
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-909425)
Pour comprendre comment certains globules blancs entretiennent la parodontite, 64 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées au bout de quatorze jours. Une ligature est posée autour d’une dent sous anesthésie générale profonde, renouvelée quatre fois en deux semaines, et deux radiographies 3D des mâchoires s’y ajoutent, soit cinq anesthésies par animal. Le porteur indique que des douleurs gingivales et des abcès peuvent réduire la mastication et la prise de poids. Les nuisances décrites incluent des accidents de gavage, fausse route ou blessure de l’œsophage, alors qu’aucun gavage n’apparaît dans la description des procédures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La parodontite est une maladie fortement prévalente qui entraine une destruction des tissus de soutien des dents, des édentements précoces et a des liens avec de nombreuses maladies inflammatoires chroniques. Elle est déclenchée par un déséquilibre de la flore bactérienne. La concentration de certains globules blancs dans la gencive est en corrélation avec la gravité de la parodontite. Inhiber certaines de leurs fonctions permettrait de diminuer l’inflammation. Notre projet vise inhiber certaines fonctions de ces cellules, dans un modèle de parodontite expérimentale chez la souris pour mieux comprendre le développement de cette maladie Le projet concerne 64 souris mâles et femelles, sur 5 ans.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet peut permettre de mieux comprendre les mécanismes de la parodontite et ainsi d’ouvrir de nouvelles perspectives pour éviter la destruction tissulaire caractéristique de cette pathologie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises au modèle de parodontite : pose d’une ligature (5 minutes) par souris sous anesthésie générale profonde (4 anésthésies + 1 anésthésie avant la mise à mort, par animal), renouvelés tous les 3 jours pendant 14 jours (4 poses de ligature). Avant et à la fin de la mise en œuvre de ce modèle, une radiographie 3D (2 fois par souris) des machoires sera réalisée pour toutes les souris sous anesthésie légère gazeuse (2 fois par souris, durée 5 minutes/souris). Les animaux seront mis à mort après 14 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues pour tous les animaux pourraient être : – exceptionnellement pour les souris recevant la pose de ligature des douleurs gingivales post-opératoires, voir des abcès gingivaux, diminuant la mastication et la prise de poids des animaux. – une hypothermie au cours de l’anesthésie. – une résistance à l’anesthésie. – un éventuel accident pourrait survenir au cours des gavages, tel qu’une fausse route ou des blessures au niveau de l’oesophage. – Le gavage pourrait induire un stress modéré des animaux
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, tous les animaux sont mis à mort permettant le prélèvement des tissus nécessaires à nos travaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous développons une recherche sur modèle expérimental chez le petit animal, car c’est le seul moyen à l’heure actuelle d’étudier les différents aspects de notre projet. En effet les modèles animaux sont les seuls à reconstituer la complexité des interactions entre le système immunitaire, les pathogènes et le parodonte dans son ensemble. Il n’existe pas d’autres méthodes alternatives (in vitro, in silico) pour l’étude de la parodontite dans son ensemble.
2. Réduction
Nous utiliserons une lignée consanguine dont le fond génétique est contrôlé et homogène pour minimiser la variabilité des phénotypes et donc le nombre d’animaux à utiliser. Plusieurs paramètres expérimentaux (résorption de l’os alvéolaire par micro-scanner, analyses de l’infiltrat inflammatoire par histologie) ont déjà été determinés dans nos expériences précédentes. Basé sur nos études précédentes nous avons pu déterminer un nombre d’animaux minimum pour constituer des groupes statistiquement significatifs. Il est estimé qu’une réponse sur un nombre de 16 animaux (mâles et femelles) est suffisante pour obtenir une différence statistique.
3. Raffinement
Afin d’identifier et de limiter toute souffrance et douleur les éléments suivants sont mis en place : (1) Les animaux seront hébergés en groupe sociaux, en milieu enrichi pour minimiser leur stress (2) Avant chaque examen radiologique, sans intervention chirurgicale, une anesthésie légère mais dont l’efficacité est validée, sera effectuée (3) Le gavage sera réalisé par des personnes formées et compétentes pour ce geste (4) Avant chaque pose de ligature les souris seront anesthésiées profondément (5) Après chaque anesthésie, les souris seront placées dans un environnement chauffé et surveillées jusqu’à leur réveil (6) Les animaux seront surveillés quotidiennement par personnel dédié de l’animalerie ou/et les responsables de projet (7) Des points limites ont été établis. (8) La mise à mort anticipée sera effectuée selon les méthodes réglementaires, en cas d’atteinte de points limites. (9) Une analgésie est administrée avant la mise à mort
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de parodontite induite par ligature chez la souris est un modèle d’étude pertinent permettant de reproduire plusieurs caractéristiques de la pathologie humaine (inflammation et resorption osseuse). Ce modèle est validé par la littérature scientifique. 3 mois – âge adulte avec croissance des maxillaires achevée