
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 31/05/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-882192)
Quarante-deux jours d’administration quotidienne par gavage ou par injection, et une colite entretenue par un produit chimique ajouté à l’eau de boisson sur des cycles de cinq jours espacés de neuf : 1 200 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever leurs tissus. Le produit altère le côlon, provoque des diarrhées et une perte de poids d’environ 10 % malgré une alimentation normale. La molécule testée a déjà passé un essai de phase 2 chez des patients atteints de rectocolite hémorragique et se trouve en phase 3, et il s’agit ici de tester son association avec d’autres composés en vue d’une autorisation de mise sur le marché. Le porteur retient des souris de neuf semaines, âge qu’il décrit comme optimal pour une colite ni trop importante ni trop mineure.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (rectocolite hémorragique et maladie de Crohn) touchent plus de 0,3% de la population mondiale et sont de plus en plus fréquentes avec l’industrialisation des pays. Les traitements existants ne sont parfois pas efficaces ou non-suffisamment efficaces avec une très grande variabilité au sein des malades. Ainsi, la proposition de nouvelles thérapies est nécessaire. Notre molécule a montré une efficacité anti-inflammatoire dans le modèle murin de colite et chez le patient atteint de rectocolite hémorragique lors d’un essai clinique de phase 2 et est actuellement évaluée dans un essai de phase 3. Dans l’objectif d’une autorisation de mise sur le marché de cette molécule en tant que médicament, nous voulons étudier la possibilité de l’associer avec d’autres composés déjà sur le marché ou en développement, pour améliorer la réponse des patients au traitements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La démonstration de l’intérêt d’une association de notre molécule avec d’autres thérapies existantes, permettra d’offrir de nouvelles possibilités aux malades qui ne répondent pas aux traitements actuels des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront exposés à l’ingestion d’un produit chimique ajouté à l’eau de boisson sur des périodes de 5 jours entrecoupées de 9 jours. Ils recevront un traitement par voie orale ou par injection (intrapéritonéale ou intraveineuse) de façon quotidienne sur une durée de 42 jours maximum. Cette procédure est non douloureuse et réalisée avec une contrainte faible en environ 10 secondes. Une prise de sang sera réalisée à la fin du protocole afin d’analyser différents paramètres biologiques. Cette procédure est réalisée sous anesthésie et est réalisée en maximum 30 secondes. Ces gestes seront réalisés par du personnel qualifié et expérimenté.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables prévus chez les animaux résultent de l’administration d’un composé chimique qui mime une inflammation du colon chez l’homme. Ce produit chimique induit une altération du colon provoquant une inflammation suivie par une perte de poids de l’ordre de 10% chez les souris, malgré une alimentation et une hydratation normale, et des diarrhées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de l’étude pour pouvoir réaliser des prélèvements de tissus et évaluer l’efficacité du traitement.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous voulons étudier le traitement d’une inflammation du colon et pour cela seule l’utilisation d’un modèle murin est adaptée car il permet d’étudier les effets sur un organisme vivant dans son intégralité étant donné que ce traitement a vocation d’être ensuite utilisé chez l’Homme.
2. Réduction
Le nombre d’animaux sera réduit au maximum tout en permettant l’obtention de résultats solides garantis par des analyses statistiques. Le nombre de souris pour chaque groupe est fixé à partir des résultats précédemment obtenus dans un modèle d’inflammation murine du colon et les données recueillies dans la littérature.
3. Raffinement
La surveillance des animaux se fera régulièrement avec une évaluation du stress et de la douleur grâce à l’utilisation d’une grille de score, permettant d’évaluer l’atteinte des points limites. L’administration répétée des composés par voie orale ou injection sera réalisée par du personnel entrainé à un geste précis et rapide, ceci afin de limiter le stress de l’animal. L’hébergement des souris sera enrichi par l’ajout dans les cages de cabane en carton et de cotons, favorisant par exemple la construction de nids. Un fond musical est également assuré dans les locaux afin de diminuer le stress des animaux. Lors des périodes de récupération des animaux, de la pâtée alimentaire sera également distribuée dans les cages pour favoriser leur hydratation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin d’inflammation du colon est très documenté et permet de reproduire les symptômes et les mécanismes immunitaires de la rectocolite hémorragique chez l’homme. C’est un modèle très utilisé car sa mise en place est rapide et non invasive (ajout d’un composé chimique dans l’eau de boisson) tout en offrant une bonne reproductibilité des résultats, évitant ainsi la répétition des études et limitant l’utilisation d’animaux. Nous utiliserons des souris adultes âgées de 9 semaines car c’est l’âge optimal pour une induction de la colite qui ne soit ni trop importante ni trop mineure pour observer des effets des composés thérapeutiques.