
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-907643)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le système immunitaire nous protège contre les maladies infectieuses et du cancer. Afin de maintenir la santé de l’organisme, le système immunitaire doit être étroitement contrôlé par un sous-type des globules blancs qu’on trouve par exemple dans le sang. Ces « lymphocytes T régulateurs » (« Treg ») suppriment en effet des réponses immunitaires « inadaptée », telles que celles impliquées dans les maladies autoimmunes (ex. le diabète de type I, la sclérose en plaques). Par conséquent, ces cellules ont un potentiel thérapeutique remarquable dans le cadre du cancer, les maladies auto-immunes, la transplantation, etc. Notre compréhension du développement des Tregs dans le thymus, un organe qui se trouve sur le coeur, est essentielle pour dévoiler d’éventuels défauts sous-jacent la susceptibilité à des maladies. Notre laboratoire a effectivement démontré des anomalies importants de ces cellules chez des souris qui développent le diabète de type I. L’objectif du projet est d’étudier les mécanismes qui en sont responsables.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’identification des mécanismes impliqués dans le développement anormal des Treg dans le thymus et de l’implication probable de ce phénomène dans la susceptibilité à la pathologie, ouvrent la voie au développement de thérapies visant à corriger l’anomalie et ainsi de guérir la pathologie chez les humains. Des maladies qui pourraient être traitées seraient par exemple les maladies autoimmunes (diabète de type 1, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, …) mais aussi le rejet de greffons et les allergies (ex. asthme).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le projet concerne la manipulation de l’expression de quatre gènes potentiellement d’intérêt par administration quotidienne par voie intra-péritonéale de produits pendant quatre jours après lesquels elles seront mises à mort pour analyse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans la procédure N°1, on pourrait avoir des nuissances inhérentes à la gestation et l’allaitement des souris. Ces nuissances éventuelles seraient identiques à celles chez des souris wt, i.e. non-mutantes. Vu que les souris CTLA4-déficientes seront mises à mort à un maximum de 4 jours, elles ne présenteront pas encore le phénotype dommageable qui se développe à partir de deux semaines de vie. Dans la procédure N°2 des nuissances légères seront causées par l’acte de piqûre nécessaire à l’administration IP des produits. La manipulation des gènes d’intérêt ne provoquera pas d’effet nuisible.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort pour prélèvement d’organe
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le développement des lymphocytes T régulateurs dans le thymus est un processus très complexe et ne peut que très partiellement être remplacé par des cultures cellulaires. Or, dans ces cultures les cellules T d’intérêt (Treg) ne se développent pas.
2. Réduction
Une analyse profonde de la littérature nous permet de cibler nos expériences de façon optimale. Le nombre d’animaux utilisés pour l’expérimentation est réduit au minimum nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement significatifs.
3. Raffinement
Afin de permettre aux femelles gestantes de faire un nid, nous mettons un enrichissement approprié dans les cages. Même si nous ne nous attendons pas à induire/observer des souffrances sur une si courte durée (quatre jours) et si tôt dans la vie des souris, le personnel surveillera les souriceaux quotidiennement afin de détecter d’éventuelles souffrances le plus tôt et le mieux possible (posture anormale, abandon par la mère, …). En cas de souffrance, l’animal sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le système immunitaire de la souris est très similaire à celui des humains. Les souris se reproduisent rapidement et une littérature très vaste est disponible sur le développement des lymphocytes T chez cette espèce. La mutation étudiée est chez la souris. Notre recherche est, depuis 30 ans, totalement basée sur cette espèce et nous avons, par conséquent, une grande expérience dans ce domaine: de nombreuses approches expérimentales ont été développées et une gamme très importante d’anticorps et d’autres réactifs spécifiques d’espèce est disponible. Pour les cultures de thymus foetaux nous utilisons des foetus de 16 jours de gestation. Chez des foetus plus précoces il est difficile d’extraire le thymus, les thymus issus de foetus/souriceaux plus avancés dans leur développement sont difficiles à cultiver in vitro. Le phénotype que nous étudions est clairement visible précocement dans la vie des souris mais pas chez des adultes.