
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-878672)
960 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une implantation stéréotaxique de sondes de microdialyse ou de canules, puis une microdialyse de quatre heures ou des tests comportementaux, le labyrinthe en croix surélevé et le test de nourriture en milieu nouveau, pour étudier la transmission GABAergique dans la réponse aux antidépresseurs. Le porteur qualifie les nuisances de très faibles et affirme que le cerveau est dépourvu de fibres sensibles à la douleur. Il conclut que l’usage de la souris est « indispensable », seul un animal entier vivant et vigile permettant selon lui d’appréhender ces réponses.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS, dont la fluoxétine) affectent le fonctionnement de différentes zones cérébrales pour induire l’effet antidépresseur. Parmi elles, l’hippocampe est une structure cérébrale clé à l’interface de différentes fonctions : cognition, émotion, ou encore régulation hormonale. Il est donc important de comprendre comment les ISRS affectent le fonctionnement des différents types de neurones qui composent l’hippocampe. Parmi eux, les interneurones du gyrus dentelé sont une cible de choix. En effet, ils sont un lien avec beaucoup d’autres neurones de l’hippocampes grâce à leurs nombreuses connexions. Ils expriment aussi le récepteur 5-HT3 de la sérotonine ce qui les rend sensibles aux élévations de la transmission sérotoninergique induites par un ISRS. Enfin, le rôle des interneurones GABAergiques est controversé quant à leur lien avec les jeunes neurones issus de la neurogenèse adulte hippocampique qui est un élément important de la réponse aux antidépresseurs. Ce travail vise donc à évaluer dans un premier temps comment un traitement chronique avec un ISRS affecte la transmission gabaergique et si cette transmission affecte la réponse comportementale au traitement antidépresseur. Dans un second temps nous évaluerons si l’ablation génétique de la neurogenèse hippocampique affecte cette transmission gabaergique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La compréhension de l’implication de transmission gabaergique de la réponse aux antidépresseurs est un élément important dans la compréhension globale de la réponse aux antidépresseurs. Si cette compréhension s’est approndie largement sur les systèmes monoaminergique et plus récemment sur le sytème glutamatergique, le système gabaergique n’est à ce jour que peu étudié dans le cadre de la réponse aux traitements antidépresseurs. Ceci peut paraitre étonnant tant l’utilisation des benzodiazépine est courante dans la pratique clinique pour traiter les commorbidités anxieuses chez des patients dépressifs notamment en début de traitement avec un antidépresseur.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux auront une implantation stéréotaxique soit de sondes de microdialyse soit de canule d’administration locale. Les animaux seront soit dialysés (4h) soit seront évalués dans un test comportemental (le labyrinthe en croix survélévé (5min) ou le test du novelty suppressed feeding (6min)) après administration locale de la molécule d’intérêt. Dans le cas de la microdialyse la chirurgie prend une tretaine de minutes il en va de même pour l’implantation du guide canule pour l’adminstration locale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances pour ces animaux sont très faibles. Pour l’axe comportemental, les administrations locales seront réalisées par du personnel qualifié à ces techniques et les tests comportentaux n’impliquent pas de douleur ou de durée d’expérimentation déraisonnable. Les implantations intracérébrales constituent une gène légère pour l’animal. Le cerveau est dépourvu de fibres sensibles à la douleur, à titre d’exemple des chirurgies similaires sont réalisée chez l’humains sous simple anesthésie locale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasie des animaux à l’issue de chaque procédure, pour vérification anatomique des implantations.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de souris est indispensable pour ce projet. L’évaluation de processus complexes qui induisent une réponse neurochimique ou comportementale n’est à ce jour pas modélisable. Ainsi seul un animal entier vivant et vigile permet d’appréhender ces éléments.
2. Réduction
Le calcul de puissance effectué pour les expériences de microdialyse a été réalisé avec le logiciel biostatGV. Les concentrations de GABA et de glutamate dans les dialysats sont attendues avec un écart type estimé à 20 % (issue des données de la littérature et de notre propre expérience) et la possibilité de discriminer un effet de 25% a été envisagé. Une puissance de 0,9 et un alpha de 0,05 ont été choisis. Ceci indique 14 animaux par groupe nombre qui est augmenté à 15 pour pallier aux aléas expérimentaux. Une approche statistique sera envisagée par analyse de la variance entre les différents groupes d’animaux suivis pas des tests post-hoc adéquat. Les seuils de significativité seront fixés à *p
3. Raffinement
Un anesthésique (hydrate de chlorale) est utilisé pour effectuer l’implantation des sondes de microdialyse. Le cerveau est un organe dépourvu de fibres nerveuses libres dédiées à la nociception, bien qu’invasive cette chirurgie se révèle mineure pour les animaux
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation de de souris est nécessaire pour ce projet en particulier la souche 129 Sv Tac par son niveau basal faible de negenèse adulte hippocampique. Les animaux entreront dans le protocole expérimental lorsqu’ils seront agés de 8 à 10 semaines.