Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

240 souriceaux naîtront porteurs d’une mutation qui les tue par détresse respiratoire dans les heures suivant la naissance, et seront tués juste avant cette mort. 1 081 souris vont être utilisées dans ce projet, toutes dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Les nouveau-nés reçoivent une injection dans l’abdomen dès leurs premières minutes de vie, séparés de leur mère cinq minutes au maximum, et des femelles gestantes sont injectées chaque jour du quinzième au dix-neuvième jour de gestation, au risque d’avortements tardifs, de mortalité in utero ou du rejet des petits par la mère. Le projet cherche à savoir si deux molécules renforçant l’activité d’une protéine maintiennent en vie ces souriceaux, modèle d’une forme de sclérose latérale amyotrophique. Le porteur écrit qu' »aucune intervention nécessitant un anesthésique » n’est pratiquée sur ces animaux.

NTS-FR-863255v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
SLA, Ocytocine, mutation FUS, PCPZ
Souris : 1081

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans le présent projet de recherche, nous proposons d’analyser la maturation périnatale des réseaux neuronaux moteurs chez un modèle murin de la maladie de Charcot (SLA – Sclérose Latérale Amyotrophique). Nous étudierons les neurones localisés dans la moelle épinière qui commandent les muscles lorsqu’ils acquièrent leurs caractéristiques adultes. Notre projet est basé sur l’hypothèse que la maladie SLA a une origine développementale et est la conséquence de phénomènes de compensation jusqu’ici ignorés.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Nous faisons l’hypothèse que l’injection de prochloperazine (anti-nauséeux) ou d’ocytocine (deux drogues qui renforcent l’activité d’une proteine transmembranaire essentielle, KCC2), ou le croisement avec une souris ayant une activité pour cette proteine KCC2 renforcée, permettra la survie des nouveau-nés présentant une Sclerose Latérale Amyotrphique (SLA) de type « FUS ». Ce résultat démontrera que la mort des animaux porteurs recessifs de la mutation est liée à un déficit d’activité de la protéine transmembranaire ciblée KCC2. D’un point de vue santé publique, nos données montreront que la survenue précoce de la maladie SLA peut être liée à un déficit de la protéine transmembranaire KCC2 – tout au moins chez les patients atteints de la mutation FUS – et d’envisager une thérapie pharmacologique visant celle-ci.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Le projet sera découpé en 3 étapes. Notre projet vise à maintenir en vie les nouveau-nés à phénotype délétère par 3 méthodes différentes. Dans un premier temps 35 petits naîtront avec un phénotype délétère entrainant la mort par détresse respiratoire. 28 animaux à la naissance seront injectés (une injection en intrapéritonéale, moins d’une minute par petit impliquant une séparation avec la mère de maximum 5 minutes) et 4 femelles gestantes seront injectées de E15 à E19 quotidiennement en sous-cutanée (moins d’une minute par femelle). Dans la procédure complète 58 petits naîtront avec un phénotype dommageable, 49 seront injectés une fois en intrapéritonéale à la naissance (moins d’une minute par femelle) et 13 femelles gestantes seront injectées de E15 à E19 quotidiennement en sous-cutanée (moins d’une minute par femelle). Si l’un des traitements montre 75% ou plus de taux de survie, nous continuerons l’étude. 240 petits naîtront avec un phénotype délétère entrainant la mort par détresse respiratoire et seront euthanasiés juste avant la mort.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Certains animaux vont naitre avec une mutation délétère entrainant la mort par détresse respiratoire dans les heures suivant la naissance. Cette mutation est récessive. Ils seront potentiellement sauvés par l’une des méthodes testées ici mais sans certitude. Nous pourrons avoir de la mortalité dans la portée si la surexpression d’une protéine choisie ne suffit pas à sauver les petits homozygotes pour le gène Fus. Même si les drogues injectées ne sont pas décrites comme délétères (l’ocytocine est une hormone endogène aux organismes et le PCPZ est un anti-nauséeux couramment utilisé) des effets néfastes peuvent intervenir. Nous pourrons donc avoir de la mortalité néonatale si l’injection d’ocytocine ne permet pas la survie des animaux mais nous pouvons aussi avons du rejet des petits par la mère. Nous pourrons également avoir de la mortalité néonatale si le traitement PCPZ ne permet pas la survie des petits mais nous pourrons avoir aussi des avortements tardifs. Il est aussi possible que le stress engendré par l’injection induise de la mortalité in utero des petits. De même, si les méthodes de sauvetage des petits porteurs de la mutation fonctionnent, il faudra les comparer à des petits non traités qui présenteront des détresses respiratoires sévères à la naissance.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Aucun traitement n’existe pour la maladie SLA (slérose latérale amyotrophique) et nous ne connaissons pas les mécanismes impliqués dans la forme étudiée ici. Il est impératif d’exploiter au maximum les tissus pour découvrir des méthodes de traitement. Enfin, les animaux porteur de la mutation doivent être euthanasiés avant tous signes de la maladie

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe actuellement pas de méthode alternative permettant de remplacer l’utilisation de souris car le but de ce projet est de mettre en évidence des mécanismes encore inconnu et donc impossible à modéliser.

2. Réduction

3R / Réduction :

Plusieurs expériences seront menées sur une même portée. Tous les embryons d’une même portée seront utilisés afin de réduire le nombre de femelles gestantes utilisées. Nous prévoyons des portées de 6 à 7 embryons en moyenne provenant de plusieurs portées différentes par condition expérimentale afin que des tests non-paramétriques fiables puissent être effectués.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de ne pas perturber la femelle, les petits seront un minimum touché lors de la mise bas. Lorsqu’une injection est nécessaire sur les nouveaux-nés, l’expérimentateur sera expérimenté et sera toujours la même personne depuis le début de la mise bas (influence des odeurs). de même, l’expérimentateur devra se « laver » les main gantées dans la litère afin de ne pas déposer d’odeur sur les petits. Tout ceci sera fait afin de limiter le rejet des nouveaux nés. Des points limites appropriés ont été déterminés dans l’animalerie en cas d’animal malade et/ou bléssé. L’animalerie dispose de réserve de meloxicam (analgésique). En cas de problème, le vétérinaire référent et la SBEA seront prévenus et des soins pourront être apportés aux animaux . Aucune intervention ne necessitant une anesthésique n’est faite aux animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle dont le génome est parfaitement connu. C’est l’espèce qui présente le plus de modèles génétiquement modifiés permettant de répondre à notre problématique. Il n’existe en effet pas de modèles autres de la mutation étudiée ou d’une surexpression de la protéine choisie. Selon les protocoles mis en place, les animaux pourront 1) être gardés jusqu’à P15 pour s’assurer de leur survie, 2) injectés dès les premières minutes de vie et gardés jusqu’à P15 pour s’assurer de leur survie, 3) injectées entre G15 et G19 (femelle gestantes) et les petits gardés jusqu’à P15 pour s’assurer de leur survie ou 4) utilisés à P0.5 jours.