
3. Raffinement
Le protocole expérimental prend en compte l’impact sur la souffrance animale et différents critères ont été établis pour éviter toute souffrance animale. Les souris sont maintenues en groupe de 5 par cage pour maintenir une interaction sociale entre individus. L’environnement d’élevage est enrichi à l’aide de nids et de carrés de cellulose pour garnir ces nids. Les souris ont accès ad libitum à une nourriture de type normal et à de l’eau filtrée. Si une souris présentait des symptômes traduisant l’apparition de douleurs (réduction de la réactivité, difficulté de locomotion, fourrure non entretenue, tendance à l’isolement) un traitement par un antalgique sera effectué. Des points limites ont été établis pour anticiper toute souffrance animale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
LLa souris est l’espèce animal la plus propice pour ce type d’étude pour les raisons suivantes : • Nombreux protocoles bien établis pour cette espèce • possibilité d’avoir accès à des animaux génétiquement modifiés • modèles mimant très bien les cancers mammaires et de mélanomes humain, car ils récapitulent toute la cascade métastatique en peu de temps et ont déjà fait l’objet de nombreuses publications dans le domaine. Ce seront des animaux adultes de 8 semaines minimum qui seront utilisés car les potentielles applications thérapeutiques s’adresseront à une population humaine adulte.