Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 584 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les souriceaux sont anesthésiés puis rasés à deux semaines, reçoivent une application quotidienne sur le dos pendant quatorze à vingt-cinq jours, portent ensuite un patch occlusif deux semaines et sont isolés vingt minutes pour la récolte de leurs fèces. Une dermatite atopique est déclenchée à quatre semaines, avec démangeaisons, rougeurs, œdème et excoriations, et les gavages peuvent enflammer l’œsophage. Le produit testé est un émollient enrichi en sucre du lait maternel, dont le porteur espère qu’il ouvrira la voie à un essai clinique, alors que les essais menés chez des nourrissons ont déjà montré que les émollients trilipidiques ne préviennent pas la maladie.

NTS-FR-857367v1
Types de recherche
· Organes sensoriels · Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Dermatite atopique, Ovalbumine, Calcipotriol, Emollient trilipidique, 2'-FL
Souris : 1584

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La dermatite atopique (DA) est une allergie, touchant 10 à 15 % des enfants en Europe. Elle est associée à une barrière et un microbiote cutanés altérés et à un dysfonctionnement du système immunitaire.70 % des enfants guérissent naturellement et 30 % souffrent de symptômes persistants avec un risque accru d’autres allergies (asthme, rhinite ou allergies alimentaires :marche atopique). Il n’existe pas de stratégies préventives efficaces pour la DA. Plusieurs essais cliniques ont appliqué des émollients ou des huiles végétales sur la peau des bébés pour renforcer la barrière cutanée afin de limiter l’interaction entre les allergènes et le système immunitaire de la peau. Ils ont observé que les émollients trilipides ne prévenait pas la DA mais améliorait l’intégrité de la barrière cutanée en réduisant la perte d’eau transépidermique (TEWL). À l’inverse, les huiles végétales entravent la formation de structures lipidiques lamellaires dans la barrière et favorisent le développement de l’allergie alimentaire. Même si les émollients renforcent la barrière cutanée, cette approche seule semble insuffisante pour prévenir la DA. Les stratégies thérapeutiques qui ciblent la barrière cutanée, mais aussi le microbiote et le système immunitaire pourraient offrir des approches plus efficaces pour prévenir la DA. Certains sucres du lait maternel (oligosaccharides), peuvent moduler le microbiote intestinal en favorisant l’émergence de bactéries bénéfiques et en réduisant l’abondance des bactéries nocives. Ils peuvent renforcer la barrière intestinale et induire un environnement immunitaire tolérogène. Nous avons démontré chez la souris gestante, l’efficacité d’une supplémentation anténatale avec un sucre du lait maternel sur abrogation complète des symptômes de l’allergie alimentaire chez les petits. Nous disposons également de données préliminaires sur des modèles de culture peau humaine, montrant que l’exposition à un sucre du lait maternel sur des cellules de peau humaine dans des conditions inflammatoires renforce l’expression de l’involucrine (une protéine de la barrière cutanée réduite chez les patients atteints de DA)et de la substance P (ayant des fonctions anti-inflammatoires et de réparation des tissus). Notre hypothèse est que l’ajout de sucres du lait maternel aux émollients pourrait constituer une stratégie efficace pour cibler le microbiote cutané, le système immunitaire et la barrière cutanée et, par conséquent, pour prévenir l’apparition de la DA.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus du projet sont de valider une nouvelle stratégie thérapeutique préventive visant à prévenir l’apparition de la DA à un stade précoce par une intervention cutanée. A l’heure actuelle, il n’existe pas de stratégie préventive efficace pour la DA. L’approche ambitieuse du projet se concentre sur une méthode thérapeutique externe non invasive, facile à utiliser et sûre. Ce projet permettra également de comprendre la physiopathologie de la DA, lors de sa mise en place et de sa prévention. Nous focaliserons principalement notre recherche sur les 3 grands systèmes biologiques dysfonctionnels dans l’allergie : le microbiote (cutané et intestinal), le système immunitaire et les barrières (cutanées et intestinales). Valider cette stratégie chez la souris permettra d’ouvrir la voie à un futur essai clinique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– procédure 1 =souriceaux : anesthésie (15 minutes), rasage (5 minutes) et application journalière d’un traitement topique dorsale (5 minutes) pendant 14 jours puis d’un patch occlusif (5 minutes) pendant 14 jours, isolement pour la récolte des fèces (20 minutes). – procédure 2 = idem procédure 1 + gavage oral (2 minutes). – Procédure 3 : = souriceaux : anesthésie (15 minutes), rasage (5 minutes) et application journalière d’un traitement topique dorsale (5 minutes) pendant 25 jours, isolement pour la récolte des fèces (20 minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances attendues sont la gêne liée la présence d’un patch sur le dos qui peut induire des grattages, les symptômes liés à la mise en place de la DA (prurit, érythème, œdème et excoriations), les anesthésies gazeuses peuvent induire une hypothermie, une hypotension, une hypoventilation ou une hypoxémie, les gavages oraux peuvent induire une inflammation de l’œsophage, l’isolement pour la récolte des fèces ainsi que la prise de poids répétée des mères gestantes peuvent induire un stress.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront tous mis a morts à la fin de l’expérimentation. Leurs organes et fluides biologiques seront analysés pour mesurer les biomarqueurs de la DA ou de l’allergie alimentaire et ainsi valider nos modèles.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans le cadre de l’étude de la dermatite atopique (DA), il est impossible de reproduire efficacement in vitro les symptômes cutanés mais aussi les interactions très complexes entre les systèmes biologiques notamment lorsqu’il s’agit des interactions entre le microbiote cutané, le système immunitaire et les barrières épithéliales

