
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-860750)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de développer et de caractériser différents modèles d’immunisation chez la souris, aussi bien immunocompétente qu’humanisée, afin d’évaluer la production d’anticorps spécifiques ainsi que les réponses immunitaires induites par divers types d’antigènes dans un contexte physiologique et humanisés, ainsi que tester les différents traitements à visée thérapeutique. De plus, en vaccinant des souris exprimant des lymphocytes T et B humains, et en exposant ces populations cellulaires à un agent pathogène ou chimique, nous modélisons, fidèlement, une réaction vaccinale chez l’homme. Ces immunisations pourront inclure : • Antigènes pathogènes inactivés (virus, bactéries, parasites) utilisés à des fins de vaccination expérimentale ou d’étude de la réponse immunitaire innée et adaptative. • Antigènes protéiques recombinants ou purifiés, associés ou non à des adjuvants, permettant de stimuler des réponses humorales et cellulaires. • Agents chimiques ou haptenes pour modéliser des réponses d’hypersensibilité immédiate (type I) ou retardée (type IV). • Particules ou formulations vaccinales innovantes dans le but de tester leur immunogénicité et d’étudier leur mécanisme d’action. Les différentes immunisations pourront être associées ou non à des adjuvants selon le protocole et le model à utiliser.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet présente plusieurs bénéfices scientifiques, méthodologiques et translationnels qui justifient son importance dans le domaine de l’immunologie préclinique. 1. Avancées scientifiques et médicales : L’étude des mécanismes d’immunisation chez des souris immunocompétentes et humanisées permettra de mieux comprendre les réponses immunitaires adaptatives et innées face à différents antigènes (pathogènes inactivés, antigènes recombinants, peptides ou agents chimiques). L’analyse des réponses humorales et cellulaires fournira des données essentielles sur la diversité et la spécificité des réponses immunitaires. Ces travaux contribueront à identifier de nouveaux biomarqueurs de réponse vaccinale et à améliorer la compréhension des mécanismes impliqués dans l’allergie, l’auto-immunité, l’inflammation et la protection contre les agents infectieux. 2. Développement de modèles précliniques pertinents. L’utilisation de souris immunisées, y compris humanisées, permettra de développer des modèles innovants plus proches de la physiologie humaine. Ces modèles serviront à évaluer des candidats vaccins, adjuvants et immunothérapies avec une meilleure prédictivité des résultats cliniques. Ils permettront également d’explorer les risques d’effets indésirables tels que les réactions d’hypersensibilité immédiate (type I) ou retardée (type IV). 3. Impact translationnel et réduction des échecs cliniques. En intégrant des modèles humanisés, ce projet améliorera la transposabilité des résultats précliniques vers l’homme. Cela contribuera à limiter les échecs lors des essais cliniques et à optimiser le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. Les données générées permettront de rationaliser les choix de molécules candidates et d’accélérer leur progression vers la clinique. 4. Valeur ajoutée en recherche et santé publique. Les connaissances issues de ce projet permettront de renforcer l’expertise dans le développement de modèles précliniques de vaccination et d’immunothérapie. À terme, ces avancées bénéficieront directement à la recherche biomédicale et au développement de nouvelles approches thérapeutiques pour répondre à des enjeux majeurs de santé publique, tels que les maladies infectieuses émergentes, l’augmentation des pathologies inflammatoires chroniques et la recherche de traitements innovants en immuno-oncologie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Identification par puce électronique : 2 fois maximum si puce non fonctionnelle ou perdue. Durée de quelques secondes. Des administrations de composés immunogènes, pathogènes ou thérapeutiques seront réalisés avec ou sans anesthésie. Une anesthésie gazeuse sera appliquée en fonction de la voie choisie. Les volumes administrés seront proportionnels au poids de l’animal avec un maximum défini. La durée sera généralement de 10-15 secondes. Le nombre est défini selon le protocole d’étude et dépendra de la fréquence. Ceci sera évalué par le vétérinaire. Des prélèvements sanguins seront réalisés avec ou sans anesthésie. Les volumes maximaux de prélèvements seront proportionnels au poids et à l’âge de l’animal avec une limite fixée sur une période glissante de 14 jours. Une réhydratation avec du sérum physiologique sera réalisée si nécessaire. La répartition des prélèvements figurera dans le protocole de l’étude et sera contrôlé par un vétérinaire. Chaque prélèvement durera quelques secondes. Pour les analyses nécessitant un volume plus important, un prélèvement terminal sous anesthésie gazeuse sera réalisé. Des prélèvements vaginaux pourront aussi être pratiqués quotidiennement pendant au moins cinq jours, voire plusieurs semaines pour caractériser le cycle œstral. Des prélèvements d’urines et de fèces pourront être pratiqués par contention et massage du ventre. Les animaux recevront des injections de solution saline isotonique contenant des plasmides, une ou deux fois selon la durée de l’étude. Ces injections, administrées uniquement aux souris de plus de 18 g, dureront entre 10 et 15 secondes. Les injections pourront être répétées selon le protocole et dureront quelques secondes. À l’issue des études, les animaux seront euthanasiés selon les méthodes réglementaires. Toutes les interventions seront réalisées sous un suivi clinique rigoureux afin de minimiser douleur et stress des animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
