
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/02/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-851687)
Biopsiées à la queue sous anesthésie quand elles sont juvéniles, 244 souris reçoivent ensuite du tamoxifène, des substances introduites dans l’estomac et des immunisations, et subissent des prises de sang sous anesthésie. Les procédures sont déclarées d’un niveau de souffrance léger. Ces souris sont construites pour développer des tumeurs de plasmocytes, par désactivation d’un gène qui déclenche la mort des cellules et activation d’un autre qui stimule leur multiplication. Le porteur s’attend à des déformations osseuses liées aux tumeurs, à des difficultés à se déplacer ou à se tenir debout et à l’apparition de masses dans les organes lymphatiques. Toutes seront tuées à la fin de l’étude, le RNT indiquant par ailleurs qu’une partie des animaux modifiés pourra servir à établir de nouvelles lignées.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans ce projet, nous créons un modèle de souris pour mieux comprendre comment certains gènes peuvent provoquer des tumeurs dans les plasmocytes, qui sont des cellules du système immunitaire produisant des anticorps pour nous protéger contre les infections. Nous allons modifier l’ADN de ces souris en désactivant un gène qui entraîne la mort des cellules et en activant un autre qui stimule leur multiplication. Cela permettra à ces cellules de survivre et de se multiplier davantage. Grâce à ce modèle, nous espérons comprendre comment ces changements génétiques conduisent à la formation de tumeurs et trouver de nouveaux traitements pour ce type de cancer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre projet cherche à comprendre comment le cancer se développe en étudiant le rôle de deux gènes dans un type particulier de cellule, les plasmocytes, qui produisent des anticorps. Ces gènes jouent un rôle clé dans la croissance des cellules et sont impliqués dans un cancer du sang appelé myélome multiple. En étudiant ces gènes, nous espérons découvrir comment ils contribuent à la formation de ce cancer, en particulier dans ses stades avancés. L’un de ces gènes aide normalement les cellules à maintenir leur ADN stable, ce qui les protège contre le cancer. Cependant, dans le myélome multiple, ce gène est souvent modifié, rendant les cellules plus vulnérables aux mutations et favorisant leur croissance incontrôlée. L’autre gène, impliqué dans la survie des cellules immunitaires, est souvent activé de manière anormale dans les cellules cancéreuses. En étudiant ces gènes dans les plasmocytes, nous souhaitons mieux comprendre leur rôle dans le développement du myélome multiple. Une meilleure compréhension de ce processus pourrait conduire à la mise au point de nouveaux traitements plus efficaces pour les personnes atteintes de ce cancer complexe, offrant ainsi de nouvelles options thérapeutiques et améliorant les perspectives de traitement pour les patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux de ce projet seront soumis à plusieurs interventions dans le cadre des expériences, telles que : 1. Alimentation contrôlée: Des substances spécifiques seront introduites dans l’estomac des animaux pour répondre aux besoins de l’étude. 2. Stimulations du système immunitaire : Des injections seront réalisées pour activer la réponse immunitaire des animaux. 3. Prélèvements sanguins sous anesthésie : Du sang sera prélevé afin d’analyser l’état de santé et certains paramètres biologiques des animaux. 4. Analyse génétique : Un petit échantillon de tissu sera prélevé sur la queue des souris juvéniles sous anesthésie pour déterminer leurs caractéristiques génétiques et sélectionner celles qui participeront aux expériences.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
1. Réactions immunitaires : Les animaux pourraient avoir des réactions indésirables liées à l’activation de leur système immunitaire. 2. Changements de comportement : Des changements dans le comportement des animaux, comme plus de calme ou de fatigue, peuvent être observés. 3. Perte de poids : Si l’animal perd une quantité importante de poids. 4. Problèmes osseux : Des changements dans la structure de ses os, comme des déformations liés aux tumeurs. 5. Problèmes de mobilité ou de posture : Des difficultés à se déplacer ou à se tenir debout. 