
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-876133)
350 grands requins pélagiques vont être capturés dans les eaux françaises de l’Atlantique Nord-est et soumis à des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avant d’être relâchés un par un. Chaque animal lutte vingt à trente minutes au bout d’une ligne, reste ensuite vingt minutes hors de l’eau sur une plateforme hydraulique, subit deux prises de sang, une biopsie musculaire et la pose d’un maximum de trois balises. Requin blanc, taupe commun, peau bleue, mako, renard, griset et hâ sont visés sans distinction, la pêche ne permettant pas de choisir l’espèce capturée. Le porteur écrit qu' »un seul individu est suffisant » au regard des lacunes de connaissance, retient tout de même 50 individus par espèce, et présente ces captures comme « valorisées » par l’application systématique du protocole.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet présenté a pour objectifs une meilleure compréhension des mouvements et des histoires de vie des espèces de grands requins pélagiques présentes dans les eaux françaises de l’Atlantique Nord. Ce projet cible différentes espèces de requins et vise à raffiner l’expérimentation par la mutualisation des procédures expérimentales. En effet, le nombre de gestes techniques réalisés sur un animal est optimisé afin de contribuer à la collecte d’un maximum de données tout en tenant compte de la condition des animaux capturés. Ces données seront exploitées au sein de plusieurs projets de recherche et limitent le nombre total d’animaux qui serait nécessaire à la réalisation de ces projets indépendamment les uns des autres. De plus, la pêche ne permet pas de sélectionner les espèces de grands requins pélagiques capturées pour lesquelles les lacunes de connaissance sont identifiées au niveau national et international. Ainsi, les captures sont valorisées par l’application de la procédure expérimentale de façon systématique quelles que soient les espèces. Les espèces d’intérêt présentes dans la zone de pêche sont : le grand requin blanc, le requin taupe commun, le requin peau bleue, le requin mako, le requin renard commun, le requin griset et le requin hâ. Ces espèces seront capturées afin de répondre à deux objectifs principaux : (1) avoir des informations moléculaires sur l’écologie trophique des individus à travers les biomarqueurs naturels de l’alimentation et sur les contaminations associées grâce à des prélèvements de tissus, et (2) d’identifier les mouvements des individus grâce à la pose de balises. Ces données contribueront à une meilleure prise en compte de l’écologie des requins pélagiques dans les mesures de gestions des activités humaines en mer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Il s’agit d’un projet relié à un effort de recherche international afin de contribuer à des avancées significatives dans l’évaluation des populations des espèces de grands requins pélagiques, leur physiologie, leur écologie trophique ainsi que les menaces environnementales auxquelles elles sont confrontées. Ces données seront exploitées au sein de plusieurs projets de recherche et limitent le nombre total d’animaux qui serait nécessaire à la réalisation de ces projets indépendamment les uns des autres. Les espèces ciblées dans ce projet sont identifiées comme des espèces à enjeu pour lesquelles les lacunes de connaissances limitent la mise en place de mesures de gestion pertinentes et efficaces par les organisations régionales des pêches ainsi que les conventions de mer régionales et l’Union Européenne. A court terme, ce projet apportera des bases de connaissance sur les requins pélagiques dans les eaux de l’Atlantique Nord-est sous juridiction française. A long terme, ce projet s’inscrit dans une démarche collaborative internationale qui vise à appréhender les enjeux liés aux requins pélagiques dans l’ensemble des eaux de l’Atlantique Nord.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à un stress lié à la capture par des engins de pêche. Puis, les animaux vigiles seront soumis à 2 prélèvements de sang d’une durée de 2 minutes maximum, 1 biopsie d’une durée max de 2 minutes et la pose de, au maximum, 3 balises d’une durée de 10 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux subiront un stress lié à la pêche permettant leur capture en milieu naturel pendant 20 à 30 minutes, puis lors de leur maintien sur la plateforme, durant 20 minutes, hors de l’eau. Une douleur légère voir négligeable sera généré par la présence de l’hameçon à la commissure des mâchoires. Une douleur légère d’une durée de 20 minutes maximum pourra être générée par l’ensemble des prélèvements qui seront réalisés : prises de sang (légère/2 fois 2 minutes maximum) et biopsie musculaire (légère/2 minutes maximum) ; ainsi que lors de la pose des balises pour l’identification et le suivi télémétrique de l’animal (légère/10 minutes maximum au total).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des individus seront relâchés individuellement à l’issu de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet a pour objectif d’étudier l’écologie et la biologie du grand requin blanc, du requin taupe commun, du requin peau bleue, du requin taupe commun, du requin mako, du requin renard commun, du requin griset et du requin hâ en milieu naturel, de ce fait il n’est pas possible de remplacer les animaux dans les procédures.
