Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

340 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La plupart subissent une chirurgie stéréotaxique d’injection de virus dans le cerveau ou l’implantation d’une canule cérébrale reliée à une minipompe, complétées par un régime gras, des tests métaboliques, un jeûne de 24 heures et des prélèvements sanguins. Le porteur décrit une inflammation post-chirurgicale possible et l’isolement des souris en cage individuelle pour mesurer la prise alimentaire. Il situe l’intérêt du projet dans la recherche de cibles contre l’obésité, notant que ces médicaments sont « particulièrement intéressants pour l’industrie pharmaceutique », et affirme que cette régulation ne peut s’étudier que chez la souris.

NTS-FR-868199v1
Types de recherche
· Multisystémique · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système nerveux · Troubles endocriniens ·
Mots-clés
Homeostasie energétique, Obésité, Stéréotaxie, Ghréline, Neurones AgRP
Souris : 340

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’homéostasie énergétique se définit comme l’équilibre entre les entrées et les dépenses énergétiques. Les dépenses résultent principalement du métabolisme basal et de l’activité physique, tandis que les apports trouvent leur origine dans l’alimentation. L’organisme doit en permanence recueillir et interpréter des signaux hormonaux, métaboliques et nerveux émis par les tissus périphériques impliqués dans l’utilisation et le stockage de l’énergie (foie, muscle, tissu adipeux). En retour, l’intégration de ces signaux par le cerveau se traduit par la mise en place d’une réponse adaptée au niveau comportemental (manger ou jeûner) et métabolique (production de sucre par le foie et libération de lipides par le tissu adipeux en période de carence, ou bien stockage d’énergie par ces mêmes tissus en période d’abondance). Au niveau du système nerveux central, une région particulière de l’hypothalamus, le noyau arqué (ARC), joue un rôle fondamental dans la signalisation et l’intégration des messages circulants de satiété et de faim. L’ARC contient deux populations neuronales clés dans la régulation du comportement alimentaire : les neurones à Agouti-Related Protein (AgRP) stimulant la prise alimentaire et les neurones à pro-opiomélanocortine (POMC) inhibant la prise alimentaire. Nous avons observé que la prise alimentaire est réduite chez des souris dans lesquelles notre gène d’interêt est invalidé dans les neurones AgRP. Nous voulons maintenant: 1. déterminer les voies de signalisation moléculaires qui sont mises en jeu dans cette population neuronale. 2. Vérifier la réversibilité du phénotype observé chez les souris dont le gène d’intérêt est invalidé. 3. Verifier si la protéine codée par le gène d’intérêt peut être une cible thérapeutique pour le traitement de l’obésité.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Au cours de la dernière décennie, l’humanité a été confrontée à une épidémie d’obésité et de Diabète de Type 2 (DT2) en rapide augmentation. Le nombre de sujets touchés continue d’augmenter dans les économies de marché établie et de façon encore plus spectaculaire dans les économies émergentes et en développement très peuplées. Le mode de vie sédentaire et la suralimentation expliquent cette propagation épidémique de la maladie. Une approche simple consisterait donc à adapter les habitudes personnelles en conséquence. Malheureusement, cette approche ne fonctionne que pour un petit sous-ensemble de la population, car elle exige une maîtrise de soi très forte et n’est pas suffisante lorsque le diabète à part entière est déjà apparent. Si d’énormes efforts de recherche ont été déployés pour élucider et cibler les pathomécanismes de l’obésité et du DT2, le tableau est encore loin d’être complet. Par conséquent, de nouvelles perspectives de recherche menant à des approches thérapeutiques sont fortement demandées pour prévenir les énormes coûts de santé et les conséquences négatives du mode de vie moderne. Notre étude se concentre sur un rôle potentiel d’un gène d’intérêt dans la régulation neuronale de la prise alimentaire et du comportement alimentaire. Des mutations du gène étudié ont été trouvées dans de nombreuses cohortes de diabétiques DT2. Nos données laissent entrevoir un rôle spécifique de ce gène dans le contrôle de la prise alimentaire, une fonction qui n’a pas été mise en avant jusqu’à présent. Les expériences suggérées sont conçues pour explorer davantage les mécanismes moléculaires reliant notre gène d’intérêt à la prise alimentaire, ce qui sera nécessaire pour déterminer si la protéine codée par ce gène est ou non une nouvelle cible thérapeutique pour le traitement de l’obésité. Par ailleurs, l’utilisation d’inhibiteurs ciblant la famille de notre protéine d’intérêt nous permettra de fournir une première preuve de concept qui déterminera si l’inhibition pharmacologique est effectivement une voie à privilégier. En effet, les médicaments réduisant l’obésité sont particulièrement intéressants pour l’industrie pharmaceutique, notamment en combinaison avec des médicaments qui agissent pour restaurer la fonction cellulaire. Ainsi, notre approche jettera les bases de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les patients atteints d’obésité.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

