
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-801299)
228 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance allant de l’absence de réveil à un niveau modéré. Soixante d’entre elles subissent une chirurgie d’environ une heure puis sont isolées douze semaines, reliées par un câble à un système d’enregistrement, tandis que 168 autres sont exposées de façon brève à de la lumière rouge ou à l’obscurité, pour étudier l’effet de la lumière rouge sur le sommeil. Le porteur reconnaît que la chirurgie peut provoquer une douleur et que le câblage impose un isolement source de mal-être qu’il juge inévitable. Il affirme que l’usage de l' »animal entier » est nécessaire pour relier rétine, systèmes neuronaux et comportement, et met à mort toutes les souris pour prélever leurs tissus.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La lumière rouge de faible intensité est depuis longtemps utilisée comme lumière placebo dans les études effectuées chez l’Homme, étant considérée comme « neutre ». Chez le Rongeur nocturne, la lumière rouge est largement utilisée pendant les périodes dites « d’obscurité » afin d’observer et manipuler les animaux. En effet, la sensibilité spectrale des cellules de la rétine suggérait peu ou pas de détection de cette lumière. Pourtant, chez la Souris, une étude a montré qu’une exposition continue à une lumière rouge induisait une augmentation la période circadienne des souris similaire à celle observée en lumière blanche continue. Ainsi, la lumière rouge semble être détectée par la rétine et semble pouvoir moduler le comportement et la physiologie. Dans une étude en cours, nous mettons en évidence un important effet promoteur de sommeil de la lumière rouge chez la souris, et ce à différentes intensités. Dans une étude précédente, nous avons découvert que cet effet de la lumière rouge passerait principalement par les cellules exprimant la mélanospine, et que cet effet est dépendant du moment circadien : la mélanospine semble favoriser l’effet hypnogène de la lumière rouge la nuit alors qu’elle semble empêcher cet effet le jour. Afin de préciser l’influence du système circadien dans ces effets, notre objectif est de poursuivre cette étude en comparant l’effet de la lumière rouge sur le sommeil de souris avec ou sans mélanopsine présentant une altération fonctionnelle de l’horloge prinicpale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra de mieux comprendre les mécanismes de régulation du sommeil par la lumière rouge et d’identifier l’interaction entre les cellules à mélanospine et l’horloge circadienne. Ce projet constitue une étape importante dans la compréhension de la régulation photique du comportement et incitera à réaliser de nombreux travaux complémentaires dans une perspective translationnelle. En particulier, la lumière rouge pourrait être un outil thérapeutique très intéressant dans le cadre de pathologies du sommeil telles que l’insomnie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
60 souris seront soumises à une chirurgie (environ 60 min). Elles seront isolées dans leur cage durant 12 semaines. 168 souris seront soumises à une courte exposition (90 min) à de la lumière rouge de faible ou forte intensité ou à l’obscurité en début de jour ou de nuit.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La chirurgie peut induire de la douleur chez la souris, dans le cas d’une inflammation ou d’une infection. La liaison de l’animal au système d’enregistrement par un câble peut créer une gêne. L’isolement peut induire un mal-être, mais ne peut être évité du fait du câblage des animaux au système d’enregistrement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort en fin de procédure pour prélèvement de tissus
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de l’animal entier est nécessaire au vu de la question posée impliquant des systèmes biologiques divers et complexes allant de la rétine, avec l’intégration du signal lumineux, au comportement de l’animal en passant par des systèmes neuronaux complexes.
2. Réduction
Le nombre d’animaux à inclure est déterminé mathématiquement pour nous permettre d’obtenir des résultats statistiquement fiables et robustes.
3. Raffinement
Dans le cadre du raffinement des conditions d’hébergement, les animaux sont maintenus en groupe sociaux jusqu’à la chirurgie, un enrichissement est réalisé par l’ajout de nids. La chirurgie est effectuée sours anesthésie générale et analgésie. Une grille de suivi des animaux est remplie, évaluant l’état général des animaux ainsi que l’apparence de la plaie à raison de 4 évaluations minimum sur une période de 7 jours suivant la chirurgie. L’état général est ensuite surveillé au minimum une fois par semaine en suivant les mêmes critères.Des points limites ont été établis afin de soustraire l’animal à la souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Grâce au croisement de différents modèles de souris transgéniques, nous pouvons évaluer l’interaction entre le système mélanospinergique et la fonctionnalité de l’horloge circadienne pricipale dans les effets de la lumière rouge sur le sommeil. Notre étude sera effectuée chez l’adulte jeune (entre 2 et 5 mois). L’étude repose sur l’exploration des comportements et nécessite que les systèmes neurobiologiques soient totalement mâtures (développement total des systèmes visuels et non visuels, des systèmes circadiens et homéostasiques et des structures cérébrales cibles).