Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

564 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant une souffrance légère à modérée. Des femelles sont accouplées de façon répétée jusqu’à gestation, nourries d’un aliment enrichi en sucre du lait humain, puis mises à mort au dix-huitième jour de gestation ou après le sevrage, avec prélèvement des tissus fœto-maternels. La descendance femelle est tuée à trois semaines et les mâles conservés pour des cultures cellulaires avant d’être tués. Le porteur étudie le transfert de cellules immunitaires de la mère au fœtus et affirme qu’il est « impossible » de reproduire ces échanges in vitro.

NTS-FR-843989v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Cellules B10 et prébiotique, microchimérisme, gestation et descendance
Souris : 564

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La grossesse constitue la première période au cours de laquelle l’alimentation de la mère peut influencer le système immunitaire du fœtus par des transferts mère-enfant de facteurs immuns, nutritionnels et bactériens. De nombreuses études ont déjà démontré que l’alimentation maternelle impacte le développement du fœtus et du nouveau-né et peut provoquer des maladies futures chez la descendance. Dans ce contexte, il a été démontré dans un modèle de souris qu’une supplémentation en sucre du lait maternel (HMO : Human Milk Oligosaccharide ou Oligosaccharide du lait humain) pendant la gestation protège de la survenue de l’allergie alimentaire chez la descendance. Les HMO sont connus pour leurs effets bénéfiques sur le système immunitaire et le microbiote intestinal. Ces effets sont liés notamment à l’augmentation d’une population de cellules immunes que l’on appelle lymphocytes B régulateurs dans le fœtus mais aussi chez la descendance. Nous savons que des cellules de la mère peuvent être transférées à son fœtus ainsi nous émettons l’hypothèse qu’une supplémentation en HMO pendant la gestation va augmenter les lymphocytes B régulateurs chez la mère qui vont être transférées au fœtus puis perdurer chez la descendance permettant l’établissement d’un environnement protecteur de l’allergie alimentaire. L’objectif de ce projet est d’identifier précisément ces transferts cellulaires in utero et leur durabilité chez la descendance induite par la prise de HMO pendant la gestation.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus de ce projet sont d’identifier chez la souris les cellules régulatrices maternelles présentes chez le fœtus et la descendance pouvant expliquer la mise en place de la protection contre l’allergie alimentaire induite par la prise de HMO durant la gestation. Ces cellules régulatrices peuvent être issues d’un transfert de cellules de la mère vers le fœtus afin de protéger les petits de l’allergie alimentaire

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Lors de la première procédure, les souris sont mises en accouplement une nuit autant de fois que nécessaire jusqu’à qu’elles soient gestantes. Elles sont pesées tous les 2 jours. Le 18ème jour de gestation, les souris femelles reçoivent une injection intraveineuse d’anticorps 1 fois par femelle. Lors de la première procédure, les souris du groupe exposé à l’aliment enrichi en 2’FL sont mis sous aliment 2’FL une semaine après leur arrivée à l’animalerie et ceci jusqu’à leur mise à mort au 18ème jour de gestation. Lors de la procédure 2, les souris sont mises en accouplement une semaine. Elles sont pesées tous les 2 jours pour toutes les souris femelles. Lors de la procédure 2, les souris du groupe exposé à l’aliment supplémenté en 2’FL sont mises sous aliment 2’FL une semaine après leur arrivée à l’animalerie et ceci jusqu’à la mise bas. Elles repassent ensuite à un régime avec l’aliment contrôle.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les femelles gestantes sont pesées tous les deux jours afin de confirmer la grossesse par la prise de poids. Au 18ème jour de gestation, le jour de leur mise à mort, elles sont déplacées pour les prélèvements de selle, la pesée et l’injection intraveineuse. Le point d’injection peut provoquer une douleur légère et un stress dû à la douleur et la contention.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Lors de la procédure 1, les femelles sont mises à mort à 18 jours de gestation afin de récupérer les tissus fœto-maternels ainsi que les mâles pour des mises au point et expériences de culture cellulaire (car nous n’vons pas d’autres protocoles de reproduction en parallèle). Lors de la procédure 2, les mères et des descendantes femelles sont mises à mort afin de récupérer des tissus et mise à mort pour les mâles et descendance mâle pour des mises au point et expériences de culture cellulaire (car nous n’vons pas d’autres protocoles de reproduction en parallèle).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il est impossible de reproduire efficacement les systèmes biologiques très complexes et en particulier le système immunitaire in vitro ou in silico et ce notamment dans le cadre d’interaction complexe comme ici avec l’étude des propriétés immunomodulatrices des HMO (Human Milk Oligosaccharides) comme le 2’-fucosyllactose.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux est réduit au minimum pour être statistiquement pertinent en fonction du modèle utilisé dans notre équipe et du taux de reproduction des souris pour chaque protocole. Nous avons pris en compte le temps de reproduction, la souche des souris mâles et femelles ainsi que la duplication des protocoles.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Seul le personnel expérimenté et qualifié effectuera les expérimentations animales. Ces exigences visent à s’assurer que les procédures nécessaires à l’élevage et à l’expérimentation sont exécutées efficacement, avec les soins appropriés afin de minimiser la souffrance des animaux. Le suivi quotidien des animaux et des signes généraux permet de minimiser l’inconfort et la douleur. Le cycle jour/nuit de 12h des animaux sera respecté. Les souris seront stabulées dans les cages d’un portoir ventilé avec un cycle jour/nuit de 12h (température, humidité). Les souris seront hébergées à 2 (femelles) ou 3 à 4 (mâles) par cage selon les groupes dans un environnement avec au moins 2 enrichissements (dôme, tube, coton) pour limiter l’angoisse et s’adapter à nos expériences pour des raisons pratiques de logistique.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’objectif de ce travail est d’évaluer s’il existe un transfert de la mère à son fœtus de lymphocyte B régulateurs connus pour protéger de l’allergie alimentaire et de voir si ces cellules transférées persistent chez la descendance. Le transfert placentaire ainsi que les échanges mère-fœtus sont impossibles à reproduire in vitro, il faut prendre en compte l’organisme dans sa globalité pour évaluer ces paramètres. Ainsi, l’expérimentation animale est un élément essentiel dans ce projet afin de reproduire la période de vie de la gestation et ainsi visualiser ces échanges. Les souris mâles et femelles seront âgées de 6 semaines à leur arrivée à l’animalerie, car à cet âge elles sont mâtures sexuellement et peuvent ainsi se reproduire. Après une semaine d’acclimatation donc à 7 semaines de vie, elles seront mises en accouplement. Pour le protocole P1, Les souris gestantes seront mises à mort au 18ème jour de gestation soit à 10 semaines de vie. Les fœtus étudiés chez les mères gestantes auront un stade de développement de 18 jours, soit le troisième tiers de gestation. Si la reproduction sous 24h n’a pas été efficace, les souris non-gestantes seront de nouveau accouplées avec d’autres mâles la semaine suivante et ceci, jusqu’à ce qu’elles soient gestantes. Les mâles seront mis à mort à la fin du protocole, une fois que toutes les femelles seront gestantes. Pour le protocole P2, Les souris gestantes seront mises à mort à la fin du sevrage de la descendance, soit à 13 semaines de vie. La descendance femelle sera mise à mort à 3 semaines de vie pour rechercher la présence de cellules d’origine maternelle. Les descendants mâles seront conservés dans le cadre d’études in vitro et donc mis à mort à partir de 6 semaines de vie.