
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-905372)
Vasectomies, ovariectomies et injections dans les ventricules cérébraux sont pratiquées par des stagiaires sur des souris et des rats anesthésiés. 1 440 souris et 360 rats sont utilisés, 720 opérés sans jamais se réveiller et 1 080 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l’issue. Aucune connaissance n’est attendue de ces opérations, elles servent à remplir l’obligation réglementaire de formation des personnels qui interviendront ensuite sur des animaux, à raison de six sessions de douze participants par an pendant cinq ans. Le compte des animaux opérés sans réveil varie selon les rubriques, 20 % dans la description des procédures, 50 % dans celle du raffinement, quand les chiffres déclarés en donnent 720 sur 1 800.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La mise en œuvre des réglementations portant sur l’expérimentation animale inscrites dans le droit français depuis février 2013 précise les obligations réglementaires de formations pour les chercheurs qui souhaitent utiliser des approches chirurgicales sur des rongeurs. Dans ce contexte, une formation à la chirurgie sur rongeurs (rats, souris) a été mise en place. Cette formation est réservée aux titulaires d’une formation initiale en expérimentation animale de niveau concepteur ou applicateur (doctorants, chercheurs, ingénieurs, techniciens) afin que les participants puissent satisfaire aux obligations légales dans le cadre de projets de recherche.La maitrise des gestes de base (préhension, contention, injections intrapéritonéales et sous-cutanées) attesté dans le livret de compétences est un pré-requis à la participation à cette formation. La formation combine des approches théoriques (travaux dirigés incluant des photos, films, images, modèles plastiques etc..) et la mise en pratique sur l’animal. Cette approche pratique, sur des actes courants est indispensable pour acquérir les gestes de base nécessaires à la réalisation d’actes chirurgicaux dans les conditions optimales, en veillant à la bonne utilisation des médicaments anesthésiques et analgésiques et au respect des règles d’asepsies, ainsi qu’au suivi post-opératoire des animaux. Un encadrement soigné et vigilant est assuré pour accompagner au mieux les participants afin d’assurer le bien-être des animaux durant les chirurgies et lors du suivi post-opératoire. Cette formation ouvre de deux à six sessions par an et accueille au maximum 12 participants par session.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La formation pratique à la chirurgie des participants garantie une acquisition des gestes de base nécessaires à la réalisation d’actes chirurgicaux dans les conditions optimales, en veillant à la bonne utilisation des médicaments anesthésiques et analgésiques et au respect des règles d’asepsies. Nous avons mis en évidence que la mise en pratique est primordiale pour la compréhension du rôle, de l’intérêt et des conséquences de chaque geste. Elle assure la transmission des bonnes pratiques au sein de leurs divers établissements d’accueil. Leur vigilance sur l’état de l’art est alors un levier important pour une évolution positive des pratiques dans les établissements utilisateurs.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des injections pour l’administration d’anesthésiques, d’analgésiques, et de colorant vital. Un prélèvement de sang terminal sera effectué sur 20 des animaux. 60% des animaux seront soumis à une vasectomie, une ovariectomie ou une injection ICV et un suivi post-opératoire durant 48H maximum et 20% seront soumis à une ovariectomie sans réveil.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La manipulation et la contention des animaux entrainent un stress léger et de courte durée. Les injections entraînent une douleur légère de courte durée. L’anesthésie entraine une désorientation temporaire des animaux durant les premières heures suivant le réveil. Les chirurgies (ovariectomie et vasectomie) entrainent une douleur modérée sur le site d’incision qui peut conduire les animaux à se gratter ou à lécher les points de sutures. Cependant, une couverture analgésique est mise en place pour prévenir ces douleurs potentielles.