2. Réduction
Dans un objectif de réduction, le nombre maximum d’individus impactés par les procédures a été limité à 50 par espèce. Les enjeux de connaissance sur ces espèces sont tels qu’un seul individu est suffisant et l’on considère qu’à partir de 10 individus la variabilité interindividuelle peut être explorée et à partir de 50 une extrapolation peut être faite sur les individus issus d’une même zone de pêche. Ainsi le choix de 50 représente le nombre maximum d’animaux suffisants par espèce pour les analyses Par ailleurs, la mutualisation de la procédure expérimentale sur les animaux permet de réduire le nombre total d’animaux qui seraient impactés par une réalisation de projets de recherche indépendamment les uns des autres dans divers champs de l’écologie : écologie trophique, écotoxicologie, génétique et dynamiques spatio-temporelles. Cette collecte simultanée d’échantillons sur des animaux issus du milieu naturel est un point central de cette expérimentation, de même la collaboration internationale associée à ce projet garantit la minimisation de l’impact de cette recherche sur la faune sauvage.
3. Raffinement
Les détresses associées à la procédure expérimentales sont essentiellement liées à la pêche en elle-même puis au contentionnement des individus et enfin à l’exécution des gestes techniques. Afin de minimiser la souffrance liée à la pêche les individus sont pêchés un à un afin de diminuer le temps de capture. De plus, les hameçons et le montage des lignes de pêche minimisent les risques de blessures des animaux en favorisant l’ancrage des hameçons au niveau de la mâchoire de l’animal tout en réduisant les risques d’ingestion. Le contentionnement des individus est assuré sur une plateforme hydraulique le long du bateau. Cette plateforme permet à l’équipe technique d’opérer en sécurité pendant une période limitée à 20 minutes sur un animal. Par ailleurs, une manche à eau qui pompe en continue de l’eau de mer est insérée dans la gueule du requin afin de maintenir les échanges respiratoires durant la procédure et diminuer le stress ventilatoire. De même, une serviette humide est déployée sur la tête de l’animal afin de maintenir les branchies et les yeux en milieux humide car ces derniers ne sont pas équipés de paupières et cela diminue le stress visuel. Additionnellement, l’ensemble du corps est maintenu en conditions humides par arrosage à l’eau de mer afin de prévenir l’augmentation de la température corporelle, la dessiccation du derme et le risque de lésions associé. Lors de la remise en liberté l’hameçon est retiré à l’aide d’une pince à poisson dédiée qui assure la sécurité du manipulateur et permet d’éviter de blesser l’animal. L’ensemble de la procédure est conditionné par l’application d’une grille de points limites présentée dans la procédure. Aucune anesthésie ou analgésie générale n’est prévue. En effet cela représente un risque de ralentissement de la récupération suite à la pêche voir de décès des individus. Ces méthodes risquent d’impacter leur nage qui est un mouvement critique assurant la ventilation, le maintien de leur température corporelle optimale et le fonctionnement métabolique général.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le requin blanc, le requin taupe commun, le requin peau bleue, le requin mako, le requin renard commun, le requin griset et le requin hâ ont été choisis du fait des lacunes de connaissances sur la biologie et l’écologie de ces espèces. Les espèces ciblées sont susceptibles d’être capturées par les mêmes engins de pêche, il n’est pas possible de faire une sélection par espèce lors des opérations. Les stades de développement des animaux utilisés seront des juvéniles, subadultes et adultes de plus de 150 cm. A titre d’information, les individus à la naissance sont autonomes, seule leur taille, leur maturité et leur régime alimentaire varie au cours de la croissance. Pour chaque espèce, les ordres de grandeur des tailles à la naissance et maximale observée sont indiquées en centimètres, dans l’ordre, ci-dessous : Grand requin blanc : 135-600 cm Requin taupe commun : 90-350 cm Requin mako : 80-450 cm Requin peau bleue : 50-400 cm Requin renard commun : 100-580 cm Requin griset : 70-550 cm Requin hâ : 30-155 cm