
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-876851)
Transportées entre trois établissements utilisateurs au cours du protocole, avec une semaine d’acclimatation à chaque arrivée, 1 930 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour une étude approfondie de leurs tissus. Cinquante d’entre elles sont utilisées dans des procédures menées sous anesthésie sans réveil, les 1 880 autres dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections sous-cutanées, un prélèvement de sang à la joue une fois par mois, trois recueils de salive après injection de pilocarpine et des injections de cellules CAR-T ou d’anticorps bispécifiques, l’un des modèles développant une sécheresse buccale et des douleurs articulaires en fin de protocole chez les souris non traitées. Sur le remplacement, le porteur affirme qu’aucune alternative, organoïdes compris, ne permet d’étudier plusieurs organes cibles à la fois, et revendique un « organisme animal entier ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Sjögren est une maladie auto-immune chronique provoquant une inflammation des glandes salivaires et lacrymales, entraînant une sécheresse de la bouche et des yeux. Elle peut aussi toucher d’autres organes (poumons, muscles, nerfs) et augmenter fortement (x20) le risque de développer un lymphome, qui affecte 5 à 10 % des patients. À ce jour, aucun traitement spécifique n’est approuvé. Les lymphocytes B jouent un rôle central dans cette maladie en produisant des auto-anticorps. Ce sont aussi eux qui peuvent évoluer en cancer. Cibler ces cellules constitue donc une approche thérapeutique prometteuse. Si certains anticorps thérapeutiques dirigés contre les lymphocytes B sont déjà utilisés, ils présentent encore de nombreuses limites. De nouvelles approches, comme les cellules CAR-T (globules blancs génétiquement modifiés) ou les anticorps bispécifiques (favorisant le contact entre cellules immunitaires et cellules cibles), ont montré des résultats très prometteurs, allant jusqu’à la guérison dans certains cas rapportés. Notre projet vise à : 1) comprendre comment ces thérapies peuvent éliminer les lymphocytes B pathogènes et potentiellement guérir une maladie auto-immune ; 2) optimiser ces traitements en identifiant les meilleures cibles et stratégies pour limiter les effets secondaires. Nous testerons différentes cibles avec des CAR-T et anticorps bispécifiques dans trois modèles murins complémentaires, où les lymphocytes B jouent un rôle clé. Aucun modèle ne reproduisant parfaitement la maladie humaine, cette diversité permettra une analyse plus fine. Ce projet permettra de mieux comprendre cette maladie chronique et invalidante en explorant ses mécanismes, tout en développant des approches thérapeutiques innovantes. Il aidera à préparer les essais cliniques futurs et à anticiper les effets secondaires. Nous mettrons aussi l’accent sur des traitements plus accessibles économiquement, en valorisant les anticorps bispécifiques, plus simples et moins coûteux que les CAR-T. Ce projet aura lieu dans 3 établissements utilisateurs en raison de contraintes liées au matériel nécessaire et à la place disponible dans les établissements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La compréhension des mécanismes à l’origine l’efficacité chez l’Homme des nouvelles immunothérapies permettra le développement de nouvelles molécules efficaces avec moins d’effets secondaires. En effet les traitements actuellement disponibles pour cibler les cellules B entrainent des effets indesirables sévères (notamment infectieux) et aboutissent à des rechutes necessitant de retraiter les patients continuellement. L’objectif est d’aboutir a une guerison définitive des patients sans traitement. L’identification de la meilleure cible moléculaire et de la meilleure immunothérapie chez la souris, parmi ceux déjà essayés chez quelques patients sélectionnés, pourra permettre la réalisation d’essais cliniques de plus grande ampleur chez l’Homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
-Injections sous cutanées : 3 fois. durée
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
1) Douleur et stress de courte duree liee aux prelevements sanguins sur la joue limites par une anesthesie gazeuse. 2) Stress lie a la contention pour le recueil de salive et d’urines limité par l’anesthesie. 3) Développement d’une sécheresse de la bouche pour laquelle nous fournirons aux souris des croquettes humidifiees. 4) Douleurs des articulations possibles pour un des modèles (BAFFtg) en fin de protocole pour les souris non traitées
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
euthanasie avec étude approfondie des tissus
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude de nouveaux medicaments utilisant un systeme immunitaire complet et reproduisant la pathologie ne peuvent etre effectues que sur un modele animal. En effet la realisation d’experiences in vitro sur prelevements humains est rendue impossible par la nécessité d’étudier les effets des traitements dans les tissus ainsi que leurs interactions avec les autres cellules et organes. D’autre part, les maladies auto-immunes étudiées sont des maladies multi-systémiques, donc touchent de nombreux organes. Pour évaluer l’efficacité du traitement, nous aurons besoin de mesurer des paramètres cliniques divers (flux salivaire, protéinurie), nécessitant un organisme animal entier. Il n’existe pas à ce jour d’alternative non animale, tels que les organoïdes par exemple, qui permette l’étude du système immunitaire dans son ensemble comportant plusieurs organes cibles, dans les maladies auto-immunes.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire a été calculé pour utiliser le nombre minimal d’animaux tout en ayant des résultats significatifs et interprétables sur le plan scientifique. Un nombre trop faible d’animaux ne permettrait pas de mettre en évidence des différences et de prouver nos hypothèses, rendant ainsi l’expérimentation caduque. Dans le cas où nos résultats seraient meilleurs qu’attendus selon les études préalables, nous réduirons encore au maximum le nombre d’animaux au fur et à mesure des expérimentations.
3. Raffinement
Les souris bénéficieront d’un enrichissement de milieu avec du coton, des rouleaux de carton et des bâtonnets en bois. Ces animaux ne seront jamais hébergés seuls dans des cages séparées et feront l’objet d’une période d’adaptation d’une semaine après leur arrivee avant de débuter une procedure. Au vu de la longueur des procédures, nous privilégierons des cages de 4 animaux. Pour la réalisation de la procedure, nous avons établi des points limites au moyen d’un score afin d’évaluer le bien-etre animal (décrits dans la procedure expérimentale). Les points limites seront strictement appliques. Les animaux seront donc suivis quotidiennement afin de veiller à ce bien-être et de prendre les mesures nécessaires developpees dans la description de la procédure. Après chaque anesthésie, les souris seront maintenues sur des tapis chauffants et les conditions d’anesthésie générale avec analgésique sont réalisées pour une meilleure prise en compte de la douleur. Afin de diminuer l’effort en convalescence, du diet gel est placé dans les cages pendant 48h. Le diet gel sera systématique ajouté en cas de sécheresse buccale significative. Les souris à euthanasier seront placées dans une salle isolée du reste des souris. Les animaux seront transportés entre les deux établissements suivant une procédure de transport déclarée lors de l’agrément de l’établissement (cheminement et conditions de transport validés par signature d’une charte de transport). Puis période d’acclimatation pour les animaux d’une période de 7 jours sur le site d’accueil.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris a un système immunitaire et une génétique proche de l’Homme et peut développer des atteintes cliniques similaires aux maladies auto-immunes humaines. La facilité d’utilisation et la bonne reproductibilité en fait un modèle de choix. Chaque modèle sera le miroir d’une facette de la physiopathologie des maladies auto-immunes liées aux lymphocytes B. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte après établissement des anomalies cliniques révélatrices de maladie auto-immune.