
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-879327)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il s’agit de former les étudiants aux techniques courament utilisées en biologie du développement et de développer leur sens de l’observation afin de leur permettre de distinguer différents stades de développement durant l’embryogenèse chez l’amphibien Xénope, ou d’interpréter l’expression de différents gènes. Le nombre d’étudiants participant aux TP de M1 est au maximum de 20. Les TP de L2 regroupent 160 étudiants en plusieurs groupes. Ces TP nécessitent l’obtention d’environ 1200 embryons par année obtenus par stimulation hormonale de la ponte de femelles adultes suivie d’une fécondation in vitro. Il est a noté que les étudiants ne participent pas à la première phase du projet impliquant des animaux adultes. Les étudiants vont utiliser les embryons fixés obtenus durant cette phase préparatoire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Acquisition par les étudiants de connaissances pratiques et du sens de l’observation dans le cadre d’un enseignement en biologie du développement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Il s’agit de stimuler la ponte d’ovocytes par les femelles de xénope afin de réaliser une fécondation in vitro. La durée de la stimulation hormonale est brève, environ 30 secondes. Le lendemain ces femelles sont massées une à deux fois pour induire la ponte des oeufs. Un male est anesthésié et les testicules sont prélevés. Le mâle est mis à mort juste avant l’opération. Compte tenu de l’efficacité relative de la stimulation hormonale et de la fécondation in vitro, une dizaine de femelles semble nécéssaire pour obtenir 1200 embryons par an, à raison d’une seule stimulation hormonale par femelle et par an. Un seul mâle sera euthanasié par an afin d’obtenir des testicules utilisables pendant 15 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress induit par l’injection d’hCG pour les xénopes femelles. Stress induit par l’anesthésie pour le xénope mâle. Le jour de la fécondation in vitro, le ventre de la femelle est massé pour provoquer la ponte, par pression légère afin de mimer la pression naturelle apliquée sur l’abdomen par le mâle.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la suite de la stimulation hormonale, les femelles sont transférées dans un bac de réserve pour ne pas les mélanger avec les femelles qui n’ont pas encore été injectées et un délai de 6 mois de récupération est respecté avant une nouvelle injection. Les femelles qui ne pondent pas deux fois de suite sont mises à mort. Les autres femelles sont maintenues en vie tout au long du projet. Dans le cas d’animaux malades, des points limites ont été établis pour limiter la souffrance et permettre leur prise en charge adaptée.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La fécondation in vitro constitue la seule méthode permettant d’obtenir des embryons qui se développent de manière synchrone. Aucune méthode alternative n’a pour l’instant été mise au point permettant d’obtenir des embryons de xénope à différents stades du développement. Dans la mesure où il s’agit de travaux pratiques portant sur l’étude du développement , il est nécessaire pour les étudiants d’acquérir des compétences pratiques en effectuant les expériences d’hybridation in situ sur différents stades du développement.
2. Réduction
Les femelles xénopes pondent plusieurs centaines d’oeufs à chaque fécondation in vitro permettant de limiter le nombre d’animaux utilisés et de préparer les embryons pour deux travaux pratiques. Les embryons qui se développent, sont systématiquement fixés et peuvent être conservés plusieurs années dans de l’éthanol à -20°C pour de simples observations morphologiques. Pour les expériences d’hybridation in situ, le temps de conservation est moins long. Nous allons conserver certains embryons expérimentaux d’une année sur l’autre et tester l’efficacité de l’hybridation in situ. Si l’hybridation in situ reste aussi efficace, nous pourrions prévoir une période de microinjection de 15 jours pour deux années de TP. Par ailleurs, les expériences sont effectuées sur une période de 15 jours permettant l’utilisation d’un seul xénope mâle pour le prélèvement des testicules.
3. Raffinement
la durée de l’injection est minimisée afin de limiter le stress. La contention de l’animal est réalisée en mimant la prise du mâle lors de l’accouplement et en cachant les yeux de la femelle pour réduire le stress. A la suite de la ponte les femelles sont laissées à l’isolement pendant 24 heures pour faciliter la récupération. L’observation des animaux permet de mettre en place des critères observables définissant des points limites afin d’évaluer la douleur de l’animal et d’entamer des procédures de soins ou d’euthanasier les animaux. L’euthanasie s’effectue par dose léthale d’anesthésiant évitant toutes douleurs à l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le xénope est un modèle standard de l’étude de l’embryogenèse. La femelle pond des centaines d’ovocytes, permettant de réaliser une fécondation in vitro à l’aide d’un broyat de fragment de testicule. Le développement est externe et peut s’effectuer dans de simples bacs ou aquariums. La fécondation in vitro permet un développement synchrone des embryons. De plus, les oeufs de l’espèce utilisée, le Xenopus Laevis font 1.2 mm de diamètre. Les changements de morphologie sont facilement observables à l’aide d’une simple loupe binoculaire. La réalisarion d’expériences de gain ou de perte de fonction se fait à l’aide d’un sytème standard de microinjection dès le début du développement. Les embryons fournis aux étudiants sont fixés et sortent du cadre des dispositions d’expérimentation animale à des fins scientifiques. Notre projet s’appuie donc exclusivement sur le suivi et la prise en charges de xénopes adultes nécessaires pour la stimulation hormonale de la ponte d’ovocytes et la fécondation in vitro.