
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-853691)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif du projet est de développer une méthode pour mesurer l’efficacité alimentaire ( le poids de nourriture ingéré divisé par le gain de poids ) d’un poisson d’aquaculture en utilisant des marqueurs naturellement présents dans les aliments. Pour cela, le projet combine deux types de mesures : La quantité de nourriture mangée par chaque poisson, obtenue grâce à des vidéos de poissons élevés en petits groupes. La vitesse à laquelle ces marqueurs passent de l’aliment au poisson. L’analyse vidéo permettra de savoir précisément combien chaque poisson mange. En y ajoutant la mesure de sa croissance, on pourra calculer son efficacité alimentaire individuelle. Avant l’expérience, les poissons seront habitués à un aliment A. Pendant l’évaluation, ils recevront un aliment B. Ces deux aliments auront des compositions différentes (par exemple des proportions différentes d’huile ou de farine de poisson), ce qui leur donnera des signatures distinctes pour les marqueurs étudiés. Ces signatures seront ensuite mesurées dans différents tissus des poissons, comme les écailles ou les nageoires, grâce à une technique d’analyse spécialisée. Enfin, on vérifiera s’il existe un lien entre la manière dont chaque poisson absorbe ces marqueurs et sa capacité à utiliser efficacement la nourriture.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette nouvelle méthode pour évaluer l’efficacité alimentaire, basée sur l’analyse de la façon dont les poissons absorbent certains marqueurs naturels présents dans l’aliment, permettra d’estimer facilement les performances individuelles de plusieurs milliers de poissons élevés en groupe. Grâce à un simple changement d’aliment et à un prélèvement léger de tissu (comme des écailles ou une nageoire), il sera possible de mesurer l’efficacité alimentaire des bars et des dorades. Cette approche rendra plus simple et plus pratique la sélection des poissons qui utilisent le mieux leur nourriture. Ainsi, il deviendra possible de mettre en place une sélection ciblée dans une ferme pour choisir les animaux les plus performants et améliorer ce caractère sur le plan génétique. Améliorer l’efficacité alimentaire apporte à la fois des avantages économiques (réduction du coût de l’alimentation) et des bénéfices environnementaux (moins de rejets dans le milieu naturel).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour réaliser ce projet, les animaux seront prélevés à trois reprises d’un bout de nageoire et d’écailles. Chacun de ces prélèvements prend moins d’une minute et sera réalisé sous anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le projet n’implique qu’une procédure légère. Les petites blessures causées par les prélèvements d’écailles ou de fragments de nageoires guérissent rapidement. En quelques semaines, les poissons régénèrent entièrement les zones prélevées. Les prélèvements répétés sur les nageoires n’ont pas d’effet négatif sur leur façon de nager. Les prélèvements de nageoires sont réalisés avec un emporte-pièce de petite taille (3 mm de diamètre), ce qui permet une repousse complète du tissu en moins de deux semaines. Ces prélèvements auront lieu aux mois 0, 1 et 3. Enfin, chaque poisson sera identifié grâce à une petite puce d’identification, ce qui permettra de suivre ses performances individuelles tout au long de l’étude.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les poissons seront euthanasiés à l’issue de la procédure. La réutilisation et le replacement de ces individus n’est pas possible. Leurs fonds génétiques restreints ne permettent pas de les relacher dans le milieu naturel.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce type d’expérimentation, où la variation observée et recherchée est liée à l’individu, ne peut se faire que sur animaux vivants. Il n’y a donc pas de remplacement possible. La mesure de l’efficacité alimentaire (ingéré/gain de poids) est un caractère complexe mettant en jeu une multitude de mécanismes comme la capacité à assimiler les nutriments, le métabolisme énergétique, l’activité de nage des poissons, la microflore intestinale. Ce caractère complexe étudié au niveau individuel n’a pas d’alternative non animale disponible du fait de ses nombreuses composantes et des variabilités individuelles qu’explore l’étude.
2. Réduction
Les effectifs ont été calculés à partir de données d’expérimentations précédentes sur le bar pour assurer une puissance de détection suffisante des effets escomptés. Les modèles linéaires qui serviront à analyser les données de corrélation entre l’efficacité alimentaire individuelle et la signature isotopique des tissus prélevés seront réalisés à partir d’un logiciel de statistique.
3. Raffinement
Pour limiter la souffrance et l’angoisse des animaux, toutes les mesures individuelles et tous les prélèvements seront effectués sous anesthésie profonde. Les prélèvements de nageoire et d’écailles seront réalisés à chaque fois à une localisation différente. Tout au long de l’expérimentation, les poissons seront hebergés entre congénères et seront surveillés quotidiennement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le bar et la dorade sont deux espèces majeures en aquaculture et pour lesquels la question de l’efficacité alimentaire se pose avec un vif intérêt. Ces élevages consomment aujourd’hui, à quantité de production égale, près de deux fois plus d’aliments qu’un élevage de truite ou de saumon. Les animaux seront au stade juvénile (entre 50 et 200g de poids moyen) pour pouvoir mesurer des croissances significatives.