
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-913805)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le syndrome myasthénique congénital (SMC) est une maladie génétique rare qui provoque une grave faiblesse musculaire et peut entraîner une mort prématurée due à une insuffisance respiratoire. Cette maladie est causée par une mutation d’un gène, qui est essentiel pour permettre aux nerfs de communiquer avec les muscles à un endroit spécifique appelé jonction neuromusculaire (JNM). Ce gène n’est normalement exprimé qu’au niveau de la JNM, et non dans le reste du muscle. Nous testerons cette stratégie chez des souris délétée pour ce gène dans tous l’organisme. Nous évaluerons si le traitement améliore la fonction musculaire, en particulier celle des muscles respiratoires, et s’il permet de prolonger la durée de vie des souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si ce projet aboutit, il démontrera pour la première fois que la thérapie génique peut traiter de manière sûre et efficace la forme la plus courante et la plus grave du syndrome myasthénique congénital (SMC) en réparant le gène uniquement là où cela est nécessaire dans le muscle. Cette approche ciblée évite les effets secondaires néfastes liés à l’expression du gène dans des zones inappropriées. Il s’agira alors de la première thérapie génique développée spécifiquement pour le sous-type le plus répandu du SMC. Les résultats permettront également d’orienter la conception de traitements améliorés pour d’autres maladies affectant la connexion entre les nerfs et les muscles. À terme, cela pourrait améliorer la qualité de vie de nombreuses personnes souffrant de faiblesse musculaire et de difficultés respiratoires causées par des troubles génétiques similaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1. Injections de vecteurs viraux par voie intramusculaire et retro-orbitale sous anesthésie et couverture analgésique et par voie intrapéritonéale. Ces injections sont rapides, elles ne durent que quelques secondes (de 3 à 10 secondes). 2. Test de suspension à une grille : Il s’agit d’une procédure non invasive qui dure moins de 45 min durant lesquelles les souris ne souffrent pas. Les souris retourneront ensuite dans leur cage d’origine. 3. Mesure de la force contractile in situ : Cette procédure est invasive et sera donc réalisée sous anesthésie générale avec une couverture analgésique. La durée d’une stimulation est de 0,5 sec, elle est réalisée 8 fois avec un intervalle de 30 secondes entre chaque stimulation. Après cette mesure, du sang sera prélevé au sinus retro-orbital puis les souris encore sous anesthésie seront mises à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris délétées pour un allèle du gène d’intérêt ne présentent aucun symptôme nocif et sont en parfaite santé. En revanche, les souris délétées pour les 2 allèles de ce gène reproduisent fidèlement le SMC humain et succombent toutes à une insuffisance respiratoire vers l’âge de 3 mois, en plus de souffrir d’une faiblesse musculaire généralisée. Nos expériences visent à traiter ces symptômes, et non à les aggraver.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour parvenir à des conclusions scientifiques solides avec le nombre minimal d’animaux utilisés, nous collecterons les biopsies musculaires de tous les animaux à la fin de chaque procédure. Par conséquent, nous ne réutiliserons pas, ne remplaçons pas et ne ferons pas adopter les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien qu’il soit possible de différencier les cellules musculaires in vitro, ces cellules ne présentent ni domaines musculaires (jonction neuromusculaire (JNM) et jonction myotendineuse (JMT)) ni maturité fonctionnelle. Par conséquent, les syndromes myasthéniques congénitaux (SMC) ne peuvent pas être modélisés en culture cellulaire. De plus, notre projet vise à évaluer l’impact thérapeutique au niveau physiologique de l’animal entier, y compris sur la durée de vie. L’expérimentation animale est donc essentielle à la réalisation de ce projet.
2. Réduction
Afin de réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés, nous avons conçu notre projet de manière progressive. Le succès ou l’échec de la cohorte A déterminera si nous poursuivrons avec la cohorte B. De même, les résultats de la cohorte B détermineront si la cohorte C sera mise en œuvre ou non. Pour la cohorte A, Nous suivrons la procédure d’évaluation du phénotype dommageable de notre EU, qui consiste à observer au minimum 2 portées d’au moins 2 couples différents avec un total d’au moins 14 femelles et 14 mâles homozygotes (fiche d’évaluation en annexe). Pour les cohortes B et C, en raison d’un phénotype dommageable sévère, nous avons déterminé que 10 femelles et 10 mâles par conditions expérimentales seront nécessaires pour avoir les résultats d’au moins 6 à 7 femelles et 6 à 7 mâles à la fin de la procédure et obtenir ainsi des résultats robustes. Si les animaux atteignent un point limite conduisant à leur mise à mort avant l’âge de 1 mois, alors les procédures prendront fin prématurément. Les tests statistiques appropriés seront réalisés pour analyser les résultats obtenus.
3. Raffinement
Nous attendons un phénotype dommageable lié à la délétion du gène cible. Les nouvelles lignées seront caractérisées afin de déterminer les stades d’apparition des symptômes. Les animaux seront suivis quotidiennement et pesés une fois par semaine de la naissance jusqu’à 3 mois, sauf ajustement en fonction des points limites ou d’un effet thérapeutique. Si aucune différence de poids n’est observée précocement, la fréquence des pesées pourra être adaptée. L’état général sera évalué régulièrement (poids, aspect, comportement, locomotion, respiration), avec une attention particulière portée aux signes respiratoires. En cas de perte de poids supérieure à 10 % ou de signes inattendus, le suivi sera renforcé en concertation avec notre vétérinaire. Les gestes expérimentaux (injections intramusculaires et rétro-orbitales) seront réalisés sous anesthésie avec analgésie. Toute douleur sera prise en charge selon des grilles d’évaluation validées. En cas de douleur persistante ou chronique malgré traitement, les animaux seront mis à mort afin de prévenir toute souffrance prolongée. Des mesures de soutien, telles que l’apport de nourriture en gel, seront mises en place si nécessaire. Les animaux seront hébergés dans les conditions standard de notre établissement utilisateur, en accord avec la réglementation en vigueur et un tunnel sera ajouté pour réduire le stress et transporter les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les techniques d’ingénierie génétique qui nous ont permis de développer les constructions pour réexprimer notre gène d’intérêt, spécifiquement au niveau de la jonction neuromusculaire sont parfaitement maîtrisés de manière précise dans le modèle murin. La souris constitue donc le modèle le plus approprié pour mener cette étude. De plus l’homologie de séquence entre les gènes humain et murin est très importante ce qui a conduit à l’utilisation de la souris dans la modélisation des SMC. En fonction des objectifs des expériences, le moment de l’intervention expérimentale doit être adapté. Pour l’évaluation du phénotype dommageable de notre modèle, l’analyse histologique sera effectuée à 3 mois (espérance de vie attendue du mutant) ou l’âge de la mise à mort en cas d’atteinte de point limite. Pour la thérapie génique chez l’adolescent, nous avons choisi de réaliser l’injection intramusculaire du vecteur viral à l’âge d’un mois, afin de laisser suffisamment de temps pour que le gène d’intérêt soit réexprimé et puisse atténuer la faiblesse musculaire avant que les souris n’atteignent l’âge de 3 mois ou l’âge de la mise à mort en cas d’atteinte de point limite. Pour la thérapie génique dès le plus jeune âge, notre objectif est de prévenir l’apparition de la maladie grâce à une intervention précoce. Ainsi, une injection intrapéritonéale chez le nouveau-né âgé de 2 à 4 jours est la stratégie la plus appropriée. Cette partie de l’étude ne sera réalisée que si la thérapie génique chez l’adolescent fonctionne.