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux est réduit au minimum et calculé pour être statistiquement pertinent pour la mesure du score clinique mais aussi avoir assez de matériel biologique pour effectuer non seulement des coupes histologiques mais aussi les mesures des biomarqueurs immuns de la DA dans la peau et dans le sérum. De plus, en effectuant un test de puissance, il nous faut au moins 12 animaux dans chaque groupe pour observer des effets statistiques au niveau du microbiote et du système immunitaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Seul le personnel expérimenté et qualifié effectuera les expérimentations animales. Ces exigences visent à s’assurer que les procédures nécessaires à l’élevage et à l’expérimentation sont exécutées efficacement, avec les soins appropriés afin de minimiser la souffrance des animaux. Le suivi quotidien des animaux et des signes généraux permet de minimiser l’inconfort et la douleur. Le cycle jour/nuit de 12h des animaux sera respecté. Les souris seront stabulées dans les cages d’un portoir ventilé avec un cycle jour/nuit de 12h (température, humidité). Les souris seront hébergées à 3-4 souris par cage dans un environnement avec au moins 2 enrichissements (dôme, tube ou coton) pour limiter l’angoisse et s’adapter à nos expériences pour des raisons pratiques de logistique. Cependant, si nous observons que les souris enlèvent le patch des autres souris présentes dans la cage, alors elles seront séparées et hébergées à 1 souris par cage pour ne pas fausser les résultats du protocole mais aussi pour éviter les risques de blessures et d’ingestion de plastique et de l’allergène.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les modèles murins sont largement utilisés dans la recherche sur la dermatite atopique (DA) en raison de leur capacité à reproduire plusieurs caractéristiques clés de la maladie humaine, notamment les altérations de la barrière cutanée, les réponses inflammatoires de type 2, et les déséquilibres du microbiote cutané. Ces modèles permettent d’explorer les mécanismes immunologiques et moléculaires impliqués dans le développement et l’aggravation de la DA, tout en offrant un système contrôlé pour tester l’efficacité et la sécurité de nouvelles approches thérapeutiques. De plus, les souris sensibilisées avec des allergènes spécifiques permettent d’étudier les liens complexes entre les facteurs environnementaux, la génétique, et les réponses immunitaires. Les souris BALB/cJRj femelles reproductrices seront âgées de 6 semaines et les mâles reproducteurs seront âgées de 10 semaines car c’est à ces âges là que nous avons observé la meilleure efficacité de reproduction. L’application topic des émollients se fera chez le souriceau de 2 semaines pour reproduire les applications topics d’émollients chez les bébés dès le plus jeune âge. La DA sera induite chez les souriceaux âgés de 4 semaines comme décrit dans les modèles de la littérature. Cela correspond à un âge jeune de la souris, similaire à la DA chez l’enfant qui peut apparaitre dès les premiers mois de vie.