
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-904570)
64 porcs vont être utilisés, tous tués à l’issue, 32 donneurs sous anesthésie sans réveil et 32 receveurs en souffrance sévère. On prélève le foie des donneurs, tués pendant l’intervention, puis on le greffe aux receveurs suivis dix jours avec prélèvements sanguins quotidiens avant leur mise à mort, pour tester une méthode de conservation des greffons à base d’hémoglobine de ver marin. Le porteur signale des complications post-opératoires possibles et un stress lié à l’hébergement individuel. Il affirme que cette technique doit « impérativement » être testée sur l’animal avant tout essai chez l’humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de notre étude est d’améliorer la conservation des greffons hépatiques en ischémie froide par utilisation d’une technique de perfusion intermittente avec adjonction aux solutions utilisées d’un transporteur d’oxygène d’origine animale (à base d’hémoglobine de ver arénicole). Nous étudierons la survie d’animaux greffés et la reprise de fonction des greffons hépatiques conservés à l’aide d’une méthode de perfusion intermittente, alternative à la méthode de référence de perfusion hypothermique continue (HOPE). La perfusion intermittente sera réalisée avec une solution de conservation additionnée ou non de M101 saturé en O2. Les performances de ces traitements seront comparées au contrôle négatif (CS) et au contrôle positif (HOPE).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus concernent la mise en place d’une nouvelle méthode de conservation des greffons hépatiques avant transplantation chez l’Homme. Cette méthode plus simple et moins coûteuse que la méthode de référence (HOPE) permettrait d’accroître le nombre de foies transplantables et de faciliter leur acheminement vers les centres de transplantation.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux donneurs de foie seront anesthésiés et soumis à une euthanasie sans réveil préalable dès que la procédure de prélèvement du foie sera terminée. Les animaux receveurs seront réveillés après la transplantation hépatique de manière à suivre les conséquences post-opératoires durant 10 jours. Durant cette période, des prélèvements sanguins quotidiens seront réalisés (3 tubes de 5 ml) via le cathéter veineux préalablement implanté. La viabilité de l’organe transplanté sera évaluée au 10ème jour post-opératoire. Les animaux seront donc anesthésiés une seconde fois pour une intervention sans réveil, nécessaire à la récupération du foie pour les analyses exploratoires.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux receveurs seront conservés 10 jours après transplantation hépatique. Des conséquences post-opératoires négatives peuvent exister, mais il est prévu une surveillance quotidienne de ces animaux ainsi qu’une analgésie adaptée durant et après l’intervention chirurgicale. Ces animaux devront cependant être hébergés dans un environnement différent de leur environnement d’élevage, en cages individuelles, ce qui peut occasionner un stress psychosocial léger même les animaux ont toujours des contacts visuels et auditifs avec des congénères.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux donneurs de foie seront euthanasiés durant l’intervention chirurgicale sans réveil puisque leur survie sans foie n’est pas possible. Les animaux receveurs de foie transplantés seront réveillés et gardés en vie durant 10 jours pour évaluer les conséquences de l’intervention et la viabilité de l’organe transplanté. Ces mêmes animaux devront être euthanasiés au 10ème jour de manière à prélever le foie transplanté pour analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de notre étude est d’améliorer la conservation des greffons en ischémie froide par mise en œuvre d’une perfusion intermittente de l’organe avec adjonction d’une solution contenant un transporteur d’oxygène d’origine animale, à base d’hémoglobine de ver arénicole. Cette nouvelle technique doit impérativement être testée sur un modèle animal pertinent avant de l’appliquer à une étude clinique chez l’Homme, et de représenter une éventuelle alternative à la méthode de référence par perfusion hypothermique oxygénée continue (HOPE).
2. Réduction
Comme précédemment validé et publié, un effectif de 5 animaux par groupe représente le strict minimum nécessaire pour observer des différences significatives entre modes de conservation des greffons avant transplantation, mais nous avons décidé d’inclure 8 animaux par groupe pour garantir une puissance statistique satisfaisante. Les différences entre groupes seront analysées par des ANOVA à 2 facteurs suivies de tests de Tukey pour les comparaisons multiples.
3. Raffinement
Les techniques d’anesthésie et de chirurgie employées utilisent des appareillages de pointe et seront réalisées par des chirurgiens spécialistes de la transplantation hépatique chez l’Homme, avec l’aide de personnels compétents en anesthésie et analgésie porcine. Le suivi et l’analgésie post-opératoires des animaux seront effectués par des personnels compétents de manière à réduire la douleur et la souffrance des animaux. Toutes les interventions seront réalisées sous anesthésie générale et respecteront la charte nationale d’éthique sur l’expérimentation animale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le porc est l’animal de référence pour l’expérimentation médicale sur les greffes d’organes. Son système digestif, son anatomie et sa physiologie générales sont particulièrement proches de ceux de l’Homme. Porcs en croissance (30-35 kg)