230 animaux subiront, sous anesthésie générale, une chirurgie stéréotaxique afin d’injecter des adénovirus associés dans une zone particulière du cerveau. La durée de la chirurgie, de l’induction de l’anesthésie au réveil, est 1h – 1h30. Avant et après l’injection de virus, ils seront soumis à des tests métaboliques (1 test par semaine – 4 tests prévus). Pour chaque test ils subiront 4 injections IP (1inj/jour pendant 4 jours – durée 10 sec/inj). 90 souris seront soumises à un régime enrichi en gras qui entrainera une prise de poids. Ces animaux subiront, sous anesthésie générale, l’implantation par chirurgie stereotaxique d’une canule dans une zone particulière du cerveau. La canule est reliée à une minipompe implantée sous la peau du dos au cours de la même chirurgie. 1 semaine avant et 1 mois après la chirurgie, un prélèvement sanguin à la veine temporo mandibulaire (durée : 30-45 sec.) est réalisé sur les animaux vigiles. Par ailleurs, au cours du mois suivant la chirurgie, ces animaux seront soumis à des tests métaboliques (1 test/semaine). Le premier nécessite 1 injection IP ( durée 10 sec) et des prélèvements d’une goutte de sang (2µl – durée 5sec.) à la veine de la queue à des temps post-injection précis. Le 2ième nécessitera 4 injections IP (1 inj/jour – durée 10 sec.)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La chirurgie stereotaxique est utilisée pour délivrer des vecteurs viraux (adénovirus associés) dans une zone particulière du cerveau. Ces vecteurs permettront l’expression de notre protéine d’intérêt ou de récepteurs particulier dans des populations neuronales spécifiques. La chirurgie pourrait provoquer une réaction inflammatoire locale post-chirurgicale. Différents tests métaboliques sont décrits dans ce projet: Le premier est un test de sensibilité à la ghréline (hormone de la faim) qui, pour habituer les animaux, nécessite une injection IP de NaCl0.9% quotidienne pendant jours sans aucun effet prévu. Le jour du test les animaux subiront une injection IP de ghréline qui stimulera leur appétit. Le deuxième est un test de réalimentation après un jeûne de 24H. L’effet de la mise à jeun sera la stimulation de leur appétit et une perte de poids passagère. Un troisième test est décrit, il s’agit d’un test de tolérance au glucose. Un bolus de glucose est administré par voie IP, ce qui aura pour effet l’élévation de la glycémie (taux de glucose sanguin). La glycémie est mesurée à différents temps pour évaluer la capacité à Les animaux recevront une injection stéréotaxique qui pourra provoquer une inflammation post-chirugie. La procédure pour tester la sensibilité à la ghréline nécessite l’injection quotidienne intrapéritonéale de NaCL 0.9% afin d’habituer les souris avant le jour du test. Le test de réalimentation après un jeûne prolongé nécéssite une mise à jeun des souris pendant 24H. Une diète riche gras pour créer une environement obésogène sera mis en place chez les souris traitées avec l’inhibiteur pharmacologique, ce qui peut creer un inconfort chez les souris. Pour les expériences nécessitant la mesure de la prise alimentaire, les souris seront individualisees dans les cages. La tolérance au glucose nécessite l’injection d’un bolus de glucose qui peut entrainer un inconfort chez la souris.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés et leur cerveau sera prélevé pour des études histologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La régulation de l’homéostasie énergétique nécessite la participation de plusieurs organes interdépendants (foie, îlots de Langerhans dans le pancréas, muscles, tissus adipeux, cerveau). Ces mécanismes complexes ne sont présents que dans des organismes complexes tels que la souris.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous utiliserons un total de 340 animaux. Le nombre d’animaux testés dans chaque expérience nous permettra une comparaison statistique adaptée entre les différents groupes tout en tenant compte des impératifs de réduction. Par ailleurs, toujours par souci de réduction, plusieurs tests métaboliques (avec un temps de récupération adapté pour les animaux) seront réalisées sur les mêmes cohortes de souris.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés dans des cages avec un enrichissement essentiel pour leur bien-être (Coton + Carton). La litière des animaux est remplacée une fois par semaine. Les animaux sont surveillés par le personnel qualifié tous les jours. Le stress lié aux procédures nécéssitant l’isolement des animaux sera diminué par l’usage de cages transparentes rendant leurs congénères visibles. Aucune douleur ou souffrance n’est attendu dans la plupart des procédures expérimentales utilisées mais l’usage d’anesthésique et d’analgésique sera systématique pour les procédures expérimentales potentiellement douloureuses. L’habituation des souris à l’opérateur aura systématiquement lieu quelques jours avant l’expérience et les différentes expériences seront réalisées par du personnel qualifié afin d’éviter le stress lié à la manipulation des animaux. Les volumes de sang prélevés seront réduits au minimum nécessaire pour les analyses biochimiques et les volumes injectés seront adaptés au poids de chaque animal afin de ne pas induire de stress supplémentaire. Chaque semaine, la prise de poids, la quantité de nourriture sont mesurées permettant ainsi un suivi hebdomadaire des souris. Les animaux seront surveillés quotidiennement pour réduire tout inconfort ou douleur qui se développerait et des points limites seront déterminés pour éviter toute souffrance animale. Tout signe de douleur sera pris en charge en prenant les mesures appropriées en fonction du niveau de douleur observé, après avis vétérinaire. Les injections stéréotaxiques seront réalisées par une personne détentrice d’une formation en chirugie et formé spécifiquement à cet acte chirurgical.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans le domaine du métabolisme, la souris est un modèle animal déjà validé. D’autre part, l’utilisation des souris se justifie également par l’existence de lignées génétiquement modifiées dans lesquelles le gène codant pour la protéine CaMK1D est invalidé. Les chirurgies stéréotaxiques concernant l’injection des AAVs seront réalisées chez des animaux âgées de 8 semaines, stade auquel toutes les structures cérébrales sont pleinement développées. Les animaux seront nourris avec de la nourriture riche en gras dès l’âge de 5 semaines afin de favoriser une prise de poids optimale (PE3)