
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-896499)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les plaies cutanées chroniques représentent un problème de santé publique important avec, en France, près de 500 000 patients concernés dont les pathologies principales sont des ulcères de jambe, des plaies du pied chez les diabétiques et des escarres. Une plaie est considérée comme chronique si elle n’a pas cicatrisé après 4 à 8 semaines malgré un traitement adapté. Ces plaies entraînent des impacts négatifs sur la qualité de vie du patient, et leur prise en charge induit des coûts importants. Il est connu que le monoxyde d’azote, molécule naturellement présente dans l’organisme, joue un rôle essentiel dans la cicatrisation. Aucun patch cicatrisant libérant du monoxyde d’azote n’est actuellement disponible sur le marché car sa mise en place est complexe. Pour répondre à cette problématique, un nouveau matériau a été développé. Afin d’être représentatif de la réalité clinique, ce projet consiste à tester ce patch sur un modèle animal de plaie chronique, avant d’envisager une évaluation clinique chez l’humain. Les objectifs sont donc d’abord d’évaluer la sécurité et l’efficacité des patchs libérateurs de monoxyde d’azote sur la cicatrisation d’une plaie chronique sur un modèle animal, puis par la suite d’évaluer les effets sur les cellules de la peau.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La cicatrisation des plaies est un processus naturel qui permet à la peau de se réparer mais une plaie mal soignée peut entraîner des complications (par exemple les plaies chirurgicales ou les ulcères du pied chez les personnes diabétiques). Ces plaies augmentent aussi le risque de mortalité des patients, pouvant atteindre jusqu’à 20 % selon les cas. Pour améliorer leur prise en charge, il est essentiel de tester de nouvelles substances, de nouveaux pansements et dispositifs médicaux. Les travaux menés dans le cadre de cette demande d’autorisation de projet viendront renforcer les résultats et les données de sécurité déjà obtenues sur l’efficacité et la sécurité des patchs développés dans le cas de plaies aigues. Ces données permettront d’initier une démarche pour aboutir à la mise en place d’une étude chez l’humain sur la plaie chronique du diabétique et l’escarre. A terme, ces dispositifs pourraient être utilisés chez l’Homme pour aider à guérir des plaies chroniques difficiles à cicatriser.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à deux interventions chirurgicales sous anesthésie générale évaluées à 30 minutes maximum chacune, pour l’induction d’une plaie cutanée au niveau du dos. Puis le pansement sera changé deux fois par semaine sous anesthésie générale (15 min environ). Un prélèvement sanguin par semaine (30 secondes) sera réalisé lors de cette anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront placés en cages individuelles juste après l’intervention et jusqu’à la cicatrisation, pour éviter qu’ils ne s’arrachent entre eux le pansement et surtout les patchs placés dans les plaies cutanées, ce qui pourra conduire à un stress à cause de la limitation des interactions sociales directes. Par ailleurs, la plaie elle-même pourra entraîner une douleur, qui nécessitera un traitement antidouleur injectable. La répétition de l’ensemble des gestes pour changer le pansement et réaliser les prélèvements pourra altérer légèrement le bien-être des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ne pourront pas être gardés vivants car des prélèvements de peau seront réalisés à la fin de la procédure, pour étudier les effets des patchs au niveau microscopique. C’est pourquoi tous les animaux seront mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le processus de cicatrisation met en jeu des mécanismes complexes entre différents types cellulaires qu’il est pour le moment impossible à reproduire en laboratoire (influence du microenvironnement cutané, processus inflammatoire et immunitaire, formation de nouveaux vaisseaux sanguins fonctionnels…). L’ensemble de ces facteurs complexes ne peut être évalué que sur un organisme vivant et entier. Il n’est en effet pas possible d’utiliser des modèles autres pour réaliser des traitements et un suivi sur une durée prolongée. Le remplacement de ce modèle par des méthodes alternatives n’est donc pas envisageable dans le cadre de cette étude.
2. Réduction
Le choix de 6 rats par groupe, soit un total de 18 animaux répartis en trois groupes, repose sur les recommandations usuelles pour ce type d’étude. Ce nombre permet de disposer d’un effectif suffisant pour une évaluation descriptive de l’efficacité et de la sécurité du patch libérateur de monoxyde d’azote, tout en respectant le principe éthique de réduction du nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Les animaux utilisés sont des rats diabétiques, ce qui peut entraîner une plus grande production d’urine et une soif augmentée. Pour garantir leur confort, leur habitat sera particulièrement surveillé : beaucoup de litière pour absorber l’urine, litière changée au moins trois fois par semaine (ou plus si besoin), et biberons renouvelés aussi trois fois par semaine. Chaque jour leur état général, leur comportement et leur poids seront attentivement surveillés et ces informations seront notées sur une fiche de suivi. Après l’intervention chirurgicale, chaque rat sera placé seul dans une cage pour éviter l’arrachement du pansement par ses congénères. Cependant, pour qu’il garde un contact social, les cages seront transparentes et ouvertes, permettant de voir, sentir et entendre les autres animaux. Toutes les interventions (création de la plaie, changement des pansements, prélèvements) seront réalisées sous anesthésie générale afin que les animaux ne ressentent pas de douleur. Un médicament antidouleur sera donné avant la création de la plaie, puis régulièrement après si nécessaire. Les opérations seront courtes, réalisées dans un environnement propre, et la température corporelle des animaux sera surveillée. Les plaies seront protégées par un pansement, et leur cicatrisation sera suivie grâce à un système de notation. Si certains signes inquiétants apparaissent (comme une perte de poids importante ou une infection), les mesures prévues dans la fiche de suivi seront appliquées, pouvant aller jusqu’à l’euthanasie pour éviter toute souffrance supplémentaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat est souvent utilisé dans les études sur la cicatrisation, car c’est un modèle fiable et bien connu. Dans ce projet, on utilise des rats diabétiques,car leur maladie entraîne deux problèmes qui ralentissent la guérison des plaies : une mauvaise circulation sanguine (comme chez les patients diabétiques) et un manque d’apport en oxygène dans les tissus, comme dans le cas des escarres. Cela permet donc d’étudier un modèle de plaie qui ressemble réellement à une plaie chronique chez l’être humain. De plus, un précédent test du patch a déjà été réalisé chez le rat dans un modèle de plaie aiguë, ce qui rend pertinent d’utiliser la même espèce pour pouvoir comparer les résultats. Les animaux choisis auront environ 10 semaines au début de l’étude. À cet âge, ils présentent déjà une glycémie élevée et stable, ce qui reproduit assez fidèlement le métabolisme d’une personne diabétique. C’est aussi un moment où la cicatrisation de la peau commence à être ralentie, sans que la santé générale du rat ne soit trop affectée. Ce choix permet donc d’étudier les mécanismes qui retardent la guérison des plaies et de tester des traitements dans des conditions réalistes, tout en garantissant des résultats fiables et comparables.