-Identification par puce électronique classique ou thermopuce (prise de température) : stress, gêne, douleur dans les heures suivants l’injection. -Prise de température rectale : stress transitoire, inconfort ou légère douleur à l’insertion du thermomètre, risque minimal de blessure rectale. -Injection(s) de solution saline isotonique contenant des plasmides : les nuisances attendues sont des hématomes et des troubles cardio-respiratoires et une altération marquée de l’état général, pendant les minutes suivants l’injection. -Administration de composés immunogènes, pathogènes ou thérapeutiques : effets potentiellement toxiques des composés à visées thérapeutiques, hématome, douleur, lésion au site d’administration (notamment si administrations répétées) – Prélèvements sanguins : hématome, anémie, douleur, lésion au site de prélèvement (notamment si prélèvement répétés). -Prélèvement d’urine et de fèces : stress, gêne. -Prélèvement vaginaux : douleur et/ou lésion au site de prélèvement (notamment si prélèvement répétés). Les nuisances attendues en lien avec les réactions immunitaires et le challenge par des agents pathogènes peuvent varier selon la nature du composé administré, de l’antigène ou de l’agent infectieux utilisé. Ces effets sont en général modérés et transitoires : réactions locales au site d’injection (rougeur, induration, gonflement, douleur transitoire, voire petit nodule ou abcès localisé), réactions systémiques liées à l’activation immunitaire : fièvre modérée, léthargie temporaire, diminution transitoire de l’activité ou de la prise alimentaire, piloérection, signes d’inflammation ou de réponse aiguë : perte de poids légère à modérée, altération passagère de l’état général, modification du comportement (moins d’exploration, regroupement), en cas de challenge infectieux (si applicable) : symptômes liés à la pathologie induite (ex. inflammation locale, troubles respiratoires légers, diarrhée, ou altération de l’état général selon la voie d’infection et le modèle), réactions immuno-allergiques rares : réactions exacerbées ou imprévisibles à certains antigènes ou adjuvants, généralement de faible intensité grâce aux doses et voies d’administration adaptées. Des nuisances peuvent également être induites par le stress dû aux contentions. La douleur peut se manifester, entres autres, par une perte de poids, une hypo- ou une hyperactivité, une prostration ou des difficultés à se déplacer.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux en fin d’étude, ayant atteints les point limites ou sur demande du vétérinaire seront euthanasiés. Ils ne recouvreront pas leur état de santé et de bien-être général. Des souris issues de cette procédure pourront être réutilisées dans le projet « Formation interne aux procédures et gestes techniques appliqués aux souris » sur décision vétérinaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les tests in vitro seront envisagés si ceux-ci sont appropriés. Néanmoins, il n’est actuellement pas possible de recréer in vitro une séroconversion et d’évaluer son impact protecteur sur un organisme vivant. La souris humanisée constitue donc un modèle scientifiquement valide, robuste et indispensable pour le développement et la mise au point de thérapies innovantes pour les patients.
2. Réduction
Un total de 1500 souris seront utilisées, couvrant une période de 5 ans et permettant de réaliser 50 études précliniques de 5 à 10 individus par groupe (1 groupe placebo et 3 groupes traités). Aucune approche statistique n’a été réalisée pour le nombre total d’études ou pour le nombre total d’animaux dans le projet. L’estimation du nombre d’animaux est réalisée sur base du nombre d’études effectuées les années antérieures et anticipant une croissance chaque année, en accord avec le plan commercial. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étude sera réduit au maximum par des analyses rétrospectives systématiques.
3. Raffinement
En début d’étude et tout en respectant la réglementation en vigueur, les souris seront hébergées par groupes sociaux, préférentiellement stables, de 2 à 5 individus. Des compléments alimentaires pourront être administrés suivant l’état de santé des animaux. La cage contiendra à minima une couche de litière permettant aux souris de creuser, de se cacher et de réaliser un nid, élément essentiel à leur bien-être. En outre, des enrichissements de qualité seront fournis dans chacune des cages : morceaux de bois, tunnel en carton, kraft et/ou boules de cotons. À leur entrée dans l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation de minimum 4 jours. Les souris pourront recevoir des puces électroniques permettant de mesure la température corporelle afin d’éviter une prise rectale plus impactante. Lors d’un changement de zone au sein de l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une nuit au minimum. Pour limiter la douleur, la souffrance et l’angoisse, une échelle de scores cliniques (pelage, mobilité, état général, activité, comportement, etc…) sera appliquée dès le premier geste invasif ou dès qu’un signe d’altération sera observé lors de la surveillance quotidienne. Des traitements antalgiques préventifs et curatifs seront mis en œuvre dès que nécessaire, sous avis vétérinaire et administrés avant toute procédure potentiellement douloureuse (par exemple : intervention chirurgicale, implantation de certains dispositifs ou cathéters, manipulations invasives des tissus, injection répétées). Un relais per os dans l’eau de boisson à 1 mg/kg/jour pourra ensuite être réalisé. Le vétérinaire aura pleine autorité pour euthanasier un animal ou mettre en œuvre un traitement anti-douleur. Concernant les prélèvements sanguins, le volume maximal est défini pour un prélèvement unique, au-delà il s’agira d’un prélèvement terminal sous anesthésie. Les fréquences sont limitées et une réhydratation est prévue. Les points limites déclenchant l’euthanasie incluent : atteinte sévère de l’état général, douleur non contrôlée ou tout score clinique dépassant les seuils définis ou perte de poids dépassant le seuil défini.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La procédure expérimentale d’humanisation a été mise au point et est actuellement maîtrisée chez la souris. Les souches utilisées sont particulièrement réceptives à la greffe du système immunitaire ce qui va permettre à cette espèce d’exprimer des lignées lymphocytaires humaines. Cette particularité permet d’étudier les effets prophylactiques d’une vaccination en condition in vivo, et d’extrapoler, avec davantage de sécurité, les effets qu’auront les traitements chez l’utilisateur final : l’homme. D’autres souches de souris, en particulier non-humanisées, pourront être utilisées dans le cadre d’études préliminaires. Pour les souris non humanisées, les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 6 semaines, animaux matures d’un point de vue physiologique. Pour les souris humanisées, les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 8 semaines, première apparition des cellules immunitaires humaines dans le sang.