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ayant été utilisés dans le cadre d’une formation à la chirurgie, ils sont tous mis à mort à l’issue des procédures, ceux-ci ne pouvant pas être réutilisés dans une autre procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La partie théorique qui précède la partie pratique utilise différents supports et méthodes alternatives à notre disposition (vidéos, modèles plastiques, sutures sur ailes de poulet) afin que les stagiaires appréhendent et visualisent au mieux les manipulations et étapes d’une opération avant de débuter la pratique sur l’animal. La mise en œuvre de ces manipulations en situation réelle est nécessaire à la formation et les méthodes alternatives ne peuvent remplacer totalement la mise en œuvre pratique. En effet, ces méthodes sont utiles pour acquérir l’enchainement des étapes, les recommandations, les limites et anticiper l’approche pratique (gestes) mais elles ne permettent pas de mettre l’expérimentateur en condition réelle pour faire face à la pression implicite de réussir à effectuer l’opération sur un animal vivant sans lui occasionner une quelconque souffrance. Ces modèles ne peuvent retranscrire toute la finesse des signes physiologiques et comportementaux à repérer par la vision et le toucher pour identifier les signes de confort opératoire satisfaisant ou les prémisses d’éveil, voire de mal être, chez l’animal. Aucun modèle n’est suffisamment intégré et complexe pour reproduire les textures, la fragilité des tissues, les variations anatomiques et l’ensemble des fonctions biologiques (circulation sanguine, respiration, fonction rénale, système nerveux et immunitaire…) qui réagissent et interagissent lors d’une procédure opératoire. Il est indispensable aux participants de les visualiser, de les appréhender et de les surveiller pour intégrer les conséquences de leurs actions et leurs choix sur la réussite de la procédure opératoire et la récupération rapide et entière de l’animal. Ces apprentissages dans un cadre propice, dirigé et à la veille des évolutions et raffinement techniques assurent une formation initiale de qualité indispensable pour stimuler leur esprit critique et s’assurer que l’acquisition, dans leurs structures, de leurs futures compétences techniques soit l’occasion d’identifier les pratiques inadaptées et de les améliorer.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au maximum grâce à la partie théorique de la formation qui précède la partie pratique utilise différents supports et méthodes alternatives pour permettre aux stagiaires d’appréhender au mieux les manipulations avant de débuter la partie pratique et ce afin de limiter au maximum le nombre d’animaux nécessaires à la formation. Lors de cette formation, le nombre d’animaux (rat/souris) sera réduit au maximum (un animal par atelier et par participant ou par binôme). S’agissant d’une formation à des techniques chirurgicales, aucune statistique ne sera réalisée. En revanche, l’expérience de l’équipe de formation établit la nécessité d’avoir recours à 5 souris et 1 ratte pour une acquisition complète des techniques (prise en charge pré- et post anesthésique, laparotomie, ablations, sutures) et du suivi des animaux. D’après notre expérience antérieure et l’évolution des pratiques, nous estimons qu’un maximum de 6 sessions de formations impliquant 12 participants seront réalisées chaque année sur une période de 5 ans. De plus, il est important de préciser que la totalité des animaux utilisés lors de ces formations sont des animaux de réforme destinés à être mis à mort.
3. Raffinement
Les procédures expérimentales sont conçues pour garantir le bien-être de l’animal et réduire au maximum l’inconfort, le stress et la souffrance. La souris et le rat étant des animaux sociaux, ils seront maintenus en groupes sociaux, dans des cages enrichies d’un tube de change, de matériaux de « nidification » et de bâtonnets à ronger. Une période d’acclimatation et d’habituation de 2 semaines sera respectée mais pourra exceptionnellement être ramenée à une semaine en cas de contraintes temporelles (délai de livraison, occupation de l’animalerie…). Le bien-être des animaux sera pris en compte tout au long de la formation, avec un suivi journalier des animaux qui permettra de détecter rapidement tout changement de comportement associé ou non aux procédures. Les souris seront anesthésiées et recevront une administration d’anti-inflammatoire, d’anesthésique local et seront placées sur un tapis chauffant afin de prévenir une hypothermie durant l’anesthésie puis le réveil. Trois des 6 procédures sont effectuées sans réveil (50% des animaux). La douleur liée aux injections est une douleur ponctuelle réversible qui fera l’objet d’une surveillance de l’animal. Les animaux seront particulièrement surveillés après leur réveil, pour mettre en évidence tous signes de douleur qui nécessiterait la mise à mort de l’animal. Aucun animal ne sera maintenu en vie s’il présente des signes de douleur ou d’inconfort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris et le rat sont les 2 espèces les plus présentes au sein des établissements utilisateurs des participants. Leur choix est donc dicté par la nécessité de former les manipulateurs pour ces espèces pour les études menées dans leur établissement. Pour ce projet de formation, les rats et les souris seront utilisés à un stade adulte afin de faciliter l’apprentissage des gestes techniques (organogenèse terminée, taille adulte) et de pouvoir utiliser des animaux de réforme initialement destinés à être mis à mort chez l’éleveur.