6. Apparition de grosseurs: Formation de masses ressemblant à des tumeurs, particulièrement dans les organes lymphatiques. Par ailleurs, certaines interventions techniques pourraient occasionner un inconfort pour les animaux : – Biopsies de queue Effectuées sous anesthésie, elles peuvent provoquer une légère douleur passagère ainsi qu’un stress dû à la manipulation. -Injections de tamoxifène : Ce traitement peut entraîner une irritation au point d’injection et un stress temporaire. Un suivi attentif sera mis en place pour assurer le bien-être des animaux tout au long de l’étude.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À la fin de l’étude, tous les animaux seront euthanasiés. Ceux qui ne seront pas intégrés aux expériences ou aux croisements seront retirés dès que possible. Pour les animaux ayant subi des modifications génétiques, certains pourront être réutilisés pour établir de nouvelles lignées sans nécessiter d’autres tests. Une fois les expériences terminées, l’analyse des organes des animaux permettra d’approfondir notre compréhension des effets des traitements étudiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien que des modèles cellulaires, comme les cellules provenant de patients ou des lignées de cellules, puissent être utilisés pour étudier certaines tumeurs de plasmocytes, telles que celles du myélome multiple ou de la maladie de Waldenström, ces recherches en laboratoire ne reproduisent pas la complexité des processus qui se déroulent dans la moelle osseuse ou les organes lymphoïdes, où ces maladies apparaissent naturellement. De même, bien que certaines modifications génétiques des cellules en laboratoire nous aident à mieux comprendre certains aspects de ces tumeurs, elles ne reflètent pas entièrement la manière dont elles se forment et évoluent dans un organisme vivant. C’est pourquoi l’utilisation de modèles animaux, comme la souris, est essentielle pour approfondir nos connaissances. En recréant ces tumeurs chez la souris, nous pourrons observer comment ces modifications affectent l’organisme dans un environnement naturel et complexe. Cela nous permettra d’obtenir des résultats plus précis et de tester de nouvelles thérapies pour traiter ces cancers.
2. Réduction
Pour réduire le nombre d’animaux utilisés dans nos expériences, nous avons mis en place plusieurs mesures pour être plus efficaces tout en respectant leur bien-être. Voici les principales stratégies : – Choix du modèle animal : Nous utilisons une lignée de souris spécifique, ce qui permet d’avoir moins de variations entre les animaux et d’obtenir des résultats plus fiables. – Planification des expériences: Nous organisons les études pour éviter les manipulations répétées, ce qui réduit le nombre d’animaux nécessaires. – Utilisation de mâles et femelles : Nous ne faisons pas de distinction entre les sexes, ce qui permet de réduire le nombre total d’animaux. – Euthanasie à la fin des expériences : Les animaux sont euthanasiés à la fin des études, et tous leurs organes sont prélevés pour maximiser les informations obtenues. – Analyses statistiques : Nous utilisons des méthodes d’analyse qui nous permettent de tirer des conclusions solides avec moins d’animaux. – Suivi des animaux : Selon les résultats des analyses sanguines, les animaux sont suivis et euthanasiés à des âges différents pour optimiser leur utilisation. Ces stratégies nous aident à minimiser le nombre d’animaux tout en respectant les règles éthiques et en garantissant leur bien-être.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés dans un environnement adapté pour minimiser leur stress. Nous les habituons progressivement aux manipulations et assurons un contact régulier avec le personnel soignant. Lors des interventions, des méthodes douces sont utilisées pour réduire le stress, et seules des personnes expérimentées réalisent les manipulations. Les animaux sont anesthésiés pour les prélèvements sanguins. Après chaque intervention, nous les surveillons attentivement pour nous assurer qu’ils se rétablissent bien et qu’ils ne souffrent pas. Ces mesures garantissent leur bien-être et la qualité des résultats.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans notre projet, nous utilisons des souris qui développent des problèmes similaires à ceux que l’on trouve chez les humains, comme le myélome multiple. Les mécanismes de ces maladies chez les souris sont très proches de ceux observés chez les humains. Par exemple, des protéines appelées immunoglobulines, qui jouent un rôle clé dans le développement de ces maladies, sont très similaires dans les deux espèces. Pour notre expérience, nous avons choisi de faire nos expériences sur des souris âgées de 8 semaines . Cet âge est choisi car les souris ont alors un système immunitaire bien développé, ce qui est important pour commencer les immunisations.